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Enguerrand_de_lazare

Nombre de messages: 2827 Grade: Chevalier Date d'inscription: 29/05/2007
Feuille de personnage Nom: Enguerrand de Lazare Rang de noblesse: Baron du Bazaneix, Seigneur de Saint Julien le Pèlerin Rôle/grade: Chevalier
 | Sujet: Re: [RP] Sur le fil... Lun 17 Mar 2008 - 12:44 | |
| Combien de temps était il resté ainsi, sans pouvoir bouger, sans pouvoir communiquer ? Une seconde ? Une éternité ? Le temps, dans pareille situation, perd sa rassurante régularité. Une respiration peut durer aussi longtemps que la vie et la mort de toute une galaxie. Un battement de paupières peut prendre autant de temps que les souvenirs de toute une vie.
Perdu dans le vide de ses pensées, isolé dans un décor sombre et angoissant, il était resté, seul, perdu dans cette prison intérieure. Passés les premiers instants de lutte, de révolte, il s’était résolu à l’attente. Inquiétante. Interminable. Aucun son, aucune lumière ne venait perturber ce cocon l’entourant totalement. Aucun contact avec le monde extérieur ne semblait possible. Comment avait il pu se retrouver dans pareille situation ? Sensation de déjà vu. Souvenirs d’une époque récente, perdu entre conscience et inconscience, sensations réelles et délires incontrôlés. Convalescence suite à ses blessures à Vendômes. Errance dans les méandres de son esprit.
De la lumière. Au loin. Faible, perçant à peine la noirceur alentour. Phare irréel qui peut être le guiderait vers la sortie. Lutter à nouveau pour tenter de s’en rapprocher. Force de la volonté. Désir de survie. Le point lumineux était il maintenant plus proche de lui ? Ou bien était ce encore illusion de son traitreux esprit ? Soudain, le mouvement s’accéléra. Projeté en avant, il son corps se dirigeait de plus en plus vite vers cette lumière. Un tunnel. Sans marquer le moindre ralentissement, il plongea dans l’ouverture lumineuse, bientôt entouré d’un mur circulaire multicolore, dessinant de complexes arabesques pastelles, irradiant une chaleur et une douceur rassurantes, tandis qu’il se laissait à nouveau porter par un courant invisible l’emportant plus avant, vers l’inconnu.
Choc.
* Il est allongé sur le sol. Une brume épaisse tapisse le sol. Il a froid. Au dessus de lui, le ciel est d’un noir profond, sans aucune étoile pour l’éclairer quelque peu. Une lune blafarde jette quelques rayons tristes et pâles sur les alentours. Lentement il se relève. Il ne ressent aucune douleur, mais son corps est comme alourdi, ralenti dans ses mouvements. Un champ. Une plaine. Emergeant du tapis de brouillard, il distingue autour de lui des objets divers, brisés, plantés dans le sol. Une main. Un corps. Une multitude de cadavres, emmêlés, enchevêtrés, des restes d’armes et d’armures défoncés, tachés de sang et de terre. Des cadavres de chevaux, éparpillés un peu partout, comme jetés là par une facétieuse tempête. Au loin, des murailles. Si éloignées, presque cachées derrière l’horizon. La plaine est immense, s’étendant sur des lieues et des lieues. Le nombre de cadavres est impressionnant, dépassant tout ce qu’il n’a jamais pu voir. Ou est-il ? La vision de deux bannières, flottant à ses côtés, le pétrifie d’effroi. Licorne cabrée et écharpe blanche entourant une épée. Licornes et Dames Blanches. Vendôme. Il est retourné sur les lieux du champ de bataille qui avait vu sa vie basculer. En tout point semblable, mais si différent. Pourquoi tout était il si grand, si démesuré ? Pourquoi tant de morts, et de désolation. Soudain, une coulée de sueur glacée perla dans son dos. Il était seul, debout dans cette immensité. Et surtout, plus que cela, il n’entendait aucun bruit. Pas un cri, pas un râle, pas le moindre croassement de corbeaux ou hennissement d’un cheval mourant. Même le vent ne soufflait pas. Tout semblait comme mort. Immobile pour l’éternité.
