Ordre Royal des Chevaliers de la Licorne


 
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 [RP] Sur le fil...

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Cerridween

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MessageSujet: [RP] Sur le fil...   Jeu 28 Fév 2008 - 18:35

Le ciel de février était paré d’une couverture de nuages noir et grisâtres qui passaient nonchalamment en le traversant, poussés par une faible brise… par moment le soleil arrivait à percer le ciel tombant en rayon sur la campagne autour de Ryes en halos de lumière.

Une petite silhouette noire se détachait dans ce paysage… Cerridween marchait avec détermination. Dans ses bras un piquet, sur son dos un sac et dans son cœur une seule idée… arriver à l’éviter si cela devait se reproduire. Les rêves ne la lâchaient toujours pas, elle revivait cette attaque toutes les nuits… la culpabilité la rongeait de l’intérieur semblant manger sa force vive, la laissant maigre et le teint blanc comme malade. Elle aurait bien été en enfer torturer cet archer de ses propres mains si elle l’avait pu, lui rendant les tourments de Lucifer plus doux que ceux qu’elle avait imaginer pour lui… il était mort sous la dague de Kratos et elle l’avait lacéré elle-même de plus de coups de poignards qu’elle n’en pouvait se remémorer. Elle ne pouvait rien faire de plus que de prier pour la déchéance cette pourriture ad vitam eternam dans les bûchers des tréfonds…

La solution s’était imposée quelques jours auparavant. Elle avait enfin admis, dans le plus profond de son être qu’elle n’aurait pas pu tuer l’archer à ce moment là avec ses moyens réduits. Le dilemme avait été grand… Elle savait que l’arc ne lui était pas autorisé, mais il lui fallait quelque chose pour atteindre des cibles éloignées pourtant, sans trahir le serment qu’elle avait fait en entrant à la Licorne. Elle avait donc après moultes réflexions et lectures trouvé l’objet idéal…

Elle s’arrêta à la lisière de la forêt… une fois son sac posé, elle entreprit de chercher une pierre qui assez conséquente lui servirait à planter le piquet apporté. Une fois fait, elle sorti de son sac une pomme qu’elle positionna au sommet du piquet, idée retenue lors d’un des cours du commandeur Fanny… Elle se recula de quelques toises et respira un grand coup. Sa main droite se porta dans son dos, au niveau de sa taille et agrippa une garde. Le frottement d’une lame contre un fourreau se fit ressentir. Le soleil vient un instant jouer sur la lame du couteau que contemplait Cerridween… elle regarda la pureté des lignes et la sobriété de la garde, l’équilibre parfait de l’ensemble. Amoureusement presque, elle passa l’index sur le fil de la lame… n’y prenant pas garde, elle se coupa l’extrémité du doigt. Une goutte de sang vient rouler sur le métal… la rousse lécha la goutte et porta son doigt à la bouche pour arrêter le mince saignement qui avait commencer.

Parfait… pensa-t-elle…

Le forgeron avait fait un excellent travail… même si au début la requête de cette petite rousse lui avait froncé les sourcils. Un couteau de lancer ? Il n’avait jamais eu de requête pareille venant d’un occupant de Ryes. Mais devant le noir qui était passé devant les yeux de l’Errante, il n’avait pas juger judicieux de s’opposer à la volonté émanant de la rousse. Une semaine plus tard la commande était prête et maintenant la rousse pouvait commencer son apprentissage…

Elle prend la garde à pleine main et une grande inspiration. Son bras partit en arrière pour donner de l’élan à l’objet et elle le lança de toutes ses forces… le couteau ne fit que deux mètres avant de se planter dans la terre humide. La rousse ne trahit aucune émotion et alla chercher la lame avant de se repositionner… elle lançait encore et encore. Peu lui importait le temps, peu lui importait le froid… un jour elle arriverait à le planter entre les deux yeux d’un archer.

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Enguerrand_de_lazare

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Jeu 28 Fév 2008 - 19:42

Errance dans les longs couloirs et froides pièces de la forteresse.
Errance à la recherche d'une personne, celle là même qu'il avait tenté d'interpeller une fois la cérémonie terminée.
Celle qui pourrait, par chance, lui apporter ce dont il avait besoin.
Besoin qui, peut être, saurait calmer souffrances et tourments, le ramenant peut être enfin dans la réalité des mortels.

Ou l'entrainant définitivement dans ce monde irréel et torturé où il vivait depuis déjà de longues semaines.

Monté sur les remparts de Ryes, espérant par là bénéficier d'une large vue sur les environs, priant pour retrouver la jeune ecuyère, l'homme plongea son regard, qui sur le haras, visiblement désert, qui sur la forêt avoisinante.
Dans un des champs ceinturant la forteresse, une silhouette se détachait. Une femme, visiblement, exerçant Dieu seul savait quelle présente occupation.
Seule une chose importait à l'errant. Cette chevelure, rousse, flamboyante, se détachant sur les teintes grises et ternes de cette fin d'hiver.

Reprenant espoir, rassemblant force et courage, il reprit le chemin inverse, descendant les marches de pierre, larges et solides assez pour supporter la montée d'une troupe en arme, se tenant à intervalles réguliers au froid et austère mur, reprendant souffle et luttant contre les élancées douloureuses.

Pourvu qu'elle soit toujours là lorsqu'il arriverait au dehors.
Pourvu qu'elle lui apporte ce qu'il recherchait.
Pourvu que...
Machinalement, sa main se glissa sous sa lourde cape azur, ses doigts enserrant la bourse de cuir nouée à sa ceinture. Bourse presque vide, hélas, source de tous ses tourments et inquiétudes.

Hâtant le pas, il enchaina à nouveau couloirs et coursives, pour bientôt traverser la cour de la forteresse, puis, passant sans un mot les doubles portes de Ryes, adressant à peine un regard à l'homme d'arme de faction, il se dirigea, essoufflé, en proie à de violents élancements, vers le lieu ou il avait pu apercevoir la silhouette de Cerridween.

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Cerridween

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Jeu 28 Fév 2008 - 21:13

La rousse enchaîne les lancers…
Sur le poteau elle a gravé le souvenir du grand corps de l’archer et de son regard torve, celui qui a abattu méthodiquement sa monture, puis planter deux flèches dans le corps de son frère. Visage indélébile… qu’elle visait maintenant.

Sans émotion sur son visage, masque de marbre qui ne tressaille pas, elle fait ses allers et retours, de son point de lancer à l’endroit où son poignard tombe, sans relâche et sans heurts. La rousse commence à s’habituer au poids du poignard, à la façon de lancer, à la garde que sa main agrippe avec de plus en plus de facilité… le poignard vole encore et encore et se rapproche enfin du poteau…

La rousse essaie de ne pas penser à autre chose que sa cible virtuelle, le bourreau qui a torturé son frère et dont le fantôme revient la hanter, de faire abstraction du sang qui l’environnait, des cris, du sang et de son odeur acre, de la mort et du désespoir. Elle laisse la haine, cette haine froide qui l’habite depuis quelques temps, l’envahir dans chaque parcelle de son être, dans ses os, dans sa chair, dans ses veines, pour décupler ses forces et son attention…

Lancer encore et encore…
Faire fie des muscles qui se tendent et font mal…
Faire taire des blessures qui rappellent douleurs et souvenirs…
Oublier ses doigts qui restent figés à cause des crampes…
Ne rien sentir d’autre que la morsure de Némésis, de son côté sombre et froid qui la tient depuis ce jour fatal de janvier…

Le bruit du bois se fait enfin entendre enfin à travers le silence de cet après midi d'hiver, à peine troublé par le murmure du vent… le bois qui se rompt sous la lame. Le couteau vient de se ficher dans le poteau quelques centimètres au dessus de la base. La rousse a un semblant de sourire et se dirige à pas lent vers la cible… elle détache le poignard qui sort d’un coup sec du bois. Elle inspecte la lame avec minutie… pas d’accro, pas de rayure, la qualité ne fait plus de doute…

D’un coup elle se retourne… des pas s’étaient approchés, un souffle rapide… en faisant volte face, elle a armé son bras. C’est Enguerrand qu’elle découvre… doucement son bras descend et son regard perd de sa dureté. Voilà un ami… nouvel Errant comme elle… perdu depuis peu, pour d’autres raisons que la sienne, peu enviables de la même façon. Compagnon d’infortune, qui a perdu la mémoire et essaie de la retrouver pendant qu’elle essaie d’oublier et de chasser les fantômes qui hantent la sienne… ironie du sort qui les rapprochent par les chemins qu'ils prennent, bien que leurs quêtes soient différentes... le voyant aussi hésitant qu’étonné par son accueil, elle le salue :


Le bonjour, frère… pardonne moi pour ce geste involontaire...

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Dernière édition par Cerridween le Jeu 28 Fév 2008 - 23:07, édité 1 fois
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Enguerrand_de_lazare

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Jeu 28 Fév 2008 - 22:08

La jeune femme ne l'avait de prime abord pas vu se rapprocher, trop concentrée par son entrainement.
La distance, désormais, lui permettait de discerner les gestes de l'errante, observer l'expression de son visage, dure et froide, apprécier sa concentration, doser sa hargne et la force de sa volonté.
Lançant coup sur coup son arme contre ce piquet de bois, de plus en plus piteux et déchiqueté, chimère d'une cible plus vivante, qui, si elle avait réellement été faite de chair et de sang, souffrirait déjà mille martyrs, tordue de douleur sous le coups des multiples blessures affligées par le couteau lancé.

Progressant aussi vite que ses forces le lui permettaient, Enguerrand parvint enfin à la hauteur de sa soeur.
Surprise.
Demi tour vif et menaçant, arme au poing.

*
Chaleur, de nouveau.
Le vent chaud souffle sur ses épaules. Sa cape, lourde et épaisse le fait étouffer.
Sa gorge le dol, asséchée par des jours de marche dans le désert brulant.
Perdu. Lui, enfant du pays, qui avait parcouru ces terres rocailleuses et ces falaises escarpées ne parvenait plus à retrouver son chemin.
Errance dans un univers hostile.
Comment avait il pu en arriver à si dangereuse situation?
Une ferme finissant de se consumer. Des femmes en pleurs, crachant sur les cadavres de trois brigands, le remerciant pour le geste salvateur qu'il venait d'accomplir.
Les cadavres de quatre hommes, leurs parents, leurs frères, carbonisés après avoir été projetés dans le brasier par les pillards.
Ensuite. Le vide. Le néant. Reparti en direction de son ancien village, il...il ne parvient pas à se souvenir de ce qui lui était advenu entre temps.

