La Licorne

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 Auberge du Vieux François

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Bérénice de Jeneffe



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Mer 18 Fév 2009 - 21:09

Beh… Elle a quoi la brune ? L’est sourde ? Haussement de sourcil interrogateur alors qu’elle jette un regard en biais à son ainé. Il comprendra peut-être lui. Mais en tout cas, ça lui donne plus vraiment faim. Reposant négligemment le morceau de volaille moins qu’à moitié entamé par ses quenottes, elle s’essuya avec une manière soignée –parce que vous pensez sincèrement qu’une choupinette de cinq printemps peut réellement jouer de délicatesse vous ? – ses mains poisseuses sur sa tunique. ‘Reusement que les fibres du précieux tissu de sa tunique étaient noires, ça ferait du ni vu ni personne (Copyrigth Bijou avec tous les droits cédés généreusement à moi-même). Elle aurait été vêtue de couleur plus claire, ça aurait été beaucoup plus gênant. Mais là, pas d’problème ! Y a que des soluces de toute façon. Et probable que ça l’aurait pas vraiment traumatisée plus que ça d’avoir des tâches de graisses sur sa tenue. Dans d’autres temps, d’autres lieux, la question aurait été toute autre et ses esgourdes comme ses fesses auraient probablement chauffé, mais ça nous ne le saurons jamais…

‘Tout cas, y avait un truc qui allait pas franchement tout net. Elle savait pas pourquoi, mais le pourquoi c’est pas vraiment un truc important. C’est le fond qui compte. Fin dans un premier temps. Mais pas sur que le second temps l’attire vraiment. Mais elle y est encore pas. Vaut peut être mieux pas… ‘Tout cas, L’est pas stupide la loupiotte. Y a des affaires de grands pas toutes nettes ! Même pas moyen de moyenner de grailler en paix, j’vous jure !
Un ‘Drian apeuré s’arrêta au bord de ses lèvres à moitié ouvertes, mais n’en franchit pas le seuil pour arriver à son but : attirer son attention. Penchant sa tête sur le côté, elle chercha en vain à capter son regard.

Deux perles vertes d’eau pétillantes de peur allèrent et vinrent entre la brune et le Faucon songeur. Elle n’avait pas compris les mots échangés ni leur implication pour eux, pour les jours à venir si Ryes leur ouvrait ses portes. Elle n’avait aucune conscience de ce qui allait se jouer. La réalité du monde réel n’interférait pas dans son petit monde fermé dans une bulle increvable. Du moins le croyait elle seulement. Pour combien de temps encore ?
Mais elle n’eut pas vraiment le temps de la réflexion. Et même si elle l’avait eu, pas sur qu’elle y aurait eu recours de toute façon ? Autre chose à faire… Puis on vous rappelle ni son âge, ni le nom de son géniteur et encore moins celui de sa maternelle….

- Drian… Elle ravala sa salive alors que la précieuse et fraternelle main se referma sur la sienne. Oui là ça va dejà un peu mieux. Vous savez l’effet psychologique comme les bisous à mamounette sur une légère égratignure et qu’on s’imagine que c’est le meilleur effet du monde. Ben là, c’est pareil. Sauf que c’est pas les bisous de la vieille. C’est le contact de la peau du faucon contre la sienne. Elle posa ses jeunes perles admiratives sur cet état de fait sacré. Il lui avait apporté son attention ! Bon elle en doutait pas, mais faut jamais être sur de rien . Puis la brunette là, elle l’a quand même pas mal monopolisé le frangin ! Et trop d’ailleurs. Trop de chez trop. C’est toujours trop. Et trop peu qu’elle l’a pour elle son grand frère. Mais bon les affaires de grands, comme toujours… Si c’est ça d’être grand, ben elle veut pas grandir.
Fin bref…

Comme c’était bien ! Fin oui sur le fond. Parce que c’était pas comme d’habitude là. Bien que l’étreinte fut douce, son pouce jouant contre sa paume, elle en était pas moins ferme et faisait un chtit peu mal… mais on dit rien… parce que c’est le frangin.. Et on attend. Aussi sagement que possible. En déglutissant tant bien que mal. Et en regardant le m’sieur qui vient de causer. Léger signe de tête qui sert de bonjour. Faut être un minimum polie quoi. Mais bon y a un truc, et c’est pas lui qui dira quoi, ça sert donc a rien d’insister…

Drian…

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Zalina



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Mer 18 Fév 2009 - 23:11

Il n’en pensait point d’autre sorte… mais il s’emble surpris de l’entendre.
Zalina jette immédiatement un coup d’œil à la jeune fille. Si Adrian était surpris par son annonce, qu’allait être la réaction de la Lionne ? Quoi que, si elle s’occupait plus de son estomac que de la conversation entre les plus de 10 ans, elle n’avait peut être rien remarqué. Ou juste le fait que la Peste s’était penchée sur son frère chéri ?
Finalement, rien de tout cela. Ou du moins n’en dit elle rien. Aucun cri autre que le nom de son aîné répété.

La capitaine reporta donc son attention sur le Faucon qui en avait profité pour reprendre contenance.


Le Haut Conseil va étudier attentivement votre demande, à tous les deux. Vous recevrez réponse sous huitaine, maximum. Je ne pourrai vous en dire d’avantage d’ici là.

Haut Conseil qui la rappelait à l’Ordre en la personne d’Enguerrand venant lui murmurer à l’oreille. Le fameux parchemin atterrit entre ses mains.
La Peste ne répondit que d’un regard et un simple hochement de la tête. Message comprit et elle arrivait de suite.

A peine le Chevalier avait il passé la porte qu’elle parcourut rapidement le vélin si précieux.
Voici donc le où et le qui. Et bien qu’il en soit ainsi…
Elle releva les yeux vers le messager. Il n’aurait pas dut tant attendre avant de leur transmettre. Tout çà parce qu’il n’avait pas eu confiance dans les hommes de la Licorne et l’intégrité de l’Ordre. Mais bon, il devait avoir ses raisons. Et elle n’avait pas le temps d’aller en débattre avec lui.
Le parchemin rejoint celui d’Adrian. Il fallait elle aussi qu’elle prenne congés. Cependant, il restait une dernière petite chose à régler avant. La jeune femme se dressa pour attirer l’attention de François.


