Ordre Royal des Chevaliers de la Licorne


 
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 [Lieu] Auberge du Vieux François

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Enguerrand_de_lazare

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MessageSujet: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mar 6 Jan 2009 - 19:27

Cise légèrement à l'écart des voies passantes et commerçantes, l'auberge du Vieux François était un de ces lieux appréciés par les habitants du cru en mal de tranquillité, souhaitant plus que tout se rencontrer ou simplement prendre quelque temps de repos sans être cible des commères et garces de la ville, toutes promptes qu'elles étaient à bavasser sur les allées et venues de leurs concitoyens. Leur quartier général en était le vieux lavoir, qui ne tenait de lavoir plus que le nom, tant les algues et mousses diverses en avaient occupé les lieux. Celui-ci, placé face à l'église de Ryès offrait vue imprenable sur les trois grandes artères de la ville, convergent toutes vers la place principale du bourg, tenant tout à la fois de place du marché, de réunion, jugements publics, mariage ou enterrement divers. Bordée d'échoppes richement achalandées et demeures cossues, elle était l'âme et le cœur de Ryès. Nulle anomalie donc que lesdites commères aient choisi cet endroit là pour leur activité habituelle. Nulle étrangeté également que la fameuse auberge du Vieux François se soit quand à elle tenue à plusieurs rues de là, tant le vieux en question détestait plus que tout tout ce qui touchait à verbiage et babillage de ces vertugadins sans limites aucunes que celles de leur propre conscience, soit...fort peu de chose, somme toute.

Or donc, à cette heure de fin de matinée, la salle était encore des plus déserte. Deux buveurs invétérés, attablés devant l'âtre rougeoyant s'évertuaient à passer le temps entre jets de dés et choppe de bière mousseuse à souhait. Le liquide semblait couler à flot, tant sur leur broussailleuse barbe que dans leur visiblement des plus desséchés gosiers.
Le Vieux, lui, regardait la scène d'une œil ensommeillé, paupière mi close et chiffon essuyant méticuleusement, et ce depuis déjà quelques temps, le même verre d'étain, qui jamais ne pourrait se vanter d'autant briller, tant le mouvement répétitif du François était appliqué autant que presque forcené.
Œil ensommeillé nous disions, mais esprit encore vif, ou presque car dès lors que la porte de bois s'ouvrit, il se redressa rapidement, laissant tomber sur son comptoir de chêne chiffon et gobelets, mains posées fermement sur le bois vernis. Rapide inspection du nouveau venu. Grand. Teint blafard. Cheveux poivre et sels. Cape de la licorne et gantelets d'acier. Capuchon rabattu sur le chef. Il connaissait fort bien ces attributs là pour voir depuis de nombreuses années leurs porteurs aller et venir en les rues de Ryès, apportant à la petite ville protection et sécurité.
L'homme, après avoir marqué courte pause dans l'encadrement de la porte ouverte, s'engagea dans la salle, prenant soin de refermer l'huis derrière lui, sans avoir manqué de détailler à son tour, d'un œil intransigeant, les trois quidams présents en ces lieux.
Quelques pas vifs. Arrêt devant le Vieux. Signe de tête bref.


Aubergiste. Il me faut ta salle du fond. Apporte y une bouteille de violette, une de prune et de quoi nous sustenter. J'attends une des sœurs licorneuse. Nulle question. Nulle parole. Tu nous laisseras seul et prendras soin que personne ne vienne à notre portée. Est ce clair?

La voix était volontairement dure et impérieuse. L'aubergiste opina du chef, habitué qu'il était à ce genre d'attitude. Un ordre claqua. Une acorte servante s'activa et bientôt la pièce en question fut prête.
Le licorneux indiqua d'un geste vif à la jeune femme qu'elle pouvait alors s'éloigner et, celle-ci sortie, s'engouffra dans le futur lieu de cette discrète réunion.
Une table. Deux tabourets de bois. Point de fenêtre mais deux chandelles se consumant sur le plateau de bois, et un petit foyer apportant quelque chaleur logé dans un coin de la salle. Voilà qui de toute façon serait suffisant.
Après avoir légèrement rabattu la porte, prenant soin par là de pouvoir observer partie de la salle et surtout écouter conversations et allées et venues, le Capitaine s'assit enfin sur le tabouret faisant face à celle-ci, immobile, dans l'attente de celle à qui il avait fixé rendez vous.

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Mariealice

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mer 7 Jan 2009 - 9:14

Se retrouver à la taverne du Vieux François. S'il avait l'habitude de se déplacer en la forteresse tout autant qu'au village, Marie, elle, était novice dans et hors des murs.

Renseignements pris, elle avait donc pris la direction du village en contrebas, marchant, songeuse, sur le chemin y menant.

Le village aurait pu sembler endormi si ce n'était la fumée sortant des cheminées et quelques personnes dans les rues, bravant le froid. Froid. Elle ne le sentait que trop ces temps-ci, qui s'infiltrait partout, jour comme nuit, par chaque pore de sa peau, glaçant le sang dans ses veines, ralentissant les battements d'un coeur affaibli par les cicatrices qu'il portait. Et pourtant, le feu de la colère qui la rongeait un peu plus à chaque instant, n'en était pas affaibli, comme s'il se nourrissait autant de glace que d'oxygène.