Avançant péniblement, il sent ses forces le quitter petit à petit.
Ses lèvres, sèches, craquelées sont comme soudées entre elles.
Sa langue, gonflée par la soif, n'est plus qu'un muscle inerte dans sa bouche.
Sa peau, pourtant tanée, est brûlée par le soleil, des cloques apparaissant sur ses épaules.


N'avait il donc pas il y a encore quelques secondes une cape sur le dos?

Qu'importe.
Là. Devant. Une silhouette. Longue robe noire, turban gris anthracite. Démarche souple et assurée. Gourdes en bandouillère.
Seuls les yeux de l'inconnu étaient visibles. Verts. Une mèche de cheveux teintée de rouge dépassait d'entre les pièces de tissu.
La main dextre tient une arme. Un couteau en demi lune, menaçant.
Un voleur, ou quelconque détrousseur de voyageur perdu.
Il doit se battre. Pour sa vie.
*


Le froid. Vif. Transperçant.
Muscles bandés, mâchoire serrée, les yeux embrumés par son hallucination, l'homme s'apprêtait à bondir sur sa cible, son esprit, resté prisonnier de ce décors désertique, revivant une fois de plus un événement vécu plusieurs années auparavant.

Doute. Pourquoi diable son adversaire était en train de baisser sa garde, ramenant son bras contre son flanc.
Pourquoi donc ce regard, toujours couleur emeraude, se faisait soudainement moins violent.
Pourquoi cette mèche rouge était elle devenue flamboyante chevelure rousse.



Le bonjour, frère… pardonne moi pour ce geste involontaire...

Non. Impossible. Frère. Cette voix. Une femme.
Secouant la tête, Enguerrand produisit un effort supplémentaire, poussant son esprit à effectuer ce tri auquel il se refusait.
Lentement, le décors changea, le désert disparaissant en lambeaux flottant devant ses yeux, faisant place à un paysage hivernal, l'homme enturbanné devant lui cédant le pas à une jeune femme bienveillante.
Une nouvelle fois, son esprit troublé avait eu raison de sa volonté.
Une nouvelle fois, il s'était laissé manipuler par cette imagination perturbée.

Elle avait vu son trouble. Elle s'était forcément aperçue qu'il était prêt à bondir sur elle. Il devait...expliquer...
Hésitant, il resta immobile quelques secondes, prenant le temps de relâcher la tension et la rage qui venaient de le submerger.
Le regard se fit plus serein, une esquisse de sourire parvint même à se frayer un chemin sur ce visage tendu.
Une voix, hésitante et faible perça le silence qui venait de s'installer.


Soeur, pardonne moi, je...Ces visions...j'ai cru...un instant...mon passé...

Trop difficile à expliquer en quelques mots. Bien peu, dans son entourage, savaient les tourments qu'il traversait, connaissaient les errements dans lesquels il était plongé. Trop peu, et tant déjà.

Je...ce n'est rien...je t'ai interrompue, et je m'en vois navré...Puis je...puis je te parler un instant?

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Cerridween

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Ven 29 Fév 2008 - 10:03

Cerridween respire…

Enguerrand redevenait celui qu’elle connaissait maintenant… mais elle avait eu peur. Comment décrire ce visage qui lui était apparu lorsqu’elle avait levé son poignard ? Un masque de haine ? Le visage d’un fou ? Des pupilles dilatées, tant qu’elle ne pouvait plus voir le brun de sa pupille, une mâchoire saillante, serrée à en exploser, des poings prêts à l’assommer de toute leur puissance… regard profond, étranger, perçant, dangereux… respiration saccadée, folle, qui faisait soulever sa poitrine…. tout son être était tendu vers la rousse, elle pouvait sentir la crispation de tous ses muscles, la tension du corps de cet autre devant elle, menaçant et déterminé, comme une bête sauvage, félin aux aguets prête à bondir sur sa proie. Sa main dans un mouvement de survie avait enserré la garde de son poignard avec violence, prête à agir et à frapper.

Mais d’un coup, les yeux sombres d’Enguerrand étaient redevenus brun ambre, délaissant la haine pour faire place à une grande interrogation. Bien qu’il soit toujours tendu comme une corde d’arc prêt à décocher une flèche meurtrière, ce regard est bien le sien… un regard perdu qui cherche à comprendre. Il la regarde comme si elle venait d’apparaître à ses yeux, la voix de la rousse semble le dérouter plus que le chant d’une sirène. Cerridween toujours crispée sur son poignard attend, tiraillée entre peur et soulagement, et scrute son frère. Lentement sans mot dire, il semble réintégrer sa personne, habiter ses vêtements aux teintes sombres, sentir sa cape frappée de la Licorne, remplir ses bottes de cuir depuis lesquelles, quelques secondes auparavant, il semblait vouloir bondir pour l’égorger. Il semblait découvrir le monde comme un nouveau né, étonné de trouver ce paysage froid et gris. Enguerrand dévisage la rouquine avec autant d’étonnement que de détresse… la rousse décrispa doucement la main de son poignard, ne disant rien, laissant Enguerrand reprendre ses esprits. Que peut-elle dire de rassurant alors qu’elle-même sent encore dans sa poitrine, le rythme de son cœur emballé comme un cheval au galop et qu’elle ne doit comprendre que peu de chose à ce que vient de traverser son frère ?

La tension qui habitait son corps semblait s’envoler avec la brise qui faisait voleter ses boucles feu. Comme une marée qui quitte le rivage, la haine qui tenait il y a quelques secondes Engerrand semble le laisser, lui rendant ses facultés, son visage, sa respiration tranquille et la posture familière à la rousse.
Faible sourire, regard ouvert… il est donc vraiment là.
Sa voix vient enfin rompre le silence entre les deux frères d’armes, qui s’était fait pesant un temps :


Soeur, pardonne moi, je...Ces visions...j'ai cru...un instant...mon passé...

Cerridween sourit doucement… elle avait entendu parler des visions qui venaient hanter son frère lorsqu’il était éveillé. Elle venait d’en vivre une et comprenait maintenant le calvaire qu’il était en train d’endurer. La rousse d’un coup se sent bien désemparée… existe-t-il un remède à cette folie passagère ? Peut-on l’aider d’une quelconque façon ? Elle se promet de se plonger plus amplement dans des lectures sur le sujet. Pour l’instant son frère d’arme a besoin de réconfort. Lentement, la rousse pose une main sur l’épaule d’Enguerrand et lui sourit. Pas besoin de mots, pour l’instant… la voix d’Enguerrand est hésitante, mal assurée, faible comme une flamme de bougie qui se meurt.

Je...ce n'est rien...je t'ai interrompue, et je m'en vois navré...Puis je...puis je te parler un instant?

Cerridween sourit et enlève doucement sa main de l’épaule de son frère… sa voix est douce et calme lorsqu’elle lui répond avec un sourire apaisant :

Ne sois pas navré, Enguerrand, je pense que je me suis assez entraînée pour la journée… de plus, si tu as besoin de moi, tu peux m’interrompre et venir me voir à toute heure du jour ou de la nuit. Ne suis-je pas ta sœur d’arme, nouvel Errant ?

Elle lui sourit de nouveau et essuie le poignard avant de le ranger dans son dos, prenant bien soin de faire des gestes lents et posés, pour ne pas déclencher une nouvelle vague de folie chez son interlocuteur. Des questions, elle en a plein la tête... mais il lui donnera les réponses en temps voulu. Sa gêne est visible et palpable, la rousse ne veut pas le mettre plus mal à l'aise encore. Lui permettre de retrouver son calme et avoir sa confiance, pour qu'il lui livre ses secrets et qu'elle y trouve les remèdes... il faut quitter ce lieu, même de quelques pas.

Allons nous asseoir, mon frère, nous serons plus à notre aise à l’abri du vent dans la forêt.

La rousse lui indique de la main un tronc abattu et moussu à la lisière du bois et va s’y asseoir silencieusement avec lui. Légère grimace lorsqu'elle se pose... ses blessures à elle sont encore vives, même si apparement plus physique qu'Enguerrand. Une fois installée, elle lui demande d’une voix apaisante et calme :

Que puis-je pour toi, frère ?

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Ven 29 Fév 2008 - 11:56

Contact de la main de la jeune femme sur son épaule senestre. Geste simple, rassurant, chaleureux.
Sensation physique l'aidant à garder pied dans cette réalité, sans sombrer à nouveau dans ce monde de cauchemars.
Silence. Sourire. Voix apaisante. Paroles réconfortantes qui, elles aussi, l'aidaient à aténuer la tension qu'il éprouvait encore.
La jeune femme avait noté son trouble, son brusque changement d'humeur et d'attitude l'ayant fort logiquement effrayée. Réflexes de guerrière revenant au premier plan, elle avait adopté posture défensive, avant de se relâcher à nouveau.

Pourquoi diable était il donc venu quérir son aide en ce jour précis. Il avait certes besoin de ses connaissances, sans quoi il devrait errer à la recherche de ce qui pourrait le calmer. Mais comment expliquer à la jeune femme ce qu'il ressentait, ce qui le troublait, après pareille entrée en matière.


Allons nous asseoir, mon frère, nous serons plus à notre aise à l’abri du vent dans la forêt.

Hochement de tête de la part de l'errant.
S'assoir. Prendre quelque repos après sa course récente et son violent accès délirant. Soulager son corps meurtri, s'octroyer quelques instants supplémentaires pour redresser son âme perturbée.
Suivant la jeune femme, il nota avec inquiétude un signe de douleur lorsque celle ci s'assit sur le vieux tronc d'arbre.
Aurait elle également reçu navrures? Il savait qu'elle avait dû combattre il y a peu, il en avait eu les échos. Combat qui avait été la cause de la mort du Commandeur Kratos. Son propre frère.
Elle aussi avait du endurer de terribles souffrances, et cet air triste et désemparé qu'elle affichait par instant depuis quelque temps devait en être la conséquence parfaitement logique.

Pourquoi n'avait il pas réfléchi à celà auparavant?
Pourquoi, sans se préoccuper des tourments de cette soeur, avait il absolument tenu à aller chercher son aide.
Se mordant les lèvres, il regretta soudain de se trouver ici, devant elle. Un instant, il fut prêt à trouver quelque excuse pour rebrousser chemin, mais une violent élancement douloureux de son flanc gauche vint lui rappeler la raison de sa venue. Impitoyable corps qui, avec ses armes propres, savait le rappeler à son bon souvenir quand le besoin s'en faisait ressentir.

Toujours debout, face à la jeune femme, il s'entoura de sa cape, puis s'assit à ses côtés, serrant les dents, le teint pâle, s'efforçant de ne pas laisser le mal prendre le contrôle de ses actions.
Respirant profondément, il laissa la vague douloureuse refluer, incapable de prononcer le moindre mot.
Le regard fixe en direction de la forteresse, ses hauts et solides murs barrant l'horizon, il laissa s'écouler de longues secondes avant de prendre la parole.