Aubergiste ? Pourriez vous installer ces jeunes gens, et leur escorte, dans quelques bonnes chambres de l’établissement ? Le tout à mes frais propres bien sûr.
Ce sont mes invités.


Zalina sortit une bourse de sous son mantel et la posa sur la table. Pas vraiment très lourde, mais la Gamine n’avait jamais été douée pour rester en place assez longtemps et parvenir à amasser fortune. Quémander encore moins.
Cela ne l’avait jamais empêché d’avoir un grand sens de l’hospitalité.
Commande et règlement passé, la Peste se leva et salua Bérénice et Adrian. La suite ne dépendra pas d’elle seule, mais encore fallait il qu’elle rapporte les deux missives au Haut Conseil.


Excusez moi, je dois également remonter à la Forteresse. Restez ici aussi longtemps que vous le désirez. Et peut être à bientôt.

La Licorneuse s’inclina et prit la direction de la sortie, laissant les Riddermark se reposer de leur voyage.

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Adrian



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Jeu 19 Fév 2009 - 0:27

Grincement de dents.

On peut être noble, et avoir un amour propre. Il est même possible que l'on vous pousse à en avoir un, et même un gros. Il est intéressant de considérer cela par les yeux d'occidentaux, n'ayant aucune conscience du rapport aux ancêtres invoqué par la notion de noblesse, qu'elle soit asiatique ou européenne. En effet, le concept de noblesse basculât bien vite, au fil du temps, pour être remplacé par le seul pouvoir de l'argent. Mais il signifiait à la base, le pouvoir du sang. Pouvoir de la vie, avant tout. Pouvoir du nom, et de ce qu'il représentait. Pouvoir des ancêtres, et de leurs actes passés. Il ne pouvait y avoir de poids plus éprouvant que celui d'une famille reconnue et réputée, autant qu'énorme va-tout. Le jeune Faucon se retrouvait avec un sang des plus réputés, celui de l'un des chefs de guerre qui faisaient la terreur des Royaumes quelques quinze ans encore plus tôt. Un nom bien difficile à porter, et à égaler, pour un si jeune garçon. On ne lui avait pas demandé s'il voulait faire comme son père. On le lui avait fait comprendre, et il avait acquiescé, sans poser de questions. Il s'était engorgé de ce patrimoine paternel, et voulait à tout prix le faire revivre, et s'en montrer digne. C'était là le dernier message paternel, lors de leur dernière confrontation, dans un univers fantasmatique né de son esprit, dans une épée qui avait appartenu à son père.

Avait-il peur? Plus ou moins. Il avait peur de ce poids qu'il avait sur les épaules. Car malgré les apparences, on ne l'avait pas autorisé à attendre, pour se voir bercé de responsabilités. Chance, peut être? Comparé à ceux qui crevaient la faim. Ou perspective encore plus horrible, de celui qui comprend dès sa naissance, qu'il n'aura pas un instant pour lui? Serais-tu jamais pleinement maître de ton destin, Adrian Fauconnier de Riddermark, Chevalier-Faucon? Toi, qui aurais tant de mal à devenir humble, à ployer le cou, à respecter tes aînés.
Avait-il un sort dont on pouvait rêver? Peut être bien. Ou peut être pas. Les hommes sont si étranges qu'ils ne se satisfont jamais de leur sort, en demandant toujours un supérieur, ou un différent.

Une chose est donc sûre, à ce moment. Adrian est vexé de l'attitude de celui qui vient de sortir de la pièce, qui n'a pas respecté son rang. Il n'a pas l'habitude. Imaginez vous, être perpétuellement entouré de gens qui répondent à la moindre de vos attentes. Comment vous comporteriez-vous, face à quelqu'un qui vous dédaigne? Comment le prendriez-vous?
Il y a un sens qu'il ne comprend pas. Il y a... quelque chose, dans l'air de cet endroit, de ce lieu, qu'il ne comprend pas. C'était quoi, cette chose qui permettait le manque de respect des élus, de ceux que Dieu avait déterminé pour protéger les faibles? De ceux qui gouvernaient les hommes? C'était quoi, cette électricité amplissant l'air, provoquant des valeurs aussi absurdes selon lui que l'altruisme, l'honnêteté? L'homme n'était pas honnête! Les malandrins détroussent des gens, les paysans sont centrés sur leurs problèmes propres, ou ceux de leur famille. Comment des hommes pouvaient-ils réfléchir simplement sans penser à eux-même? C'était là une chose qu'il ne comprenait pas. Mais qui l'intriguait plus que tout au monde...

Il a incliné la tête au passage du capitaine de la Licorne. Il ne l'a pas regardé sortir. Il a simplement noté combien une simple lettre pouvait créer du mouvement. Il écoute Zalina. Incline la tête, acquiesçant. Il sourit. Il a réquisitionné, et de facto, les meilleures chambres. Leurs affaires y sont déjà. Zalina ne leur accorde que ce qu'ils ont déjà pris. Il se lève à sa suite, et la raccompagne jusqu'au dehors. Pour deux choses: s'assurer qu'il n'y a personne autour de l'auberge de suspect, et jouer la courtoisie. Aussi la suit-il, et arrivé à la porte, la laisse-t-il descendre au bas des marches.
Il prend sa ceinture, et dégrafe sa bourse. Une bourse frappée des écussons des Riddermark, et du sien. Il la prend en main, et lance:


- " Zalina! "

Puis, ceci étant dit, de la lui lancer en main. Oui. On ne DONNE PAS l'hospitalité aux Riddermark. Une fois qu'elle l'a bien en main, de rajouter:

- " Veuillez ne pas m'insulter en sous-entendant que je ne saurais subvenir aux besoins de mon escorte, et des miens. Vous en faites déjà beaucoup. "

Elle pourrait même tenter de lui rendre la bourse, il ne la reprendrait pas. De quoi aurait-il l'air, si le neveu du prince de Condé se faisait offrir le gite et le couvert par l'Ordre, gracieusement? Condé peut payer. Donc Condé paye. Point. Certes, la situation serait différente, une fois l'Ordre incorporé. Mais tant que réponse officielle n'est pas donnée, il n'acceptera pas n'importe quoi. Et pense encore, comme toujours, à sa famille, et à son honneur: sous-entendait elle qu'ils étaient pauvres? Sans le sou? Adrian demandait l'aide d'adultes. Pas d'argent. Il s'était montré faible. Il refuserait fermement que l'on expose au grand jour cet état de fait, et surtout de la sorte.