Avançant parmi les décombres et les corps, ne voyant pas ou il marchait, du fait de la brume s’élevant jusqu’à ses genoux, il sentait parfois son pied s’enfoncer, à sa plus grande horreur, dans quelque chose de chaud et mou, tandis qu’à d’autre moment, il buttait sur quelque objet roulant sous ses pas. Crâne humain ? Heaume de chevalier ? Il ne le savait et ne voulait se poser la question.
Une voix, quelque part, s’élevant dans le sépulcral silence. Une douleur. Vive. Irradiant dans sa joue. Il se retourne vivement. Nulle âme qui vive. Il s’agite, se tournant de dextre et de senestre, sans trouver présence de qui que ce soit.Qui est là. Ou êtes-vous. S’il y a quelqu’un ici, qu’il se montre, que je l’affronte face à face !Il a crié. De toutes ses forces. Ses paroles, à peine prononcées, s’estompent, comme absorbées par l’air, semblant traverser de multiples épaisseurs diminuant les sons pour rapidement ne ramener plus que le silence.
Un grondement s’élève de toute l’étendue du champ. Sourd, profond. Comme un cri de colère prenant ses racines dans les profondeurs mêmes de la terre. Soudain, quelque chose lui agrippe la jambe. Il baisse le regard et voit avec horreur une main déchiquetée surgir de la brume, bientôt rejointe par deux autres, tout aussi putréfiées. Les ongles s’enfoncent dans sa chair. Il tente d’échapper à leur emprise, sans succès, tandis que tout autour des cadavres se lèvent, lentement, émergeant du tapis blanchâtre, pour se diriger vers lui, inexorablement. Ils tiennent épée, arc, hache, lance, parfois brisés, sans manche ou à la lame ébréchée. Il est prisonnier et ne peut désormais plus s’échapper. Il veut crier mais aucun son ne sort de sa bouche.
Une violente douleur envahit son bras dextre. L’un de ses assaillants vient de lui entailler les chairs à l’aide d’un poignard. *
Vision d’une chevelure rousse penchée au dessus de lui
Une odeur, soudain, envahit ses sens. Il la connaissait. La myrrhe. Il l’avait déjà senti, quelques instants plus tôt. Cerrid, c’était elle, elle était là, prêt de lui. Elle tentait de le faire revenir. Oui, mais où ? De toute part, les morts s’agrippaient à son corps, le lacérant de mille coups, arrachant ses vêtements, désormais réduits à l’état de haillons. Non ! Il s’agissait là d’un nouveau délire.
La Myrrhe.
Il ouvrit les yeux, ébloui par la luminosité soudaine. A ses côtés, sa sœur. Décidément, il lui en aurait fait voir aujourd’hui. Il pouvait lire la crainte, l’angoisse sur son visage. Peur de voir l’état de son frère. Peur aussi qu’il ne se réveilla une fois de plus en proie à ses délires, risquant à nouveau de s’en prendre à elle. Elle tenait d’une main le couteau qui avait permis de l’éveiller, et de l’autre ce sachet de myrrhe qui l’avait aidé à reprendre conscience. La rassurer. Un fin sourire, effort surhumain produit par l’errant, apparu sur son visage.Merci, ma sœur. Je..je vais bien…tout du moins je suis ici, maintenant.Soudain, effrayé, il aperçu le mince filet de sang s’écoulant de la bouche de la jeune femme, tache écarlate sur la peau diaphane. Il était responsable de cela. Pourrait-elle un jour le pardonner ? Parviendrait-il, lui, un jour à se pardonner ? S’appuyant sur un de ses bras, il désigna du menton la forteresse non loin d’eux.Je…Je crois que nous ferions mieux de rentrer…au plus vite…Prendre quelque repos…et tu dois te…soigner…_________________   |
|  | | Cerridween Capitaine Maistre de Guerre

Nombre de messages: 1360 Grade: Capitaine Maître de Guerre, dite "le Tyran" ou "le Bourreau" Date d'inscription: 07/08/2007
Feuille de personnage Nom: Cerridween Rang de noblesse: Rôle/grade: Lieutenant Commandeur, Maistre d'Armes
 | Sujet: Re: [RP] Sur le fil... Jeu 27 Mar 2008 - 16:01 | |