Lorsque ses forces furent revenues, il se tourna vers sa soeur, articulant lentement, d'une voix se voulant calme et posée.


Cerridween. Pardonne moi de venir t'importuner en pareil moment, après toutes ces épreuves, mais j'ai...grand besoin de ton aide.

Une pause, l'errant scrutant le regard de son interlocutrice, y cherchant la force de continuer son discours. Celle ci était attentive, souriant toujours légèrement, un voile de tristesse effleurant tout juste un instant son visage à l'évocation des événements récents.
Poursuivre.


Les blessures reçues à Vendôme me dolent au plus haut point. Les soins furent bons et efficaces, les plaies sont propres. Je crois que la souffrance est bien plus profonde. Je...

Devait il lui faire part de ses visions, de ces rêves qui le hantaient. Devait il ouvrir son âme à la jeune femme, au risque de montrer ses faiblesses, ses blessures les plus intimes et les plus personnelles.
Il ne pouvait plus reculer de toute façon. Ce dont il avait besoin, seule sa soeur pouvait le lui apporter. Il se devait donc de tout expliquer au mieux.
Nouvelle bouffée d'air, profonde, cherchant des forces supplémentaires.


Je suis hanté de visions, de cauchemars, d'hallucinations qui me ramènent sans cesse à ma vie passée, ma vie en Orient, avant que je n'arrive en France. Je viens encore d'en vivre une, à l'instant, comme tu l'as visiblement remarqué.
J'ai mal Cerrid. Une douleur physique alliée à une douleur morale, qui me tuent à petit feu.
J'ai..j'ai besoin de quelque chose qui pourrait calmer ces souffrances, aténuer mes tourments. Je...


Phrase en suspens, l'homme n'ayant plus la force de poursuivre plus avant sa phrase. Tout avait été dit. Ou presque. Il ne voulait lui parler de l'opium qu'il avait trouvé à Vendôme, ni de ces étranges plantes vendues par un herboriste et qu'il avait commencées à consommer depuis son retour à Ryes. Substances qui, déjà, ne lui apportaient presque plus aucun soutien.
Il ne voulait pas aborder celà, de crainte qu'elle ne lui refuse son aide.

Peur.
Il avait peur.
Peur d'un se retrouver seul, sans soutien pour affronter ces ennemis personnels qui le détruisaient petit à petit.

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Mar 4 Mar 2008 - 17:45

Le silence s’installe…
Engerrand semble hésiter un instant à s’asseoir. La rousse assise sur le tronc moussu attend… Le vent doucement fait virevolter les feuilles, sifflant dans les branches des arbres une complainte lancinante. Virevoltement de cape enfin, celle d’Engerrand qui s’assoit près d’elle. La rousse n’ose poser son regard sur l’Errant de peur de le mettre mal à l’aise, car ce qu’il veut lui confier semble pesant, jetant sur l’atmosphère de l’orée du bois, entre les deux frères d’armes, une chape de plomb légèrement amoindri par le souffle hivernal qui danse devant leurs yeux. Son frère lui fait penser à une âme égarée dans sa cape anthracite qui l’englobe, presque ton sur ton avec son masque blême à travers des mèches folles que le vent s’amuse par moment à malmener, seuls éléments mouvement de ce visage marqué par la tourmente et le manque de sommeil, souligné de noir et crispé par la préoccupation. Quelques secondes encore à écouter le vent avant que la voix d’Enguerrand vienne troubler le silence :


Cerridween. Pardonne moi de venir t'importuner en pareil moment, après toutes ces épreuves, mais j'ai...grand besoin de ton aide.

Epreuves…
Sang
Masque de tissu
Fracas d’une hache
Cri déchirant le ciel blanc de janvier…
Vision qui fait frissonner la rousse à travers son mantel noir… non ne pas y penser… la rousse serre les dents. Cherchant un échappatoire, son regard fuyant au loin tombe sur le poteau de bois qu’elle a visé pendant tout l’après midi durant et lacéré de coups…
Sa main qui frappe
Hurlement de démon
Dague qui s’enfonce encore et encore
Regard vitreux d’un homme au regard torve, déchiqueté, tailladé, sanguinolent…
La rousse ferme les yeux un instant… sentir la mousse sous ses doigts, sentir le vent sur son visage, les parfums de tourbe humide qui montent de la terre, les murs de Ryes tout proches et si rassurants, le présent et non l’horreur. Se rappeler les derniers mots de son frère : j’ai grand besoin de ton aide. Cerridween réouvre les yeux sur le présent. Elle se compose un visage serein et un sourire, qui sera convaincant même si discret… non qu’elle ne veuille pas l’aider. Mais que l’horreur mettra encore du temps à la lâcher. Se concentrer sur son mal pour oublier le sien… le seul qui arrive à lui faire oublier la mort et le sang.

Enguerrand commence son récit… hâché par l’émotion et surtout la difficulté d’offrir à la vue de la rousse ses tourments les plus profonds…

Je suis hanté de visions, de cauchemars, d'hallucinations qui me ramènent sans cesse à ma vie passée, ma vie en Orient, avant que je n'arrive en France. Je viens encore d'en vivre une, à l'instant, comme tu l'as visiblement remarqué.
J'ai mal Cerrid. Une douleur physique alliée à une douleur morale, qui me tuent à petit feu.
J'ai..j'ai besoin de quelque chose qui pourrait calmer ces souffrances, aténuer mes tourments. Je...


La voix de l’Errant se perd dans la faible bourrasque qui passe… Cerridween a compris. Elle sait sa douleur… à cet instant elle se sent plus proche d’Enguerrand qu’elle ne l’a jamais été auparavant. Cette impression de se voir dans un miroir est à la fois déroutante et rassurante, paradoxe vivant et reflet de leurs maux. Ils sont tous les deux Errants, par le grade et les faits. Errants tous deux en fuyant leur passé, à la poursuite d’une échappatoire, d’un havre de paix. Ce passé qui les hante, les obsède, dirige leurs gestes et leurs pensées au quotidien. Enguerrand semble cependant plus en souffrir que la rousse dont les visions passagères n’altèrent pas le jugement. Il suffit qu’elle se rappelle du visage de l’Errant lorsqu’elle s’était retournée avec son poignard menaçant à la main. Une différence les séparent. Cerridween essai de trouver une place depuis la perte de son frère dans sa propre existence. Elle a quitté la lumière depuis que son astre du jour est parti et cherche dans la nuit la lumière qui manque à son existence, se frayant un chemin dans les méandres sombres et tortueux de la culpabilité, du souvenir et du remord et se laissant entraîner par la mélopée de la vengeance. Lui erre encore dans les vestiges de son passé dans les méandres de sa mémoire, qui comme une amante infidèle, le garde sous son emprise et le lâche dans la folie au grès de ses humeurs. Cerridween cherche à combler le manque permanent qu’a laissé Raphaël dans sa poitrine, Enguerrand cherche à chassé le démon qui l’habite.

La rousse reste un instant silencieuse… comment lui porter de l’aide dans un domaine qu’elle connaît si peu ? Son savoir en matière de plante qui font cicatriser les corps est fournie, mais concernant celles qui font oublier et soignent les maux de l’âme est bien mince. Elle lève les yeux vers Enguerrand et croise un regard chargé d’espoir et de désespoir mêlé … elle peut entre son appel au secours, hurlant à travers ses yeux ambres implorants, comme un pénitent à genoux attendant de recevoir la rédemption céleste. Lui parler et le rassurer, pour ne pas le laisser dans les affres du doute et de l’attente :


Frère, je t’avoue ma maigre connaissance en matière des maux de l’âme… je mettrai cependant tout en œuvre pour t’aider, tu as m’a parole. Te voir souffrir de cette manière m’est insupportable… mais pour cela il faut que tu m’aides. Que tu me parles de tes douleurs et de tes visions….

Elle marque une pause, consciente de lui demander quelque chose de difficile. Elle se rappelle du récit laborieux de l’attaque sur la route de Beaumont fait à sa suzeraine…Les mots étaient venu difficilement, dans la douleur et avec la peine de ne pouvoir décrire tout ce qu’elle ressentait. Elle continue d’une voix douce :

En fonction de ce que tu me diras, je mettrai toutes mes connaissances en œuvre pour trouver le ou les remèdes qui pourront t’apporter la paix… dis moi où sont tes douleurs physiques… il faut que je sache quand apparaissent tes visions également… sans ces indications je serai limitée dans mes recherches et peu efficace à te soulager…

Cerridween pose une main sur celle d’Enguerrand… compagnon d’Errance, la route n’est pas terminée, elle commence juste…

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Mar 4 Mar 2008 - 19:25

Compassion.
En pareils instants, ce mot prenait toute sa signification, reprenant sa valeur littérale, souffrir avec.
Il s’agissait bien ici de deux êtres souffrant ou ayant souffert plus que de raison.
Chacun à sa façon, ils portaient les stigmates de leurs peines et de leurs blessures.
Mais dans le regard de la rousse se reflétait des images de force et de vengeance, tandis que lui n’avait plus la force que de chercher une échappatoire, quelque paradis artificiel qui saurait, pour quelques instants, le libérer de ce poids qui le minait, le hantant au quotidien.

Paroles sages. Voix réconfortante.
Même les traits de l’errante s’étaient imperceptiblement modifiés, comme si celle-ci parvenait à puiser sa force dans sa volonté d’aider son frère.
Le discours se voulait logique, attentif. Les gestes étaient calmes, doux, reposants.
Un voile traversait par instant le regard de la jeune femme, comme si de brusques émotions refaisaient par moment surface, émergeant brièvement avant d’être à nouveau contrôlées.
A moins que ce ne soit l’image qu’il présentait à sa sœur qui inquiétait celle-ci...
Plusieurs jours déjà qu’il était rentré en la forteresse. Qu’avait il fait durant tout ce temps ? Aucun souvenir ne parvenait à percer son esprit fatigué.
Errance. Rêveries éveillées. Sommeil agité. Des cauchemars, toujours les mêmes, revenant de façon incessante, minant son sommeil déjà réduit comme peau de chagrin.