Il la regarde, et lui sourit. Il est malgré tous les évènements de la soirée heureux de l'avoir revue. Quelques souvenirs heureux accompagnent la demoiselle, et cette soirée, même mitigée, ne sera pas parmi les plus mauvais. Sur le pas de la porte, il achève par un:


- " Merci. Je... vous dois beaucoup. Sincèrement. "

Ceci étant dit, le jeune Faucon rentre à l'intérieur, et va s'assurer que le repas est bel et bien fini pour la Lionne, sa soeur. Une fois seulement ce constat fait, il ira se coucher.

C'est alors que sur ces entrefaites, Rufus rentre, attendant les ordres de fin de journée. Allant se poster à côté de la table, derrière la lionne. La soirée n'était pas réellement entièrement finie...

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Zalina



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Jeu 19 Fév 2009 - 23:39

Arrivée au bas des marches de l’auberge, Zalina entend son nom. On l’appelle.
Et que fait on quand quelqu’un vous appelle dans votre dos ? Ba on se retourne. Ce qui fit la jeune femme. Juste à temps pour voir un objet volant non identifié se diriger vers elle.
Elle l’attrapa et sourit. Ca, elle s’en doutait un peu. L’hospitalité de la Licorneuse n’allait pas dans le sens de la fierté du jeune noble ni de ses valeurs.
La générosité contre l’honneur.
Et ce fut l’honneur qui l’emporta. Elle l’avait assez titillé au cours de la soirée sans y rajouter une nouvelle blessure. Cela pourrait être celle de trop et la Haisneuse ne souhaitait en rien vexer le Fauconnier.

Zalina soupesa la bourse joliment frappée et la rangea dans son mantel avec le reste de sa précieuse cargaison. Puis elle remercie Adrian d’un signe de tête.


Merci Vicomte. Je saurai faire bonne usage de ces écus, soyez en sûr.

Petit sourire en coin, mi taquineur, mi complice. Elle acceptait le remboursement tout en ne gardant rien pour elle. Le contenu de la bourse irait dans le trésor de l’Ordre et le contenant sera remit à son propriétaire une fois vidé. Avec de si beaux écussons, il devait revenir à son propriétaire.

Elle avait fait beaucoup ? Tien donc. Elle ne pensait avoir que prit un verre, ou une demi bouteille en l’occurrence, avec un vieil ami trop peu rencontré depuis des années.
Lui devoir… Mouais. Voilà bien quelque chose qu’elle n’aimait pas entendre. Son regard sombre n'en demandait pas plus pour faire son retour.
Personne ne lui devait rien et elle n’attendait plus rien de personne. Et c'était très bien ainsi. A compter sur les autre, on finit par passer son temps à attendre qu'ils se décident. Zalina n'a jamais aimer attendre, surtout quand au final, rien ne vient.
La Peste ne faisait que ce qui devait être fait. Le reste importait peu, pas du tout même.


Vous ne me devez rien du tout, Vicomte.
Je ne vous ai encore rien donné et ne vous offrirai que ce que vous méritez. Rien de plus. Rien de moins. Tout dépendra de vous.


Un dernier hochement de tête pour le saluer et elle partie au pas de course à la Forteresse.

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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Ven 20 Fév 2009 - 20:49

Chevelure brune contre chevelure châtain clair.
Yeux bleus contre yeux verts d'eau.
Ou l'histoire qui prend fin alors qu'elle n'a même pas encore commencé.
Il n'aura pas fallu longtemps pour consommer la rupture.
Elle avait l'air gentille pourtant... Elle lui avait parlé. Et c'était quand même pas rien! En dehors du Faucon, personne ne la considérait réellement en tant que telle, lui portant une attention sincère; personne non plus ne la voyait autrement que ce qu'elle était selon la vision commune: une petite fille issue de noblesse qui n'avait pas encore passé ses sept ans et qui n'avait donc aucun intérêt pour le moment. Lorsqu'elle aurait quelques années de plus, qu'on la considèrerait apte à la vie et à l'utilité reconnue aux jeunes filles comme elles, là ça serait différent. Mais pour le moment fallait se contenter du tais-toi et obéis et fais pas de bruit. Enfin plus maintenant : y avait Adrian.
Fin bref...

La brune, l'avait quand même bien eue! Elle lui avait pris soin frère! Suffisait de voir comment il avait lâché sa main pour lui courir après... sans même la regarder!
Elle avait suivi la scène de son regard interrogateur. Elle l'avait même vécu au ralenti, vous savez ce terrible ralenti qui exacerbe vos sens et contre lequel vous ne pouvez rien faire? Ben là c'était la même chose. Elle avait senti sa main se délier de la sienne sans pouvoir la retenir. Elle l'avait vu regarder Zalina et se relever pour la rejoindre sans qu'elle puisse le retenir à table... Du revers de sa manche, elle avait essuyé son nez reniflant et avait refoulé difficilement une larme. Ca avait commencé pareil avec maman... Cette sensation de vide, d'abandon qui vous pique le coeur et vous fait tordre votre ventre de douleur.
Mais à chaque fois il revenait non? Mais s'il revenait pas? Elle guetta la porte sans bouger, déglutissant difficilement à chaque respiration, épiant le moindre de ses gestes qui l'aurait conduit à franchir sans retour possible le seuil de la baraque. Elle voulait pas qui parte... Sinon elle aurait qui dans sa vie, hein? Et qui veillerait sur lui?