| Soupir… Soupir et fatigue qui tombent d’un coup sur les épaules de la rousse… il a ouvert les yeux. Elle le scrute, fébrile encore, essayant de déceler dans son regard à la fois perdu et éteint, un indice, une parcelle de lui ou de l’autre, prête à rassurer ou à bondir. Merci, ma sœur. Je..je vais bien…tout du moins je suis ici, maintenant. C’est lui, Enguerrand, pas l’autre, celui au regard noir et aux gestes fou, l’Etranger, le Fantôme, qu’elle voit apparaître et prendre le contrôle de son frère… est-il là pour longtemps ? Cerridween ne sait pas… elle reste un instant, reprenant son souffle, reprenant ses esprits. Elle pose doucement sa main sur le torse de son frère…
Première fois qu’elle est autant désemparée, la rouquine, depuis longtemps… première fois qu’elle ne sait pas, qu’elle ne sait pas du tout que faire devant un malade, car tel est le cas pour son frère. Elle ne sait plus trop ce qu’elle doit faire, elle ne sait plus trop où aller… il faut dire qu’elle vient de passer par des émotions contraires et contradictoires, d’essuyer une agression et de passer à bien peu d’être inconsciente sous les coups d’Enguerrand. D’ailleurs celui-ci regarde avec effroi le coin de son visage. Sa main se porte à sa joue… un liquide visqueux… elle retire sa main, dont les doigts apparaissent rougis et tâchés, hémoglobine témoin du combat qui a eu lieu. Elle s’essuie doucement dans l’herbe… Oublie cela mon frère… ce n’était pas toi…Déjà il essaie de se relever… Je…Je crois que nous ferions mieux de rentrer…au plus vite…Prendre quelque repos…et tu dois te…soigner… La rouquine lui tend la main et l’aide à se relever. Elle garde une main sur son épaule pour être sur qu’il garde son équilibre… le sien n’est pas des meilleurs mais elle tient tant bien que mal. Rentrons oui… tu dois dormir. Je te laisserai dans la chambre de mon frère le temps que je te prépare de quoi dormir. Et ne te fais pas de soucis pour moi… j’ai la tête dure, tu en as fait les frais.Faible sourire…Attend moi ici… La rouquine part vers l’orée du bois et ramasse son sac et son mantel qui traîne à terre. Elle avise une branche au sol… assez longue et épaisse pour faire un bâton de marche. Trois coups de couteau pour enlever les aspérités et l’aide à la marche de fortune est prête. La rouquine revient vers Enguerrand et regarde ses yeux avec appréhension… c’est toujours lui. Soulagement… fatigue…
Elle lui tend le bâton :Voilà de quoi t’aider… Elle lui tend une clef :Elle ouvre la chambre de Kratos… Je t’accompagne jusqu’à l’escalier qui y mène et je pars de mon côté préparer ton remède à l’infirmerie pour gagner du temps. Une fois à l’intérieur, ferme derrière toi et n’ouvre qu’à moi et moi seule. Elle pose une main sur l’avant bras de son frère et lui dit doucement :Courage frère… tu vas arriver à chasser ce mal… Et se faisant elle prend le chemin de la forteresse marchant près de son frère et le surveillant à la dérobée… Fatigue… préoccupation… Pourvu qu’elle y arrive… Pourvu qu’ils ne croisent personne… Pourvu qu’Il ne réapparaît pas… Pourvu qu’elle y arrive…
_________________ Cerridween de Vergy "Pourquoi faire simple, quand on peut faire chier le monde" (Cerrid by Bralic)   |
|  | | Enguerrand_de_lazare

Nombre de messages: 2827 Grade: Chevalier Date d'inscription: 29/05/2007
Feuille de personnage Nom: Enguerrand de Lazare Rang de noblesse: Baron du Bazaneix, Seigneur de Saint Julien le Pèlerin Rôle/grade: Chevalier
 | Sujet: Re: [RP] Sur le fil... Ven 28 Mar 2008 - 16:50 | |