Elle lui demandait de décrire ce qu’il ressentait, ce qu’il vivait.
Par ou commencer ? Et surtout, comment mettre des mots là où lui-même ne parvenait pas à entamer quelconque réflexion logique.
Douleur physique ou visions.
Que dire. Que décrire.
La souffrance tout d’abord. Bien sur. Une évidence. Elle le hantait depuis tellement longtemps maintenant, qu’elle faisait partie de son être.
Quelques instants de réflexion, le regard perdu dans le vide, rassemblant ses esprits, tentant de construire discours cohérent et compréhensible. Dieu qu’il était difficile d’ouvrir son âme à une autre personne, fut elle attentive et prête à apporter aide et soutien.
Exprimer son malaise ne serait il pas au fond qu’une façon détournée d’ouvrir la boite de Pandore, déversant tout ce que son âme avait de plus noire.

Respirer.


Mes douleurs…Depuis la bataille…depuis…Une pause. Avancer. Il devait poursuivre. Depuis mes blessures, mon corps tout entier n’est plus que souffrance. Mon épaule dextre me dol. Ma cuisse senestre me fait souffrir constamment. Mais…mais ce qui m’afflige le plus est la navrure reçue en mon flanc. J’ai parfois l’impression qu’à nouveau on m’enfonce lance acérée dans mes chairs…Je…

A l’évocation de ces maux, il ne put parler plus avant. La douleur, personnifiée par cette explication venait de le tenailler à nouveau, comme si elle voulait qu'il puisse la décrire avec encore plus de précision, n’omettant aucun des détails qui transformaient son corps en masse souffrante.
Pâleur.
Transpirant à grosses gouttes, il concentra son esprit sur les frondaisons du sous bois.
Calmer son souffle. Ralentir ce cœur qui battait à tout rompre.
Affronter sa peur.
D’une voix hésitante et rauque, il reprit, hachant ses mots à mesure qu’il progressait.


Je sais que la plaie est propre. Les soins furent bons et menés consciencieusement. Pour avoir reçu tant et tant de blessures en combat, je ne m’explique pas pourquoi je ressens toutes ces souffrances. Peut être est ce en rapport avec mon esprit. Ces hallucinations qui…

Assez!
L’effort était trop intense. A cette simple évocation, une nuée de visions l’assaillirent en même temps, envahissant ses pensées, se mêlant en une sarabande démente et tortueuse.
Passé et présent s’entremêlaient, indisssociables.
Images délirantes, corps déformés, étirés par les hallucinations, s’imprimaient sur des souvenirs aussi clairs que s’il était en train de les vivre en cet instant présent.
Souffle de vent chaud qui de nouveau se levait.
Non !
Il ne devait pas se laisser submerger. Lutter. Il fallait lutter.
Mordant l’intérieur de ses joues aussi violemment que possible, sentant le gout âcre et métallique du sang qui envahissait sa bouche, il parvint à reprendre le contrôle de ses émotions, la douleur provoquée prenant le pas sur les délires apparus.

Regard vers sa sœur, sa main toujours posée sur la sienne.


Pardonne-moi, Cerrid. Je…il me faut une pause. Il ne faut pas…que…les visions…elles sont là…autour de moi…attendant tout moment de faiblesse pour monter à l’assaut de mon esprit…

Du repos.
Se mordre une nouvelle fois. Ressentir cette étrange sensation d’infliger souffrance volontaire à son corps. Illusion d’un contrôle plus que partiel. Mutilation volontaire. Echappée artificielle.
Tout plutôt qu’à nouveau se laisser envahir.

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Mer 5 Mar 2008 - 12:54

Silence encore…

Un frère avec le regard perdu dans le vide à la recherche de mots à mettre sur les siens… Cerridween attend encore. Elle sait la difficulté de dire les blessures les plus intimes, les plaies de l’âme, la sienne étant ouverte d’un coup de lame profond et puissant, toujours sanguinolent. Elle aurait pu lui faire part de ses visions à elle, de ses peurs et des visages qui hantaient ses nuits, de sa peine qui la broyait et mangeait sa force vive… aurait-elle dû ? Son frère aurait peut-être eu plus confiance en elle pour se confier. Mais le fil de confiance et de paix relative qui la lie à l’Errant est si mince, si tenu, fine toile d’araignée tissée avec peine, qu’elle a peur d’un souffle, d’une parole, de briser… elle garde donc le silence, suivant dans les yeux de son frère, le combat silencieux qu’il mène contre lui-même pour exprimer son mal…

La respiration d’Enguerrand vient se mêler au vent, taquinant toujours les cheveux et les mantels des deux Errants… la rousse perdue dans la contemplation de la prairie autour de Ryes, étendue verte et mouvante sous le souffle marin venu du nord, parcouru de clair obscur créé par les rayons du soleil qui arrive par endroit à se frayeur un chemin entre les nuages qui passent, menaçants et bas, troupeau aux ordres d’Eole… un instant elle se sent chez elle dans ce paysage gris et lumineux. Oublié le sud et son soleil aveuglant… le paysage de Normandie l’apaise… il lui semble un instant qu’il lui est plus facile ici de porter le noir du deuil. Il y a dans l’herbe, les nuages et le vent, un parfum de mélancolie, un air de douce tristesse, qui semble porter les chagrins et les peines.

Le soupir d’Enguerrand la rappelle au moment présent… un à un, l’Errant égraine des mots et tente d’éclairer la rousse…


Mes douleurs…Depuis la bataille…depuis…
Depuis mes blessures, mon corps tout entier n’est plus que souffrance. Mon épaule dextre me dol. Ma cuisse senestre me fait souffrir constamment. Mais…mais ce qui m’afflige le plus est la navrure reçue en mon flanc. J’ai parfois l’impression qu’à nouveau on m’enfonce lance acérée dans mes chairs…Je…


La rousse serre un poing… Enguerrand semble souffrir plus que nécessaire…
Sa mâchoire saillante trahit un effort pour ne pas crier. Des gouttes de sueurs commencent à perler sur son front et les ailes de son nez. La rousse voit sa poitrine qui se soulève de plus en plus rapide, sous la toile de sa chemise de lin…
L’Errante allait réagir me se retient, difficilement… Enguerrand avec courage continue son récit…

Je sais que la plaie est propre. Les soins furent bons et menés consciencieusement. Pour avoir reçu tant et tant de blessures en combat, je ne m’explique pas pourquoi je ressens toutes ces souffrances. Peut être est ce en rapport avec mon esprit. Ces hallucinations qui…

Nouvel arrêt… respiration qui s’accélère… le visage de l’Errant est maintenant piqueté de perles de sueur. Elle voit le torse de son frère vaciller, comme un mat dans une tempête. Elle voit les traits tirés par l’effort, les yeux d’Engerrand qui cherche une échappatoire, les pupilles qui se dilatent, elle sent ses doigts qui serrent de plus en plus sa main…

Pardonne-moi, Cerrid. Je…il me faut une pause. Il ne faut pas…que…les visions…elles sont là…autour de moi…attendant tout moment de faiblesse pour monter à l’assaut de mon esprit…


La rousse se lève prestement… elle est maintenant à genou au pied d’Enguerrand. Elle ouvre son sac d’herboriste qui ne quitte pas sa ceinture et en sort une toute petite poche de tissu qu’elle ouvre. Elle l’approche des narines d’Enguerrand… la myrrhe… parfum puissant et salvateur… elle espère qu’il gardera ses esprits grâce à cette fragrance. C'est le seul remède qu'elle ait sous la main et d'une utilité immédiate... pourvu qu'il tienne, il n'y a personne aux alentours et l'infirmerie est bien loin...
De l’autre main, elle attrape un bout de sa chemise sable et essuie les gouttes de sueur qui macule le visage torturé de l’Errant… elle essaie de le rassurer, du mieux possible, en plongeant ses yeux dans les siens et en parlant d’une voix douce malgré la peur qui commence à faire battre son cœur.


Je suis là… regarde moi… pardieu que tu es pâle… depuis quand n’as-tu pas dormi… il faut que je te donne du pavot, sans repos tu ne pourras pas lutter, frère…

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Mer 5 Mar 2008 - 15:38

Cette douleur.
Peut être était ce la solution. S’infliger ses propres souffrances pour ne plus subir celles imposées par son corps.
Images de ces guerriers du désert lacérés de scarifications tribales, aux courbes entremêlées sur leurs peaux tannées par le soleil.
Se mordre.
Plus fort encore. Faire fuir cette vision. Ne pas se laisser entrainer dans la pente périlleuse des souvenirs de ce lointain passé.

Silhouette mouvante de sa sœur, venant se placer devant lui, agenouillée.
Une ôdeur.
Montant dans son cerveau, ravivant ces souvenirs contre lesquels il luttait âprement.
La myrrhe.
Vent brûlant soufflant autour du duo.


La prairie s’estompe lentement, faisant place à un décor chaleureux, arrière cours d’une riche maison. Arabesques aux couleurs chamarrées dessinées par d’habiles mains sur les murs de la demeure. Un fin jet d’eau jaillit d’une fontaine de marbre, emplissant les lieux d’une douce mélodie aquatique. Des grands palmiers ont été plantés aux quatre coins de la cour, apportant ombre et fraicheur sous ce soleil écrasant. Leurs grandes feuilles presque se reliant au milieu de l’espace découvert, dessinant voute naturelle au dessus de leurs têtes.

Il est allongé sur un divan ocre, au bois travaillé, finement ciselé d’une fresque représentant scène de bataille antique.
Recouvert d’une longue chemise de soie, ses cheveux ont été coupés et sa barbe taillée.
Seules les brulures maculant sa peau et ses lèvres craquelées marquent son passage récent dans le désert, stigmates d’une errance qui faillit lui couter la vie.

Une jeune femme voilée, drapée d’une somptueuse pièce d’étoffe aux tons pastels est agenouillée devant lui, portant dans une main carafe d’or et d’argent, versant liquide rouge sang dans une coupelle du même métal.
Ce parfum.
Myrrhe et rose mêlés
La jeune femme semble s’être ointe d’une huile parfumée aux délicieuses fragrances capiteuses et envoutantes.
Son être soudain semble ravivé par cette subtile effluve, ses sens en éveil.
Il peut observer la mince fente de son voile, découvrant un regard aux teintes émeraudes, vif, perspicace, mais aussi empreint de douceur et d’attention.

Ou peut-il être ?
Il se souvient de son combat contre le voleur dans le désert. Sa lutte désespérée.
Il l’avait occis, il en était maintenant persuadé. Puis, plus rien. Le vide. Pour finalement se réveiller ici, en ce lieu, soigné, lavé, ramené d’entre les bras de la mort.
Qui donc pouvaient être ces gens prenant soin d’un inconnu, vagabond piteux et égaré ?