Elle repoussa devant elle les restes de nourriture plus ou moins entamés, selon que sa gourmandise et son attrait l'avaient poussée à ingurgiter. Elle avait plus faim, mais vraiment plus. Elle baissa son regard triste sur un morceau de pain et joua distraitement avec, détachant la mie et en faisant des miettes qui s'éparpillaient non seulement sur la table, mais également au sol... Bien fait pour le vieux, soit dit en passant.
La lionne en devenir releva à peine son museau lorsqu'elle entendit des pas se rapprocher. Elle reconnut tout d'abord le gros aux ordres de son frère. Mais bon elle saurait pas son nom : de toute façon, elle en avait strictement rien à faire. En gros, il existait à peine le bonhomme. Normal, il avait aucun intéret. Seulement quand il était un peu trop prêt à surveiller ses faits et gestes. Comme là;, d'ailleurs. Sauf qu'elle avait même pas l'envie de l'envoyer valser...

Haussant les épaules, elle s'avachit dans son siège et attendit que le temps passe, tapant à nouveau le bout de ses petites bottes contre la table. C'est agaçant n'est il pas? En même temps, c'était un peu le but. Attirer d'une manière ou d'une autre une attention digne de ce nom sur elle. Et elle faisait selon l'inspiration du moment, inspiration qu'elle avait pas vraiment d'ailleurs...
Mais c'était non sans jeter un regard discret à son ainé. Elle aurait pourtant pu tailler une bavette bien saignante avec lui mais non. Non. Non elle avait décidé que non. Elle lui en voulait de lui avoir préféré la brune. Et d'avoir failli l'abandonner. Et parce qu'elle avait eu peur. Et parce que c'est tout, d'abord. Et parce qu'elle avait plus faim. Et aussi parce que là, elle commençait sérieusement à s'enquiquiner.....





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Adrian



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Sam 21 Fév 2009 - 16:56

Revenu, il sourit au spectacle de sa jeune demoiselle de Lorgiès, en train d'égrener au plancher des morceaux de son pain du soir. Rien que quelques mois plus tard, l'écuyer en cours de formation aurait sûrement mal pris ce gaspillage de nourriture, cet éparpillement de biens que les hommes arrachaient durement à la Terre. Quand Adrian aurait vu les ravages de la faim, de la guerre, qu'il aurait posé des réalités sur ses croyances, sans doute penserait-il différemment. A l'heure actuelle... Il n'était qu'un noble. Il ne savait rien des jours à s'échiner sur les terres parfois difficiles du Royaume, ni des nuits passées en prière pour le beau temps, un temps agréable et doux sans trop de pluie. Il ne savait rien du manque, des extrémités auxquelles peuvent en être réduits les hommes venant à manquer de tout et de rien. Comment un homme, qui n'avait pas encore vu les bandes de brigands, souvent constituées de familles de journaliers ne trouvant plus travail et subsistance, pourrait-il avoir le moindre égard pour le gaspillage?

De plus, il était assez satisfait par l'aide inopinée que lui apportait sa soeur. Il n'était pas assez stupide pour chercher à punir à nouveau l'aubergiste, qui ne manquerait pas d'aller les dénoncer ensuite au seigneur du lieu. Mais il n'était pas non plus assez sage, et mûr pour lui pardonner. Aussi se montra-t-il heureux de ce travail supplémentaire qu'il lui apporterait. Il aurait presque volontiers proposé à sa soeur de barbouiller l'auberge entière de sauce, en faisant voler les assiettes dans la salle, et en vomissant, urinant et déféquant sur les planchers et tables.

Adrian observait sa soeur, et lui sourit. Il se rapprocha de la table, sans paraître faire attention à Rufus, qui ne s'en offusqua pas, étant coutumier du fait. Il attendait, les bras le long du corps, le regard au ciel (on ne regarde pas son seigneur en face lorsqu'il vous donne des ordres), à attendre patiemment qu'il l'ait remarqué. Le jeune Faucon se rapprocha de sa soeur, s'accroupit à côté de sa chaise, chose qu'il ne ferait assurément pas souvent, et continua à la fixer.


- " Pardon, ma damoiselle. "Et ainsi commença-t-il, le coin des lèvres relevé, un regard d'amour pur posé sur sa jeune soeur. " Je t'ai quelque peu négligée ce soir. Tu sauras parvenir à me pardonner? " Il la regarde, alors, presque implorant, le sourire toujours aux lèvres. Il ouvre alors les bras, et effectue un calin digne des petits enfants entre eux. Baisers de sa soeur, puis, se relevant: " Il va être temps de dormir, Bérénice. La journée a été longue. On va monter se coucher. D'accord? " Puis l'accord est donné. La jeune fille quitte la table. Elle est laissée telle qu'elle, pour les bons soins de l'aubergiste. Là, le jeune vicomte se tourne enfin vers Rufus, qui commençait à trouver le temps long. Il le regarde, et décrit ses ordres:

- " Les hommes s'installent dans la grange. La paille est sèche, ils ne devraient pas être dérangés. Ils ont autorisation d'aller au bordeau(*), mais en faisant attention à ne pas créer querelles: je ne veux pas d'histoires. Qu'aucune catin ne vienne me faire d'histoires: ce n'est pas ce dont nous avons besoin. "

Rufus, inquiet de sa propre personne, plisse son gros visage, et regardant son maître:

- " Et... Et moi, seigneur? "

- " Toi, Rufus? Tu dors devant notre porte. Grande-Echine s'assurera qu'ils ne fassent pas d'esclandre. "

- " Bien, monseigneur. "

Le message est passé. Une chandelle est allumée au feu de l'auberge, qui couve encore un peu. Les deux enfançons, suivis de Rufus, montent à l'étage, une chandelle à la main, laissant Rufus devant la porte de leur chambre. Celle-ci est meublée du minimum: une table, deux chaises, un coffre/banc, un lit double. Une bassine sert de moyen d'urgence, si besoin pendant la nuit. Un broc d'étain contenant de l'eau fraiche permet de se laver sommairement, et de se désaltérer. La chambre est la seule munie de vitres, ce qui explique son choix. Une petit cheminée alimente en chaleur la pièce. Un feu, préparé à l'avance par les hommes du Faucon, a permis à la pièce d'être accueillante. Le lit est tendu de couvertures aux couleurs défraichies, et le sol a des lattes de bois disjointes, preuve que l'aubergiste ne manque pas d'or. Adrian se dit que instinctivement, s'il était Grand Maistre, il augmenterait sûrement les taxes et impôts du bourg: il n'était pas normal que des paysans puissent vivre dans une quasi-opulence, apanage des seuls nobles.