| Chemin long et difficile du champ vers la forteresse. Appuyé sur la canne confectionnée par sa sœur, Enguerrand avançait d’un pas précautionneux, se maudissant de se retrouver en si piteux état. S’il avait été seul, il aurait hurlé, laissant jaillir de sa poitrine toute sa rage, toute sa frustration, tout son dépit face à cette situation qui lui échappait. Avançant lentement, grimaçant à chaque pas, il se forçait à avancer, voulant plus que tout éviter que la jeune femme ne vienne le soutenir, l’aidant à marcher comme s’il était devenu un fardeau. Cerrid, justement. Attentive, visiblement angoissée à la vue de son frère. N’importe quelle personne n’appartenant pas à leur ordre aurait probablement laissé là cet homme perdu, torturé, capable de se montrer brutalement si violent. Mais tel n’était pas la politique de la Licorne. Tel n’était pas le code de l’honneur des frères et sœurs de Ryès. Ils avaient prêté serment de défendre le Royaume et leur Roy. Mais ils s’étaient également tous promis aide et assistance, chacun venant soutenir celui qui, un jour, se retrouverait en difficulté. La jeune errante était le parfait exemple de cette promesse. Elle qui venait de traverser une si difficile épreuve. Elle qui encore devait pleurer la perte de son frère, son mentor. Elle qui, un instant plus tôt avait eu à subir les assauts violents d’Enguerrand, avait fait abstraction de toutes ses souffrances, de toutes ses peurs, pour venir apporter son aide à un frère dans le besoin. Jamais il ne saurait la remercier suffisamment pour son geste, pour son attitude à son égard.
Concentré sur le chemin à parcourir, il jetait de brefs regards vers la jeune femme. Il irradiait d’elle une force, une volonté qui devait être la marque de ceux qui avaient été trempé dans des valeurs solides et durables. Nul doute que son frère, le défunt commandeur, serait fier d’elle en cet instant.
Montée de la rampe menant à la forteresse. Passage des deux portes successives. Par chance, ils ne croisèrent personne, leurs capes et leurs visages désormais connus n’ayant nullement attiré l’attention des guetteurs. La grande cour, toujours aussi majestueuse et imposante. Une pause, puis, de concert, ils reprirent leur chemin vers l’aile droite de la forteresse. Enfin, alors qu’il sentait une fois de plus ses forces défaillir, ils arrivèrent au pied de l’escalier menant aux chambres des Chevaliers.
Enguerrand s’arrêta de nouveau, serrant dans sa main la clé que Cerridween lui avait donnée, quelques instants plus tôt, dans les champs. Un fin sourire, plus un rictus qu’autre chose s’afficha sur le visage de l’errant.Merci…sœur…pour ce petit…bout de chemin. Je ferai en sorte de monter seul ces… marches. Le diable si…je n’y arrive…pas. Dérisoire tentative pour détendre quelque peu l’atmosphère, les deux protagonistes ayant eu plus que leur dose d’émotion ces derniers temps. Un soupire, le regard qui à nouveau se fait triste et le visage, tout aussi rapidement, qui redevient sombre et crispé.Quoi qu’il en soit, Cerrid, je ne saurai jamais assez te remercier pour ce que tu as fait pour moi. Et je te prie, une fois de plus, d’accepter mes excuses, si tant est que celles-ci puissent réparer le mal que je t’ai fait dans mes délires.Plus fort que sa volonté, son regard restait fixé sur le coin de la bouche de la jeune femme, dont un mince trait de sang s’échappait, traçant sur sa peau laiteuse un sillon écarlate, signe de la violence à laquelle elle avait été confrontée. Il voudrait se faire pardonner, excuser cet acte, mais il pensait, au plus profond de son être, que rien ne pouvait justifier pareille action. Pas même des hallucinations, pas même le plus terrible des délires. Il avait porté la main sur une femme. Sur une sœur qui plus est, et il devrait, pour de longues années à venir, vivre avec cela. Si seulement, il avait pu, un instant, contrôler son geste, dominer son esprit usé. Si seulement…
Silencieux désormais, ne sachant que dire de plus, il se tenait debout devant Cerrid, un pied déjà engagé sur les marches de pierre, la main libre adossée contre le mur, froid et rugueux, qui allait lui servir d’appui dans la difficile montée qui s’énnonçait._________________   |
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