La jeune femme lui tend maintenant son verre, le regard rassurant.
D’une main encore faible, il tente de prendre la coupelle offerte, ses doigts se refermant sur le vide.
La jeune femme passe linge délicat et parfumé sur son front desséché.
Sensation d’apaisement. Il transpire à grosses gouttes. La chaleur, probablement.
Une voix. Douce. Connue. Aurait-il déjà croisé cette personne auparavant ?
Il se penche en avant, voulant la questionner, tenter de répondre à ses questions.
Une douleur l’élance à nouveau, transperçant son flanc gauche.
Douleur.


LA DOULEUR.
Rappelant son esprit dans l’univers présent, le happant depuis ce songe éveillé.
A nouveau la faiblesse, les craintes, les doutes.
A nouveau la souffrance l’envahissant.



Je suis là… regarde moi… pardieu que tu es pâle… depuis quand n’as-tu pas dormi… il faut que je te donne du pavot, sans repos tu ne pourras pas lutter, frère…


Regard perdu. Un champ. Une forteresse. L’hiver. Ryès.
Instants de trouble. Quel est le rêve. Cette vue, ou la précédente.
Où est la réalité.
Vapeurs de myrrhe effleurant ses sens.
Voilà cause de cette vision.


Sœur. Je t’en supplie, referme ce sachet…il…il ravive des souvenirs par trop douloureux. Je…je suis désolé…

Regard qui se baisse, respiration se faisant lente et fatiguée.

Depuis quand n’ai-je dormi. Je ne sais. Chaque moment de sommeil est hanté par des cauchemars, des visions. Je parviens parfois à somnoler un instant, avant de me réveiller brusquement, en sueur, les yeux encore pleins d’images délirantes. Je préfère encore rester éveillé. La douleur, elle au moins est bien réelle…

Profond soupire. Puiser le courage de tout raconter, expliquer ce qu’il ressentait.
Il savait sa sœur fragilisée et tourmentée elle aussi, depuis la perte de son frère.
Il savait qu’elle comprendrait les épreuves qu’il devait traverser.
Encore un instant, une hésitation, puis enfin les portes s’ouvrirent, laissant se déverser les paroles retenues.


Sœur. Je ne sais plus ce qu’est la réalité. Sans cesse, je suis assailli de visions venant s’emparer de ma vie, brouillant mes sens, engluant mon esprit. Je revis des moments terribles vécus alors que j’étais encore en Orient. La mort de ma femme, de mes deux enfants, tués par des brigands ottomans. Mon errance vers Saint Jean d’Acre. Le refus de se voir apporter aide et soutien par les instances politiques et religieuses de la ville. Ma tentative pour reprendre mes terres, venger les morts. Toutes ces images inondent mon âme, me perdent.

Poursuivre? Ne pas s’arrêter. Vider son esprit de tous ces maux le hantant. Abrupte, sa voix continua son discours, presque indépendante de sa volonté.

Elles sont si réelles. Une pensée, une image, une odeur me projettent là bas, me faisant revivre sans cesse ces tourments passés. Si réelles que parfois je ne sais plus ou je suis réellement. Ici, ou là bas, sur ces terres saintes, arides et pourtant si convoitées. Je crains qu’un jour je ne parvienne pas à en revenir, restant prisonnier de ces songes, de ces délires, pour ne plus jamais reprendre contact avec le présent, la réalité.
Il…il me faut de l’aide. Je n’arrive à lutter seul contre ces deux souffrances. L’une physique, l’autre morale. J’ai…j’ai besoin de toi, de ta connaissance des plantes qui, peut être, sauront me délivrer de mes tourments.


Enfin, il se tut. Tout avait été dit. Ou presque. Bien plus qu’il n’avait réussi à exprimer depuis si longtemps. Sa sœur faisait désormais partie de ce cercle fermé, de ces rares personnes connaissant toutes ses peines et ses souffrances actuelles. Comment allait-elle réagir à ces explications, à cette demande. Que Dieu fasse qu’elle se montre compatissante et lui apporte le secours dont il avait tant besoin. Dieu ? Ou était-il d’ailleurs, celui que l’on priait en ces instants où on avait le plus besoin de lui et qui jamais ne se montrait au croyant égaré.

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Jeu 6 Mar 2008 - 16:07

La rousse trésaille…

Il est reparti loin… dans le monde que la rousse entraperçoit mais ne comprend pas bien encore. Son visage vient de se transformer à nouveau. Imperceptiblement il est devenu plus dur… comme si un esprit venait de s’emparer du corps de son frère, comme la première fois, c’est un autre Enguerrand qui sous le coup d’une bourrasque vient d’apparaître. Le plus effrayant reste ses yeux : les pupilles tellement dilatées que l’iris d’ambre disparaît, laissant à la place deux grandes prunelles noires qui la fixent, étrangères. Le cœur de la rousse bat la chamade… elle reste pétrifiée. Pétrifiée par ce regard qui en une seconde vient d’apparaître et qui la regarde, si proche et si intense, comme si elle n’existait pas ou qu’elle venait de se transformer elle aussi… pétrifiée et prise de court, la rousse se cramponne à ce petit sac de toile qu’elle a dans la main droite, alors que sa main gauche vient de suspendre son geste et qui, réflexe de survie et de surprise, vient vivement de lâcher sa chemise et de s’éloigner du visage de son frère…

La rousse tente de faire taire sa peur et réfléchit du mieux qu’elle peut… que faire, pardieu ? Le frapper pour le réveiller ? L’appeler ? Le laisser s’échapper seul de sa prison d’illusion ? La rousse reste statue de cire se préparant au pire… d’un coup Enguerrand reprend corps. Grimaçant sous un douleur qui lui déforme le visage et semble lui vriller le ventre. Il a l’air encore plus abattu que précédemment, les tempes de nouveau trempées de sueur, les yeux cherchant des repères familiers, redevenu ceux qu’elle connaissait…


Sœur. Je t’en supplie, referme ce sachet…il…il ravive des souvenirs par trop douloureux. Je…je suis désolé…

La rousse obtempère rapidement… elle noue le cordon du sachet et le glisse dans sa trousse d’herboriste qu’elle referme… l’odeur est rapidement dissipée par la bourrasque que la rousse bénie à l’instant. Quelle sotte… voilà qu’elle avait été la cause d’une de ses hallucinations… Elle regarde avec anxiété Enguerrand, toujours aussi désemparée et le cœur se teintant de culpabilité… il reprend doucement sa respiration, les yeux baissés sur la mousse qui macule le sol… premiers mots, premières phrases qui ensuite deviennent rivière et flot ininterrompus :

Depuis quand n’ai-je dormi. Je ne sais. Chaque moment de sommeil est hanté par des cauchemars, des visions. Je parviens parfois à somnoler un instant, avant de me réveiller brusquement, en sueur, les yeux encore pleins d’images délirantes. Je préfère encore rester éveillé. La douleur, elle au moins est bien réelle…

Sœur. Je ne sais plus ce qu’est la réalité. Sans cesse, je suis assailli de visions venant s’emparer de ma vie, brouillant mes sens, engluant mon esprit. Je revis des moments terribles vécus alors que j’étais encore en Orient. La mort de ma femme, de mes deux enfants, tués par des brigands ottomans. Mon errance vers Saint Jean d’Acre. Le refus de se voir apporter aide et soutien par les instances politiques et religieuses de la ville. Ma tentative pour reprendre mes terres, venger les morts. Toutes ces images inondent mon âme, me perdent.


La rousse se mord la lèvre… la myrrhe… elle vient de comprendre son erreur et sa faute… parfum d’orient, de cet espace lointain qui semble avoir été celui de tous les malheurs pour son frère d’arme. La perte d’une famille… pardieu… qu’il avait bien caché cela jusqu’à ce jour ce frère, souriant et calme… la rousse savait la douleur de perdre un frère. Que devait être celle de perdre une femme et des enfants… la figure brune de sa fille passe un instant dans sa tête. Laïs… un frisson lui glace l’échine. Pardieu quel sentiment atroce… le cœur de la rousse a cet instant se remplit d’un sentiment de panique et de vide, instinct maternel, animal et viscéral… la vie n’a pas épargné son frère…
Le flot de parole continue, comme sorti d’un barrage rompu, se déversant, violent et entrecoupé, et emplissant l’espace.


Elles sont si réelles. Une pensée, une image, une odeur me projettent là bas, me faisant revivre sans cesse ces tourments passés. Si réelles que parfois je ne sais plus ou je suis réellement. Ici, ou là bas, sur ces terres saintes, arides et pourtant si convoitées. Je crains qu’un jour je ne parvienne pas à en revenir, restant prisonnier de ces songes, de ces délires, pour ne plus jamais reprendre contact avec le présent, la réalité.
Il…il me faut de l’aide. Je n’arrive à lutter seul contre ces deux souffrances. L’une physique, l’autre morale. J’ai…j’ai besoin de toi, de ta connaissance des plantes qui, peut être, sauront me délivrer de mes tourments.


Dieu est-il sans pitié pour infliger tant à un seul homme ? La rousse frissonne encore… les yeux de son frère la regarde comme son salut. Sera-t-elle à la hauteur d’une si lourde tâche, d’une si grande souffrance et d’un secret si cruel ? Enguerrand la dévisage, plein d’espoir et de crainte… a-t-il peur qu’elle le juge ? Comment rester indifférente à une peine si profondément enracinée… mille questions, qu'elle fait taire... il suffit ! L'urgence est à cet instant de la rassurer et de l'aider, au plus vite... avant qu'un de ses démons du passé ne ressurgisse.


Je ferai de mon possible, frère… je te promets de passer autant de nuits et jours qu’il faudra pour t’aider. Et déjà en te permettant de dormir. On ne lutte pas amoindri contre ses démons. Je ne vois que le pavot, en attendant que je trouve un remède, mais son utilisation est dangereuse, c’est une plante qui a la vertu de plonger dans un profond sommeil mais qui peut être sans réveil aucun…
Ici cependant je ne peux rien. Il faut que nous allions dans l’infirmerie… ou alors dans ma chambre, j’y ai une pharmacopée personnelle et tu n’y rencontreras ni frère ni sœur qui pourraient poser des questions… reste assis un instant, je prends mes affaires et je t’aide à marcher jusque là bas…


Elle se lève lentement… elle dénoue sa cape et la pose délicatement sur les épaules de son frère. Un sourire à son encontre et elle se retourne… cheveux au vents et poignard logé dans son fourreau, au creux de son dos, elle part chercher son sac et n’a en tête qu’une chose. Le ramener à Ryes vite, manipuler cette arme redoutable qu’est le pavot et se plonger dans ses livres et grimoires, pour trouver la clé, le remède, qui pourra soulager son frère.