Les deux enfants ouvrirent alors le coffre de leurs affaires, et se mirent en habits de nuit. Leurs vêtements, pour ce soir secs et sans boue, ne seraient pas confiés à des lavandières pour les nettoyer. Ils allèrent dans le coffre, pliés avec soin par le jeune Vicomte qui, pour cette tâche au moins, se débrouillât seul. Adrian retira quelques vêtements, qu'il sortit sur la table, pour être sûr d'avoir ses plus beaux atours lorsqu'il rencontrerait son chevalier. Il se repéra à la chandelle, en tâtonnant, se fiant aux motifs et aux touchers plus qu'au visuel des habits. Car il pensait bien être confié à quelque homme de guerre, pour parfaire son éducation. Dans le pire des cas, quitter ces lieux avec ses plus beaux vêtements ne serait pas déchoir. Aussi y mit-il une chemise écrue, lui tombant à mi-cuisse, avec des braies bleues, et des bas de couleur crème. Il y apposa une tunique jaune, avec des galons brodés sur le pourtour de couleur argent et azur. Elle lui allait jusqu'aux genoux. Par-dessus, il y apposa une ceinture de cuir bouilli ocre, avec Tumnüfengh, et l'autre épée de son père, Emnulith, une épée courte où était visible le quatrain d'invocation de Lilith, première femme de l'humanité, épouse de Lucifer: "La chair elle mordra, le sang elle boira". Vieux souvenir païen d'un père trop absent. Par-dessus le tout, une paire de brassards de cuir pyrogravés sur des motifs d'entrelacs complèteraient ses atours, avec un mantel anthracite et un tabard aux couleurs de Parcey.

Heureux de ses préparatifs, il regarda sa soeur, qui, mise en chemise de nuit attendait déjà sous les draps. Il se glissa à sa suite, de son côté. Il éteignit alors bruyamment la chandelle qui l'avait éclairé, signifiant ainsi à Rufus que lui aussi pouvait se coucher.

Et ainsi se finit cette journée, éprouvante entre toutes s'il en était, sur les terres normandes de Ryes, où soleil, vent du large, brumes matinales et rosée sont les seuls perturbateurs du calme ambiant.


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(*) : Pour qui ne l'aurait pas compris, le bordeau est la version médiévale du bordel.

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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Dim 22 Fév 2009 - 21:25

Et voila. C'était évident comme les deux yeux au milieu de la figure. Y avait même pas de quoi parier. C'était trop facile. TROP facile on vous dit.
Abus de confiance.
Tricherie.
Trucage.
Bottage de touche interdit.
CARTON ROUGE.
Nan mais regardez le... Ce sourire...Ces deux yeux attendris... Ces attentions rien que pour elle et toutes adorables...
Ben oui. Elle a craqué. CRAQUE. Elle lui en voulait pourtant. Ben oui, il avait quand même couru après la Brune, on vous le rappelle pas. Mais ça avait pas duré longtemps. Tricherie on vous dit. Tricherie. Mais elle résistera, sisi. C'était prévu. Mais non. Il aura pas fallu longtemps au Faucon pour faire tomber les boucliers de sa soeur.
Et le pompon, le câlin. Il sait vraiment y faire lui. TRICHERIE dedieu!
'Fin bon, on va laisser passer hein? Mais la prochaine fois, il y coupera pas. Là elle a pas envie, elle est fatiguée, elle s'ennuit... La bonne excuse pour pas reconnaitre qu'elle est heureuse de l'avoir enfin tout à elle.

A regarder ce visage d'ange entouré de fines boucles claires enfantine qui suit et obéit sagement à son ainé, on lui donnerait le bon dieu sans confession. Mais en même temps, c'est pas faux. De Jeneffe est synonyme d'angélique, on vous l'avait pas dit? Ben vous savez maintenant. Et tachez de pas l'oublier sinon c'est flagellage-mutilation en place publique illico presto.

'Fin bref. On verra ça plus tard, là c'est l'heure d'aller au pieu. Et à voir le bâillement délicatement silencieux que laisse échapper la jeune lionne, ça tombe plutot bien. Et pour une fois, elle ne se laisse pas prier. Il faut dire qu'il y a de quoi ne pas faire des siennes : la compagnie est loin d'être désagréable. Mais si elle avait su ce que le lendemain lui réservait, elle n'aurait sans doute pas été pressée de retrouver d'aller se coucher afin d'étendre la nuitée à son maximum. Mais elle n'a aucun don de divination. Et s'endort , après s'etre changée , au son de la respiration fraternelle.
Demain est un autre jour...


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Fabien74



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Ven 27 Fév 2009 - 17:43

Ryes:

Pataclop. Pataclop. Pataclop. Pataclop. Pataclop.

faisaient les sabots de son cheval, posés au hasard sur le chemin tortueux qui menait à Ryes. L'animal avançait d'un pas calme, posé. Nul besoin de se presser en effet. Fabien avait reçu une convocation de l'ordre pour le seize du mois de mars. Dans dix-sept longs jours. Temps qu'il fallait tuer, ou occuper utilement, c'est selon. Ne sachant pas encore à quoi il allait employer ces précieuses journées, le jeune homme entreprit d'aller se désaltérer à l'auberge du village: sans doute que le gosier humide et l'estomac plein, il saurait faire un choix.

C'est donc un homme juché sur un cheval placide qui entra dans le village. Ryes était un petit village de montagne. Comment pouvait-il en être autrement lorsque l'on était accolé à la forteresse de la Licorne. Un village à vocation particulière, qui avait du voir nombre de sièges, nombre de pillages, d'incendies et autres malheurs. Un village qui imposait le respect. D'aspect aussi rude que les paysans qui l'habitaient, certainement, il n'en émanait pourtant pas moins un petit quelque chose d'acceuillant. De construction brute mais solide, Ryes inspira une certaine confiance à Fabien. On y était certainement en sécurité.