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Jeu 6 Mar 2008 - 18:58

Expression du visage et allures variables chez l’errante à mesure qu’il racontait son histoire, décrivait les maux qui le hantaient.
Compatissante, attentive, visiblement perturbée par les souffrances qu’il endurait.
Une expression de frayeur traversa un instant son visage. Qu’avait elle donc ressenti ? Quel souvenir ou idée angoissante avait surgi dans ses pensées. Il ne le savait, mais déjà ne prêtait plus attention à ce détail.

Et enfin, les mots salvateurs furent prononcés. Elle allait l’aider, l’assister. Toute la hardiesse de sa démarche allait peut-être être récompensée. La jeune femme semblait prendre les choses en main, son esprit fonctionnant déjà à plein régime pour trouver la solution qui allait le délivrer de ses tourments.
Dormir. Pavot. Sommeil.
Déjà, ces simples mots entendus parvenaient à le calmer quelque peu. Comme si, par cette simple évocation, il s’était dans l’instant trouvé allongé dans un lit, l’esprit reposé, le corps apaisé, enfin capable de passer, se peut, une nuit entière, reprenant force et courage.

Un mouvement. Recul instinctif de l’errant, réflexe de protection, même en face d’une amie, d’une sœur.
Gestes rassurants, visage apaisant.
Il allait pouvoir trouver l’aide nécessaire pour affronter ses tourments. Encore un dernier effort, trouver la force de se lever et de rentrer en la forteresse et…

Ce couteau.

*
La jeune femme se tient face à lui. La douleur reflue. Elle lui parle un dialecte inconnu.
Sons qui le calment. Mots prononcés à voix basse, douce mélodie pénétrant son cerveau.
Elle se lève, se dirigeant vers une desserte, lui tournant le dos un instant.
Un reflet métallique, renvoyé par un rayon de soleil perçant au travers des palmes.
La lame d’un poignard.
Qu’est ce qu’une femme administrant soins et attentions à un blessé pouvait faire d’un poignard dissimulé dans son dos.
Soudain, il comprend.
Blessé, certes.
Mais avant tout prisonnier.

D’un bond, faisant fi de son mal réapparaissant sous l’effort, il tente de se lever.
Une chaine est passée à sa cheville.
Le contact froid du métal sur sa chair avait été dissimulé par la douleur ressentie dans son flanc.
Comment avait il pu être aussi naïf. Comment avait il pu se retrouver en pareille situation.

Mais déjà la jeune femme s’est retournée, alertée par le mouvement brutal de l’homme. Sa main s’est glissée aussi rapidement qu’un serpent vers se couteau, ramenant la lame, mortel ouvrage ciselé par les mains d’un expert artisan.
Un cri. Aigu. Perçant.
Des bruits de pas, lourds, nombreux, rapides.
Une tenture se soulève dans un angle de la cour, laissant apparaître trois hommes enturbannés, portant cuirasse aux étincelantes arabesques, cimeterre dans la main dextre, rondache dans la senestre.
D’autres cris, venant de l’ombre. Trop nombreux pour un combat direct. Il est de toute façon trop faible pour espérer avoir la moindre chance de survie.

Il fallait agir.
D’un bond, il se précipite vers la jeune femme, la tension et la peur jugulant l’élan douloureux qui, sous l’effort, traverse son corps.
Il doit s’emparer de son arme, et, qui sait, avec un peu de chance, espérer survivre en échange de sa vie à elle.
Choc brutal. Violent. La chaine à sa cheville se tend, mordant sa peau à vif, rapidement tachée de son sang s’écoulant de la blessure.
Mais il a réussi à la faire chuter, et c’est une lutte désespérée qui oppose ces deux corps.
L’un félin agile, l’autre tel un animal blessé et affaibli.
Elle se débat en tout sens, assénant coups en rafale.
Il tente de la maitriser, l’immobiliser, lui faire lâcher le manche de son arme.
Il réussit à prendre enfin le dessus, attrapant le couteau qui…
*


Le couteau

Il n’est plus dans la main de la jeune femme, mais toujours fixé dans son dos.
Comment pareille magie a-t-elle pu avoir lieu ?
Et pourquoi, soudainement, celle-ci ne portait elle plus le voile qui recouvrait son visage un instant auparavant.
Pourtant, du coin de l’œil, il pouvait voir les trois hommes s’approcher de lui, hésitants sur la conduite à tenir. Mais flous. Si flous, comme vus au travers d’un voile ondulant.
Il avait froid, mal, à nouveau.
Mais il devait se battre, lutter. Coute que coute.
Pour sa vie.

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Ven 7 Mar 2008 - 17:24

Des pas lourds sur la terre humide…
Une course rythmée par une respiration bruyante…

Cerridween se retourne et prend de plein fouet le regard de possédé d’Enguerrand au visage… prise d’une montée de peur, d’une décharge d’adrénaline, elle tente un pas de côté alors que son frère se jette sur elle. Peine perdue… le corps de l’Errant, sous l’effet de la course et du poids mêlé, la percute et elle vient heurter le sol.

Panique… pas seulement celle de la surprise. Non celle venant viscérale du fin fond de ses entrailles et de ses souvenirs. Celle qu’elle avait ressentie sur les chemins lorsqu’un brigand encapuchonné l’avait prise pour cible et s’était jeté sur elle de la force de ses deux lames. Elle tente de reculer en rampant et d’échapper à son agresseur, mais elle est trop lente et encore sous la douleur de sa chute… Enguerrand vient de se jeter sur elle. Que reste-t-il de son frère grelottant et à bout de nerfs et de fatigue quelques minutes auparavant ? Elle se débat comme un diable alors que son frère, toujours le regard plein de colère et de détermination, prunelles sombre et visage défiguré par la haine, tente de lui maîtriser les poignets. La peur l’envahit comme une lame de fond… elle sent son couteau dans son dos, qu’elle ne peut utiliser sans causer de dommage à son frère d’arme, même si elle doute qu’elle puisse encore l’appeler ainsi. Les mains d’Enguerrand lui brise les poignets… elle se cambre, se vrille, tapant des pieds et infligeant des coups de genoux à son agresseur qui ne semble rien sentir. Dans son inconscient, l’attaque de Beaumont, la peur, les lames, le sang, les cris, viennent ajouter à sa terreur… Que faire devant une nouvelle crise sans pour autant le blesser ? La rousse tente de le faire sortir de son délire. Un cri entre deux mouvements désespérés :

Enguerrand ! Arrête ! Pardieu arrête !

Peine perdue. Le regard de son frère n’a pas changé et ses mains continuent à la broyer comme des étaux et à essayer de la maintenir. Pire… Enguerrand la prenant de vitesse lui décoche un crochet bien senti dans la mâchoire… un goût de sang vient emplir la bouche de la rousse. Deuxième coup de poing qui fuse sur son visage… Le noir une fraction de seconde… puis la peur et la panique laisse place à la survie… le même sentiment froid, glacé qui vient à nouveau emplir la rousse. Elle concentre toute sa haine vers ce qui lui apparaît maintenant comme un démon… Elle rassemble ses forces décuplées par l’ire qui monte en elle… Enguerrand pour une raison inconnu, vient de rattraper ses poignets et les serre comme pour vouloir les broyer elle se cambre et soulève sa tête du sol. D’un geste vif, elle tire sur son bras… et mord violemment au sang l’avant bras de l’Errant qui hurle de douleur. Profitant de ce moment d’inattention, Cerridween pousse sur ses avants bras pour se relever et assène à son frère un coup de tête dont le choc retentit. L’Errant la regarde une fraction de seconde, chancelant, étonné, avant de s’effondrer dans l’herbe…

La rousse reste quelques secondes, assise, tremblante… son sang bat ses tempes et le paysage commence à arrêter de valser devant ses yeux. Son frère est inconscient dans l’herbe. Elle se retourne et crache un peu de sang. Toujours fébrile, elle se relève… premiers pas peu assurés. Elle se laisse tomber à genou et s’approche à tâtons de son frère. Elle ose à peine le toucher après l’attaque dont elle a été la cible. Elle voit avec soulagement que sa poitrine se soulève encore… d’une voix mal assurée, elle tente de l’appeler pour qu’il se réveille…


Frère… Enguerrand…

Surmontant sa peur, elle passe doucement sa main sur son visage… mais le corps entier sur le qui vive… prêt à s’échapper en cas de remontée de folie…

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Ven 7 Mar 2008 - 19:20

Mais qu’avait donc cette anguille à résister de la sorte. Se débattant en tous sens, elle opposait farouche résistance à l’homme épuisé.
Il devait la contrôler au plus vite, l’immobiliser. Il en allait de sa propre survie.
Les deux êtres n’étaient déjà presque plus humains, bêtes féroces s’opposant dans un duel à mort, chacun voulant, par sa victoire, sauver sa propre vie.
Et cette douleur qui, une fois la rage à son paroxysme, en profitait pour revenir à la charge.
Traitresse !
Même en pareil instant, elle profitait de chaque moment de faiblesse pour réclamer son dû.
Quitte à ce qu’il y laisse la vie.

Son adversaire, furie en pleine action, se défendait bec et ongle.
Sans réfléchir, sa colère le surmontant, dirigeant ses sens d’une main de fer, il asséna deux coups de poing, successifs.
Lui !
Frapper ainsi femme. Se battre de cette façon. Que lui arrivait-il ? Jamais encore il n’avait levé la main sur une personne du sexe opposé.
Moment de flottement, le temps suspendant son cours pour une fraction de seconde.
La jeune femme resta sonnée un instant, tandis que, brièvement, la conscience d’Enguerrand revint au premier plan. Il n’était pas dans la cour d’une riche demeure orientale. Elle n’était pas femme inconnue. Ce visage lui était familier. Les yeux. Cette chevelure.
Non…ce n’était pas possible.
Plissement de paupières, comme pour mieux voir les traits de la jeune femme, dissimulés derrière un voile rougeoyant, vision floue et ondulante de cette réalité qui parvenait tout juste à percer.
Elle avait peur. Paniquée. Il…il venait de la frapper. Son visage était encore marqué par les coups reçus.
Avant même qu’il ne puisse s’arrêter, se reculer, stopper cette ignominie, son esprit troublé reprit le dessus, modifiant à nouveau visage et décors, le replongeant dans cette terrible vision, la rage et la colère revenant en force.

Se saisissant de ses poignets, il tenta une fois de plus de la maitriser.
Soudain, une vive douleur se fit ressentir dans son avant bras. Cette vipère l’avait mordu au sang. Un cri de douleur jaillit de ses poumons, puis, l’instant d’après, un choc sourd, résonnant dans son crâne.
Vertige. Vision se rétrécissant en un mince filet de lumière. Sensation de se faire happer par l’arrière dans un sombre tunnel.
Puis plus rien.

Inconscience.