Tout pensant, il finit par arriver sous une enseigne qui décrivait le bâtiment auquel elle pendait comme une auberge. Une auberge, quelle aubaine! Il attacha donc sa monture à la structure de fer toute proche et respira un grand coup avant de pénétrer dans la bâtisse.


Dans l'auberge:

L'établissement faisait honneur à son état, une atmosphère saturée mais plaisante, lumières tamisées et rires et discussions fusants. En tout point le lieu ressemblait à 100 autres dans tous le royaume, à cela de près que le lieu était en majorité fréquenté par la Licorne, ce qui ajoutait de suite une autre dimension à l'endroit. Fabien se dirigea, le pas assuré vers le comptoir, saluant d'un signe de tête les personnes qui s'étaient aperçus de sa présence. Il enleva son chapeau, et s'accouda au comptoir. Il fit ensuite un petit signe de la main au tavernier, se demandant à l'avance la pitance qu'il allait demander.

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Bérénice de Jeneffe



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Lun 16 Mar 2009 - 21:50

[Lendemain de la première nuit d'Adrian et Bérénice à Ryes]

Demain est toujours un autre jour, avec ses surprises, ses joies et surtout ses déceptions. La petite lionne dormit comme un loir. C'est que la journée avait été longue, surtout pour une petite fille de son âge, plus habituée aux quatre murs d'un riche castel qu'à de longues chevauchées, même en compagnie d'un frère vénéré. Le pire de tout avait été de se faire tanner les fesses par une saloperie de canasson inconfortable... Mais si l'endormissement se fit sans douleur, le réveil fut une tout autre paire de manches. Du moins, ce qui s'en suivi. Avec les mots les plus doux et les plus adaptés, son Faucon lui avait expliqué qu'il allait devoir s'absenter. Pour la journée. Même si à cinq ans les notions temporelles ont une vague définition, elle se doutait que cela allait être très très long. Mais elle ne pleura pas. Pas même sur les marches de l'auberge alors qu'elle le regarda partir, le coeur lourd.

Lorsque la fraternelle silhouette ne fut plus qu'un point indistinct, elle soupira tristement et s'assit sur la première des marches, sans se préoccuper de savoir si elle gênait ou non le passage. De toute façon, même si ça avait été le cas, elle n'aurait pas bougé d'un poil. Faut pas abuser non plus. La politesse n'était pas vraiment un sport pratiqué par la jeune donzelle, surtout quand elle n'en avait pas envie. Et encore moins, lorsqu'elle se coupait du monde, puisque dans sa bulle, plus rien n'existait. Et encore moins le garde auquel elle avait été confiée. Alors celui là, dieu seul sait combien elle en avait cure! Mademoiselle, faut pas faire ci, faux pas faire ça, restez ici et blablabla, et blablabla... Elle savait qu'il était pas jouasse de jouer les nounous a héritière qui sortait à peine de ses langes, mais en même temps, elle avait pas demandé à l'avoir collé aux chausses.

Ses coudes en appui sur ses genoux, son menton dans ses paumes, elle ne daigna pas bouger, ses jeunes perles vert d'eau se promenant au fil de l'animation diverse et variée qui passait devant elle. Il n'y avait rien de bien passionnant , mais en même temps, fallait faire avec : un homme avec le dos vouté qui s'évertuait à faire avancer une mule beuglante et chargée de bois, des jeunes filles qui riaient bêtement alors que des garçons leur tournaient autours; une femme qui portait un énorme panier débordant de linge et avec deux enfants pendus à ses jupons. Elle s'arrêta sur ces derniers et renifla bruyamment. Insidieusement s'implantaient en elle certains sentiments qui fleuriraient avec le temps. Haussant les épaules, elle détourna la tête et posa son attention sur un petit groupe turbulent qui criait à tout va après quelques passants. Redressant le bout de son museau, elle observa les quelques gamins braillards et mal fagotés qui s'agitaient non loin d'elle.

D'abord on observe, ensuite on avise...

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Antlia



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Dim 22 Mar 2009 - 0:42

[ venant de la forteresse ]

Elle avait passé la journée quasiment à cet entretien t la faim commençait à lui tenailler le ventre. D'ailleurs la possibilité de l'entendre lors de l'entretien l'aurait quelque peu gêné.
Aussi en voyant au loin se profiler le village puis la taverne, tout de suite elle se sentit mieux .
La jeune femme stoppa sa monture au devant, confia son cheval en ayant pris soin de prendre son paquetage qu'elle jeta sur son épaule .
Peu féminin comme attitude, mais l'Ost habitue à beaucoup de situations et au côté pratique et simple des choses.

D'un pas assuré, elle se dirige vers l'entrée de l'auberge et y pousse la porte .
Tout d'abord, elle s'habitue a la luminosité, puis a repérer les lieux après avoir fermé la porte .

Elle s'avança puis demanda :


Bonjour l'aubergiste ! Gite et couvert, trouvez moi cela pour cette nuit.


Celui ci de suite appela une fillette qui la conduisit à une chambre ou elle jeta à terre son bardat sans plus de manières .
La chambre sans être coquette était simple et propre. Cela lui convenait... Elle regarda tout de même le lit: une envie de se jeter dessus la prit mais résistance ou plutot appel du ventre la rappela.
Elle rejoignit alors la salle et s'installa à une table, le diner arrivant fort à point .
Ainsi elle passa sa première soirée d'attente à Ryes, tout en observant chacun et chacune.
Elle prendrait le temps de parcourir le village demain ... En attendant la réponse suite à son entretien.

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lenanceendu25



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Mer 8 Avr 2009 - 23:57


[ devant l'auberge ]


Dans cette forteresse, Lenanceen avait perdu la notion du temps, mais surtout il n'avait l'habitude de ces long instant d'immobilité. Sur le chemin pour se rendre au village en contrebas, il appréciait ce moment ou seul il se retrouvait mais surtout il pouvait là se dégourdir les jambes. Comme le lui avait aimablement conseillé l'homme, Lenanceen passerait les quelques jours qui suivrait dans cette auberge. Il n'avait d'obligations et il serait plus aisé pour répondre à un éventuelle appel.