*
Des voix au dessus de lui. Non, une voix. Celle d’une femme. Celle qui venait de lui asséner violent coup sur le crâne.
Il git face contre terre. Il peut encore entendre le bruissement de la fontaine, non loin de lui.
Un liquide poisseux et chaud vient envahir sa bouche. Il saigne.
Question d’habitude.
On le retourne violemment. Le soleil, filtrant entre les palmiers, lui brule soudain les yeux.
Ses paupières sont closes, mais il ressent la douleur de la lumière jusqu’au plus profond de son crâne.
Il est inconscient. Ou tout comme.
Des coups. Il les sent, mais n’éprouve aucune douleur. Trop profondément inanimé pour cela.
Dérisoire vengeance de ces assaillants pourtant bien plus nombreux que lui.
Des rires gras envahissent les lieux. Des phrases qu’il ne comprend pas, syllabes entremêlées en un inextricable amas auditif.
Encore des coups. Qu’importe.
Ainsi il ne saurait qui étaient ces gens et pourquoi ils l’avaient capturé au lieu de l’occire rapidement.
Que ces interrogations, soudain, paraissent dérisoires, alors qu’il se laisse doucement sombrer dans une torpeur envahissant tout son corps.
La mort ressemble donc à cela. Pourquoi diable en faisait-on tant d’histoires, alors qu’il est si facile de se laisser aller, transporter vers cet état de calme et de repos bienfaiteur.
*


...


Frère… Enguerrand…


Froid contact du sol glacé sur son dos. Douleur inondant ses yeux. La lumière était pourtant bien plus pâle que ce qu’elle était il y a quelques instants.
Une main sur son front.
Essayant de déclore ses paupières, il tentait de comprendre pourquoi, soudainement, tout avait à nouveau changé.
Evidence envahissant son esprit. Nouveau délire. Nouvelles visions.
Le combat. La lutte.
Cerrid.
Il devait ouvrir ses yeux, se lever, s’excuser.

Mais pourquoi son corps ne lui obéissait il plus, refusant obstinément d’accomplir quelque acte que ce soit.
Comme si son esprit, éveillé, ou presque, se retrouvait prisonnier d’un corps immobile, comme…mort ?
Serait ce donc ça, la mort ? Se retrouver piégé à jamais dans une carapace rigide, l’esprit prisonnier d’une geôle de chair.
Non ! Il ne le voulait pas. Non ! Pas ainsi, pas maintenant.
Il devait lutter. Il voulait frapper contre les murs, hurler de toute sa voix sa colère et son désir de revenir à la vie, à la conscience.

Gestes impossibles. Silence sépulcral.
Peur.

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Lun 17 Mar 2008 - 9:02

Il a ouvert les yeux, Dieu soit loué…

La rousse est rassurée, un instant tout du moins. Le temps d’un battement de cils : son frère a ouvert les yeux un instant, ses paupières ont papillonné un instant, espace fugitif, éphémère, de conscience et de retour au monde, avant de se refermer, clos sans mouvement… la rousse voit sa main qui commence à trembler. Aucun signe de vie, hormis la poitrine de l’Errant qui semble se soulever plus sous l’effet de la brise que de sa respiration, ce teint si blanc, qui fait penser à l’albâtre des pierres tombales du sud… la panique envahit la rouquine. Elle reste interdite, immobile, ses seules mains trahissant la vague de terreur qui s’empare d’elle. L’a-t-elle tué ? L’a-t-elle tué ? Pardieu ! Non… Le tremblement augmente, passant dans ses bras, emprisonnant ses mouvements, se propage dans son torse et ses jambes… elle commence à reculer doucement dans l’herbe, fuite qui s’engage et demande de se réveiller de ce cauchemar qui semble si réel et sans fond…


REPREND TOI ! Tonne sa conscience… IL N’EST PEUT-ETRE PAS TROP TARD !

Le cœur toujours galopant à un rythme effréné, la mâchoire douloureuse, un filet de sang qui coule à la commissure de ses lèvres, elle se rapproche à tâtons d’Enguerrand et se remet à sa hauteur… elle cherche de toute ses forces un moyen, un remède… si elle avait l’esprit de le faire, elle prierait pour un miracle, une aide tombée du ciel, un frère, un sœur qui sortirait des murailles… un coup d’œil vers Ryes et vers les cieux : aucune ombre ni silhouette à la ronde et Arsitote semble depuis longtemps l’avoir oublié, elle est seule, bien seule, avec sa peur et un frère immobile et le poids du remord et la morsure de la culpabilité qui vient de lui vriller le cœur.

Elle appelle encore. Doucement puis de plus en plus fort, pour que son frère sorte de cette torpeur. Aucun effet… la panique toujours habite ses membres et son esprit et maintenant c’est sa main qui se lève et qui vient de s’abattre sur la joue de son frère, dans un claquement retentissant. Oubliée la peur de devoir de nouveau se retrouver devant un Autre que lui, oubliée l’attaque, Cerridween sait inconsciemment qu’elle préfère son frère vivant et fou, qu’immobile et froid comme les pierres…

L’Errant sous les coups s’agite dans sa torpeur… quelques gémissements, une plainte, il est là. La rousse soupirerait complètement d’aise et serait rassurée si seulement il voulait bien ouvrir les yeux…

Puis une idée… née de la panique et de l’empressement que cette situation cauchemardesque se finisse. Folie ? surement… mais elle ne sait que faire d’autre, son esprit embrouillé par la peur ne lui permet pas de trouver les solutions adéquates.

La rousse ouvre son sac d’herboriste et ressort le petit sac de tissu… elle l’ouvre et le garde dans la main gauche. Enguerrand s’agite encore… de la main dextre elle attrape la garde de son poignard. Le corps tendu, les traits fermés par la crainte, Cerridween souffle un grand coup avant de se lancer…
Elle entaille d’un geste vif l’avant bras d’Enguerrand et place rapidement le sac de myrrhe sous son nez…
Douleur et souvenir…
Il faut que tu reviennes mon frère, quoi qu’il m’en coûte…


HRP : Désolée mon frère carreleur pour le retard et la petite forme :$

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Lun 17 Mar 2008 - 11:44

Combien de temps était il resté ainsi, sans pouvoir bouger, sans pouvoir communiquer ? Une seconde ? Une éternité ? Le temps, dans pareille situation, perd sa rassurante régularité. Une respiration peut durer aussi longtemps que la vie et la mort de toute une galaxie. Un battement de paupières peut prendre autant de temps que les souvenirs de toute une vie.

Perdu dans le vide de ses pensées, isolé dans un décor sombre et angoissant, il était resté, seul, perdu dans cette prison intérieure. Passés les premiers instants de lutte, de révolte, il s’était résolu à l’attente. Inquiétante. Interminable.
Aucun son, aucune lumière ne venait perturber ce cocon l’entourant totalement.
Aucun contact avec le monde extérieur ne semblait possible.
Comment avait il pu se retrouver dans pareille situation ?
Sensation de déjà vu. Souvenirs d’une époque récente, perdu entre conscience et inconscience, sensations réelles et délires incontrôlés. Convalescence suite à ses blessures à Vendômes. Errance dans les méandres de son esprit.

De la lumière. Au loin. Faible, perçant à peine la noirceur alentour. Phare irréel qui peut être le guiderait vers la sortie.
Lutter à nouveau pour tenter de s’en rapprocher. Force de la volonté. Désir de survie.
Le point lumineux était il maintenant plus proche de lui ? Ou bien était ce encore illusion de son traitreux esprit ?
Soudain, le mouvement s’accéléra. Projeté en avant, il son corps se dirigeait de plus en plus vite vers cette lumière. Un tunnel. Sans marquer le moindre ralentissement, il plongea dans l’ouverture lumineuse, bientôt entouré d’un mur circulaire multicolore, dessinant de complexes arabesques pastelles, irradiant une chaleur et une douceur rassurantes, tandis qu’il se laissait à nouveau porter par un courant invisible l’emportant plus avant, vers l’inconnu.

Choc.

*
Il est allongé sur le sol. Une brume épaisse tapisse le sol. Il a froid. Au dessus de lui, le ciel est d’un noir profond, sans aucune étoile pour l’éclairer quelque peu. Une lune blafarde jette quelques rayons tristes et pâles sur les alentours.
Lentement il se relève. Il ne ressent aucune douleur, mais son corps est comme alourdi, ralenti dans ses mouvements.
Un champ. Une plaine. Emergeant du tapis de brouillard, il distingue autour de lui des objets divers, brisés, plantés dans le sol. Une main. Un corps. Une multitude de cadavres, emmêlés, enchevêtrés, des restes d’armes et d’armures défoncés, tachés de sang et de terre. Des cadavres de chevaux, éparpillés un peu partout, comme jetés là par une facétieuse tempête.
Au loin, des murailles. Si éloignées, presque cachées derrière l’horizon. La plaine est immense, s’étendant sur des lieues et des lieues.
Le nombre de cadavres est impressionnant, dépassant tout ce qu’il n’a jamais pu voir.
Ou est-il ? La vision de deux bannières, flottant à ses côtés, le pétrifie d’effroi. Licorne cabrée et écharpe blanche entourant une épée. Licornes et Dames Blanches.
Vendôme.
Il est retourné sur les lieux du champ de bataille qui avait vu sa vie basculer.
En tout point semblable, mais si différent.
Pourquoi tout était il si grand, si démesuré ? Pourquoi tant de morts, et de désolation.
Soudain, une coulée de sueur glacée perla dans son dos.
Il était seul, debout dans cette immensité. Et surtout, plus que cela, il n’entendait aucun bruit. Pas un cri, pas un râle, pas le moindre croassement de corbeaux ou hennissement d’un cheval mourant. Même le vent ne soufflait pas. Tout semblait comme mort. Immobile pour l’éternité.

Avançant parmi les décombres et les corps, ne voyant pas ou il marchait, du fait de la brume s’élevant jusqu’à ses genoux, il sentait parfois son pied s’enfoncer, à sa plus grande horreur, dans quelque chose de chaud et mou, tandis qu’à d’autre moment, il buttait sur quelque objet roulant sous ses pas. Crâne humain ? Heaume de chevalier ? Il ne le savait et ne voulait se poser la question.

Une voix, quelque part, s’élevant dans le sépulcral silence. Une douleur. Vive. Irradiant dans sa joue. Il se retourne vivement. Nulle âme qui vive. Il s’agite, se tournant de dextre et de senestre, sans trouver présence de qui que ce soit.


Qui est là. Ou êtes-vous. S’il y a quelqu’un ici, qu’il se montre, que je l’affronte face à face !