Sur le péron, face à cette porte qu'il s'apprêtait à poussé, Len. s'immobilisa un court instant afin de se familiarisé des alentours. Ryes ressemblait à tous ces Bourgs qu'il avait traversé, alors qu'il menait sa section sur le lieu d'éventuels combats...

La lune se profilait au loin, la main sur la clanche Len. se détourna du spectacle et poussa cette porte...

Très vite Len. repèrait le lieu, et d'un pas assuré se dirigea vers le zinc... il éprouvait le besoin de se désaltèrer.
S'adressant à l'homme affairé derrière le comptoir...

Bonjour ! une biere pour commencer ...
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Alexandre*



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Mer 20 Mai 2009 - 9:30

[à l' Auberge]

Alexandre descendait de la forteresse à pied tenant Sultan par les rênes. Il faisait beau et Alexandre de bonne humeur avait decidé de prendre son temps.

D' ailleurs c' est ce qu' il avait de mieux a faire en attendant le résultat de son entretien.

Il avait décidé de rester à l' Auberge de Ryes et d' y prendre gite et nourriture, sans oublier qu' il avait soif après avoir tant parlé sans qu' on lui donna la moindre goutte.

Il attacha son destrier à côté de l' entrée et entra donc dans la seule et unique Auberge , mais a quelques minutes de la forteresse.

Bien le bonjour , Tavernier pouvez vous me donner une bonne bière ?

Alexandre continua sur son idée pendant que le tavernier le servait.

Auriez vous gite et couvert pour quelques jours ? Et puis si on pouvait s' occuper de mon cheval...

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Nynaeve87



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Dim 7 Juin 2009 - 22:56

La route fut longue de Dié jusqu’à Ryes.
Aux vus des missives échangées, le haut conseil de l’ordre l’avait prié de venir à la forteresse pour un entretien et le délai ne lui avait guère laissé le temps de se retourner.
Malgré son état, elle avait décidé de faire le voyage à cheval, bien plus rapide que la voiture familiale.
Aussi gardait-elle en mémoire le regard empli d’inquiétude de son aimé qui, même s’il savait qu’Alexian, fidèle à sa charge, prendrait soin de son bien être tout au long du chemin, avait essayé de la dissuader de prendre la route.
Souriante elle l’avait rassuré. Elle était soldat pas midinette.

Le temps clément de ce printemps avait heureusement rendu le voyage plus que supportable et son homme de confiance avait toujours eu le don de dégotter l’auberge accueillante et tranquille qui avait favorisé ses nuits.

Côte à côte ils entrèrent dans le village de Ryes et Alexian s’enquerra immédiatement d’un endroit où dormir.
Il n’était pas indiqué dans l’invitation qu’elle put être hébergée à la forteresse et un bon lit lui était nécessaire.

Ils étaient repartis de Lisieux très tôt le matin et venait de traverser une très belle forêt quand ils arrivèrent en vue de la bourgade qui semblait pour le moins très active. Chacun s’affairait sans prêter la moindre attention aux voyageurs.

Toujours à cheval la jeune femme suivait le hongre gris d’Alexian à travers un dédale de rues plutôt bien entretenue.
Son œil militaire s’était étonné de voir cette ville sans fortifications, la présence de la forteresse était sans doute suffisante à sa protection.

Drapée d’une cape assortie à ses cheveux d’ébène, Nynaève attendit un instant que son ange gardien finisse de se renseigner.


Nous arrivons Ma dame l’auberge est juste à une rue plus loin…

Epuisée, la vicomtesse lui lança un sourire reconnaissant.


Allons-y donc jeune ami...


Quelques minutes plus tard, ils démontaient devant l’auberge du Vieux François…

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Nynaeve87



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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Lun 8 Juin 2009 - 14:34

Alexian entra dans l’auberge ayant attaché son hongre juste devant l’abreuvoir.
La jeune femme flattait l’encolure d’Isis et lui murmurait quelques mots doux à l’oreille.
Sa complicité avec la jument, qui s’était fortifié à travers les ans était un trésor qu’elle ne partageait pas.
Elle s’en occuperait donc elle-même, comme à l’habitude avant de se reposer.
Quelques instant encore, de savoir s’ils pourraient trouver ici le gite et le couvert…
Le jeune homme brun au regard malicieux ressortit le sourire aux lèvres et d’une courbette lui indiqua les écuries en riant.
Ce garçon qu’elle avait ramassé dans les rues d’Embrun lors de son premier mandat de maire devenait un page plus qu’acceptable, si jeune encore mais plein d’avenir…

Une fois les chevaux dessellés et pansés, ils allèrent se sustenter. L’aubergiste leur avait choisi une table à l’écart et la nourriture était soignée.


J’irais seule à la forteresse demain Alexian… tu as quartier libre… juste on ne repart pas avec une normande dans nos bagages hein…

Nyna fronça les sourcils, cachant le sourire qui pointait…

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Erwyn
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MessageSujet: Re: Auberge du Vieux François   Lun 9 Nov 2009 - 12:26

[Quelques jours après la fin de l'élection de la nouvelle Licorne d'or]

Bande sonore

Il se leva de bon matin ce jour-là, au chant des cognées fendant le bois de chauffage, et aux cris des coqs enroués qui faisaient office de réveil-matin pour les habitants de Ryes. Il se leva vers matines, les cheveux encore éparpillés sur sa couche comme des algues blanches sur un gros rocher plat. Les travaux agricoles avaient commencés depuis plusieurs heures. Il faisait ainsi partie des rares privilégiés qui pouvaient, à cette époque de l'année, se lever après le soleil. Il se leva comme à son habitude, dans cette sorte d'émerveillement ponctué d'habitude qui faisait se réveiller les hommes de guerre chaque matin, et trouver presque étonnant d'être encore en vie. Les échoppes étaient ouvertes depuis un bon moment, et les attroupements de la rue s'entendaient très distinctement dans sa petite chambre de l'auberge du Vieux François. A l'époque, il n'y avait pas de vitres aux fenêtres. Et l'isolation phonique n'était encore qu'une pure imagination. Les rues s'emplissaient de matrones, de commis et de jeunes enfants dans le petit bourg médiéval, s'affairant comme en une gigantesque ruche dont la reyne aurait été le vaisseau de pierre qui les surplombait tous. L'automne en était à son apogée. Les potimarrons et les courges se vendaient comme des petits pains. Les derniers légumes de l'été se monnayaient à prix d'or. La viande et le poisson, comme toujours, étaient une denrée rare. C'était l'époque où l'on commençait à envisager des réserves pour l'hiver ; où l'on sarclait massivement des tonneaux ; où l'on colmatait les maisons ; où on ravaudait les habits. Une époque de préparation.
Le chevalier s'était levé à son habitude et, une fois après s'être habillé, il était descendu et avait demandé à François de l'eau fraiche et un linge. Avec quoi il avait entrepris une rapide toilette de sa figure, ainsi que de se raser.
Et ce rasage n'était que l'une des raisons pour lesquelles il inspirait le respect au vieux François. Car il était rare que des hommes de cet âge, avec cette prestance et cette allure, dédaignent les conforts dont on s'accommoderait volontiers à leur âge, et, mieux encore, recherchent la frugalité et l'austérité. Erwyn, ainsi, alors qu'il aurait bien entendu pu faire chauffer de l'eau pour se raser, n'en faisait chaque matin rien, se disant qu'il pouvait bien se raser à l'eau froide pour permettre au vieux François de faire quelque chose de plus urgent. Et il se rasait ainsi, chaque matin, à l'eau froide, ses joues battues pendant des années par les vents froids de Normandie ne ressentant guère plus la froideur et l'irritation inhérente à ce type de rasage. Et c'était cela que le vieux François avait su respecter ; cette volonté d'être toujours sans tâches, même quand les circonstances ne le commandaient pas forcément ; et qui plus est, sans aucun confort.(1)
Cette toilette faite, le Chevalier allait alors fréquemment se promener. Il était sur certains aspects un homme d'habitude, qui aimait parfois certaines petites routines que la vie permettait, comme des jalons qui permettaient de ne pas se sentir perdu lorsque l'on ne contrôlait pas parfaitement une situation. Il se promenait souvent dans le bourg de Ryes, la forteresse lui étant pour l'heure officiellement interdite. Il discutait avec quelques commerçants, parlant de la pluie et du beau temps ; il dissertait sur des sujets sans intérêts avec des vieillards qui observaient le monde, assis sur des bancs devant l'église du bourg ; il plaisantait avec des femmes d'intérieur qui allaient au puit ; il jouait, plus rarement, avec des enfants. Mais le contact des jeunes enfants lui était toujours chose pénible, tout particulièrement par les souvenirs difficiles qui lui revenaient à l'évocation d'un simple mot. "Enfant".

Lucas...

Il s'accommodait de la situation actuelle avec calme et détachement, comme à son habitude. René, lui rendant parfois visite, lui parlait des nouvelles de la Forteresse.
Il était ainsi sorti de la salle du Chapitre et de la Forteresse, lorsque le Perplexe avait ainsi exécuté son premier acte de commandement spontané, sans aucune opposition, ni aucune remarque. Il s'était soumis à la décision de celui qui, nommé par ses pairs, déciderait bientôt de son sort. Il était ainsi ressorti, et avait attendu.
Il avait redonné ses gantelets au garde pour qu'il les transmette, comme preuve de qui il était. Bien.
Mais il avait aussi fait transmettre une lettre, par René. Une lettre à l'adresse d'un capitaine nouvellement désigné. Un capitaine à la crinière de feu. Une de Vergy. Une bâtarde, comme lui. Une lettre qui avait attendu sur un bureau, à côté de gantelets qui symbolisaient toute la fierté des hommes qui les avaient portés. Des symboles magiques ; des artefacts uniques.


Citation:
De Ryes, quelques jours après la fête de tous les saints (2).

Au Chevalier Cerridween de Vergy, Capitaine de l'Ordre Royal de Chevalerie de la Licorne,

Respect et salutations.

Qu'il vous soit chose connue de par la présente que nous, Chevalier Erwyn of Kylebonhamm, 35e du nom, demandons autorisation d'entrant et de déplacement en les murs de la Citadelle de Ryes, fief de l'honorable, juste et brave Ordre Royal de Chevalerie de la Licorne ; qu'à ce titre demandons qu'il soit effectuée reconnaissance de nos personnes et qualités ; attestons des personnes pouvant établir ces dernières, à savoir

la Duchesse Akane de Clairval, Duchesse de Caux, Vicomtesse de Vernon, Bolbec et Carentan, Dame de Massy,
le Chevalier Zalina de Montmorency, Damoiselle de Haisnes et de Colombiers,
Le Chevalier Simonin d'Albizzi,

entre autres possibles.
Qu'il soit su qu'avec cette demande, vous faisons savoir que nous aimerions vivement avoir entretien avec votre personne, concernant un certain nombre de faits de la plus grave des importances, qui, s'ils ne sont pas énoncés, pourraient nuire à l'Ordre, au Roy, au Royaume, et à l'Honneur général de tous.
Insistons tout particulièrement sur ce dernier point.

Vous faisons savoir que vous attendrons ainsi, de façon intemporelle, à l'Auberge dicte "du Vieux François", sise à Ryes, en la grand-rue montant à la Forteresse. Qu'à celui-ci, demanderez le frère Edouard de Mortemont.

Vous transmettant toutes nos plus ferventes salutations, et nos félicitations pour votre nomination par vos pairs,

Chevalier Erwyn of Kylebonhamm, 35e du nom,
Chevalier d'Inzinzac Lochrist.


Et c'était ainsi, en une belle journée d'automne, qu'allait avoir lieu dans l'auberge du Vieux François l'un des évènements qui allait probablement encore une fois plonger le royaume dans des troubles chaotiques dont personne, Dieu m'en est témoin, ne pourrait prévoir les tenants et les aboutissants. C'était ainsi qu'un Chevalier, qu'une relique vivante, attendait avec patience un autre Chevalier, le Diable roux.

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(1) : Hommage au personnage de Roger Mortimer, Chapitre 1 du tome 4 des "Rois maudits".

(2) : la Toussaint, dans son sens premier.

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Auberge du Vieux François

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