Il a crié. De toutes ses forces. Ses paroles, à peine prononcées, s’estompent, comme absorbées par l’air, semblant traverser de multiples épaisseurs diminuant les sons pour rapidement ne ramener plus que le silence.

Un grondement s’élève de toute l’étendue du champ. Sourd, profond. Comme un cri de colère prenant ses racines dans les profondeurs mêmes de la terre.
Soudain, quelque chose lui agrippe la jambe. Il baisse le regard et voit avec horreur une main déchiquetée surgir de la brume, bientôt rejointe par deux autres, tout aussi putréfiées. Les ongles s’enfoncent dans sa chair. Il tente d’échapper à leur emprise, sans succès, tandis que tout autour des cadavres se lèvent, lentement, émergeant du tapis blanchâtre, pour se diriger vers lui, inexorablement. Ils tiennent épée, arc, hache, lance, parfois brisés, sans manche ou à la lame ébréchée. Il est prisonnier et ne peut désormais plus s’échapper.
Il veut crier mais aucun son ne sort de sa bouche.

Une violente douleur envahit son bras dextre. L’un de ses assaillants vient de lui entailler les chairs à l’aide d’un poignard.
*


Vision d’une chevelure rousse penchée au dessus de lui

Une odeur, soudain, envahit ses sens. Il la connaissait. La myrrhe. Il l’avait déjà senti, quelques instants plus tôt. Cerrid, c’était elle, elle était là, prêt de lui. Elle tentait de le faire revenir. Oui, mais où ? De toute part, les morts s’agrippaient à son corps, le lacérant de mille coups, arrachant ses vêtements, désormais réduits à l’état de haillons.
Non ! Il s’agissait là d’un nouveau délire.

La Myrrhe.

Il ouvrit les yeux, ébloui par la luminosité soudaine. A ses côtés, sa sœur. Décidément, il lui en aurait fait voir aujourd’hui. Il pouvait lire la crainte, l’angoisse sur son visage. Peur de voir l’état de son frère. Peur aussi qu’il ne se réveilla une fois de plus en proie à ses délires, risquant à nouveau de s’en prendre à elle. Elle tenait d’une main le couteau qui avait permis de l’éveiller, et de l’autre ce sachet de myrrhe qui l’avait aidé à reprendre conscience.
La rassurer.
Un fin sourire, effort surhumain produit par l’errant, apparu sur son visage.


Merci, ma sœur. Je..je vais bien…tout du moins je suis ici, maintenant.

Soudain, effrayé, il aperçu le mince filet de sang s’écoulant de la bouche de la jeune femme, tache écarlate sur la peau diaphane. Il était responsable de cela. Pourrait-elle un jour le pardonner ? Parviendrait-il, lui, un jour à se pardonner ?
S’appuyant sur un de ses bras, il désigna du menton la forteresse non loin d’eux.


Je…Je crois que nous ferions mieux de rentrer…au plus vite…Prendre quelque repos…et tu dois te…soigner…

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Jeu 27 Mar 2008 - 15:01

Soupir…
Soupir et fatigue qui tombent d’un coup sur les épaules de la rousse… il a ouvert les yeux. Elle le scrute, fébrile encore, essayant de déceler dans son regard à la fois perdu et éteint, un indice, une parcelle de lui ou de l’autre, prête à rassurer ou à bondir.

Merci, ma sœur. Je..je vais bien…tout du moins je suis ici, maintenant.

C’est lui, Enguerrand, pas l’autre, celui au regard noir et aux gestes fou, l’Etranger, le Fantôme, qu’elle voit apparaître et prendre le contrôle de son frère… est-il là pour longtemps ? Cerridween ne sait pas… elle reste un instant, reprenant son souffle, reprenant ses esprits. Elle pose doucement sa main sur le torse de son frère…

Première fois qu’elle est autant désemparée, la rouquine, depuis longtemps… première fois qu’elle ne sait pas, qu’elle ne sait pas du tout que faire devant un malade, car tel est le cas pour son frère. Elle ne sait plus trop ce qu’elle doit faire, elle ne sait plus trop où aller… il faut dire qu’elle vient de passer par des émotions contraires et contradictoires, d’essuyer une agression et de passer à bien peu d’être inconsciente sous les coups d’Enguerrand. D’ailleurs celui-ci regarde avec effroi le coin de son visage. Sa main se porte à sa joue… un liquide visqueux… elle retire sa main, dont les doigts apparaissent rougis et tâchés, hémoglobine témoin du combat qui a eu lieu. Elle s’essuie doucement dans l’herbe…


Oublie cela mon frère… ce n’était pas toi…

Déjà il essaie de se relever…

Je…Je crois que nous ferions mieux de rentrer…au plus vite…Prendre quelque repos…et tu dois te…soigner…

La rouquine lui tend la main et l’aide à se relever. Elle garde une main sur son épaule pour être sur qu’il garde son équilibre… le sien n’est pas des meilleurs mais elle tient tant bien que mal.

Rentrons oui… tu dois dormir. Je te laisserai dans la chambre de mon frère le temps que je te prépare de quoi dormir. Et ne te fais pas de soucis pour moi… j’ai la tête dure, tu en as fait les frais.

Faible sourire…

Attend moi ici…

La rouquine part vers l’orée du bois et ramasse son sac et son mantel qui traîne à terre. Elle avise une branche au sol… assez longue et épaisse pour faire un bâton de marche. Trois coups de couteau pour enlever les aspérités et l’aide à la marche de fortune est prête. La rouquine revient vers Enguerrand et regarde ses yeux avec appréhension… c’est toujours lui.
Soulagement… fatigue…

Elle lui tend le bâton :


Voilà de quoi t’aider…

Elle lui tend une clef :


Elle ouvre la chambre de Kratos… Je t’accompagne jusqu’à l’escalier qui y mène et je pars de mon côté préparer ton remède à l’infirmerie pour gagner du temps. Une fois à l’intérieur, ferme derrière toi et n’ouvre qu’à moi et moi seule.

Elle pose une main sur l’avant bras de son frère et lui dit doucement :

Courage frère… tu vas arriver à chasser ce mal…

Et se faisant elle prend le chemin de la forteresse marchant près de son frère et le surveillant à la dérobée…
Fatigue… préoccupation…
Pourvu qu’elle y arrive…
Pourvu qu’ils ne croisent personne…
Pourvu qu’Il ne réapparaît pas…
Pourvu qu’elle y arrive…

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MessageSujet: Re: [RP] Sur le fil...   Ven 28 Mar 2008 - 15:50

Chemin long et difficile du champ vers la forteresse.
Appuyé sur la canne confectionnée par sa sœur, Enguerrand avançait d’un pas précautionneux, se maudissant de se retrouver en si piteux état. S’il avait été seul, il aurait hurlé, laissant jaillir de sa poitrine toute sa rage, toute sa frustration, tout son dépit face à cette situation qui lui échappait.
Avançant lentement, grimaçant à chaque pas, il se forçait à avancer, voulant plus que tout éviter que la jeune femme ne vienne le soutenir, l’aidant à marcher comme s’il était devenu un fardeau.
Cerrid, justement. Attentive, visiblement angoissée à la vue de son frère. N’importe quelle personne n’appartenant pas à leur ordre aurait probablement laissé là cet homme perdu, torturé, capable de se montrer brutalement si violent. Mais tel n’était pas la politique de la Licorne. Tel n’était pas le code de l’honneur des frères et sœurs de Ryès. Ils avaient prêté serment de défendre le Royaume et leur Roy. Mais ils s’étaient également tous promis aide et assistance, chacun venant soutenir celui qui, un jour, se retrouverait en difficulté.
La jeune errante était le parfait exemple de cette promesse.
Elle qui venait de traverser une si difficile épreuve.
Elle qui encore devait pleurer la perte de son frère, son mentor.
Elle qui, un instant plus tôt avait eu à subir les assauts violents d’Enguerrand, avait fait abstraction de toutes ses souffrances, de toutes ses peurs, pour venir apporter son aide à un frère dans le besoin.
Jamais il ne saurait la remercier suffisamment pour son geste, pour son attitude à son égard.

Concentré sur le chemin à parcourir, il jetait de brefs regards vers la jeune femme. Il irradiait d’elle une force, une volonté qui devait être la marque de ceux qui avaient été trempé dans des valeurs solides et durables. Nul doute que son frère, le défunt commandeur, serait fier d’elle en cet instant.

Montée de la rampe menant à la forteresse. Passage des deux portes successives. Par chance, ils ne croisèrent personne, leurs capes et leurs visages désormais connus n’ayant nullement attiré l’attention des guetteurs. La grande cour, toujours aussi majestueuse et imposante.
Une pause, puis, de concert, ils reprirent leur chemin vers l’aile droite de la forteresse.
Enfin, alors qu’il sentait une fois de plus ses forces défaillir, ils arrivèrent au pied de l’escalier menant aux chambres des Chevaliers.

Enguerrand s’arrêta de nouveau, serrant dans sa main la clé que Cerridween lui avait donnée, quelques instants plus tôt, dans les champs. Un fin sourire, plus un rictus qu’autre chose s’afficha sur le visage de l’errant.


Merci…sœur…pour ce petit…bout de chemin. Je ferai en sorte de monter seul ces… marches. Le diable si…je n’y arrive…pas.

Dérisoire tentative pour détendre quelque peu l’atmosphère, les deux protagonistes ayant eu plus que leur dose d’émotion ces derniers temps. Un soupire, le regard qui à nouveau se fait triste et le visage, tout aussi rapidement, qui redevient sombre et crispé.

Quoi qu’il en soit, Cerrid, je ne saurai jamais assez te remercier pour ce que tu as fait pour moi. Et je te prie, une fois de plus, d’accepter mes excuses, si tant est que celles-ci puissent réparer le mal que je t’ai fait dans mes délires.

Plus fort que sa volonté, son regard restait fixé sur le coin de la bouche de la jeune femme, dont un mince trait de sang s’échappait, traçant sur sa peau laiteuse un sillon écarlate, signe de la violence à laquelle elle avait été confrontée.
Il voudrait se faire pardonner, excuser cet acte, mais il pensait, au plus profond de son être, que rien ne pouvait justifier pareille action. Pas même des hallucinations, pas même le plus terrible des délires. Il avait porté la main sur une femme. Sur une sœur qui plus est, et il devrait, pour de longues années à venir, vivre avec cela. Si seulement, il avait pu, un instant, contrôler son geste, dominer son esprit usé.
Si seulement…

Silencieux désormais, ne sachant que dire de plus, il se tenait debout devant Cerrid, un pied déjà engagé sur les marches de pierre, la main libre adossée contre le mur, froid et rugueux, qui allait lui servir d’appui dans la difficile montée qui s’énnonçait.

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