Elle resserra un peu plus les pans de sa nouvelle cape, capuche rabattue sur un visage rougi par le vent qui faisait claquer le tissu, leva le nez et regarda l'enseigne qui se balançait.

Un soupir, une envie de fuir tout en sachant que c'était loin d'être la solution. Nul besoin de fermer les yeux pour revoir le visage épuisé d'Enguerrand mais besoin de comprendre, de savoir, quitte à en souffrir. Enguerrand.... Ce frère à demi qui aurait pu être son jumeau tellement ils se comprenaient d'un regard, savaient à coup sûr lire en l'autre sans un mot. Ce double qui n'allait pas bien mais qui au lieu de lui en parler, le lui avait caché. Sourcils froncés tandis que la voix revenait sussurer à son oreille que si elle avait voulu le voir, si elle n'avait pas fermé les yeux, trop occupée sans doute par ses fonctions, elle ne serait pas à là avec plus de questions que de réponses. Ah ça pour son travail elle trouvait le temps hein?

Geste de la main agacé, porte poussée, regard sur la salle, cherchant un homme précis. Aubergiste la saluant de la tête, ne reconnaissant pas la jeune femme mais la cape sur ses épaules et désignant de la tête l'endroit.

Signe pour remercier celui-ci et sans un mot s'avancer, pousser à nouveau une porte, pénétrer dans la pièce peu éclairée, faisant trembler les flammes des bougies alors qu'elle repoussait la porte sans la fermer, claustrophobie oblige et prenait le second tabouret.


Félicitations Chevalier.

Noisettes à tendance émeraude plantées dans les yeux du Licorneux, calme apparent, factice, crédible pour tous sauf lui.

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Par contre, pour ce que tu dis, Marie, je plussoie à 100%. Ca aussi, tu peux l'encadrer^^.

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Enguerrand_de_lazare

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mar 13 Jan 2009 - 14:23

Bruits de pas résonnant en l'auberge presque déserte. Porte s'ouvrant soudain. Courant d'air faisant vaciller flammes et flammèches.
Elle était là, emmitouflée dans sa cape de la licorne, parée de ces couleurs qui étaient siennes depuis de longs mois déjà. Debout dans l'embrasure, il la regarda un instant. Il était fier de cette sœur. Fier de ce qu'elle était. Fier de ce que chaque jour elle devenait. Fier de la voir désormais partageant cette même famille qu'était celle de l'Ordre.
Et pourtant, sans même s'y être préparé, il ressenti au plus profond de sa chair un pincement, vive douleur enserrant son cœur. Depuis quelques mois déjà il regrettait ce temps béni de leur première rencontre. Amis liés, ces quatre piliers unis, solidaires, complices. Souvenirs affluant à la surface, lui rappelant les instants passés à deviser sans crainte, sans tension, sans problèmes aucuns que ceux d'une vie simple et honnête. Aristote que ce temps lui paraissait lointain. Et révolu. Ainsi en allait il de leur vie. Leur destin n'était pas celui de laboureurs ou artisans passant leur vie entre les murs rassurants d'une quelconque cité, parmi les simples habitants d'un village reculé. Le destin, facétieux, implacable, les avait tous quatre jetés sur d'autres chemins. Chemins dangereux, sinueux, emplis de mille obstacles. Ils s'étaient par moment séparés, pour se retrouver un instant, unis brièvement dans une même tâche, un même objectif. Duo le plus souvent, trio plus rarement, le quatuor quand à lui n'avait été rassemblé qu'en de rares occasions. Malgré cet éloignement, malgré ces vies des plus remplies et chargées de devoirs et de diverses tâches, ils ne s'étaient jamais quitté des yeux, chacun veillant de près ou de loin, selon ses obligations propres, sur la sécurité et la vie des trois autres. Ainsi en était il de ces quatre là. Ainsi en était il de deux d'entre eux en ce jour réunis dans cette petite et discrète salle.

Soupir, tandis que sa sœur prenait place autour de la table. Salle discrète. Il avait voulu lieu neutre et à l'écart de la forteresse pour leur entretien. Aristote seul savait ce qu'ils se diraient durant ces instants d'isolement. Aristote seul pouvait deviner ce qu'il adviendrait de leur conversation.


Félicitations Chevalier.

Fin et difficile sourire illuminant à peine le visage du capitaine. Félicitations. Etait-il au moins digne de ces félicitations là. Digne de l'honneur immense qui lui avait été fait lorsque le Grand Maitre Rhuyzar lui avait remis ses gantelets de Capitaine. Regard se posant sur ces gantelets là, passés sur ses mains. Leur finesse n'avait d'égale que leur résistance. Leur poids ne pouvait rivaliser qu'avec leur souplesse. Leur beauté était à la hauteur de leur symbolique.
Regard se fixant à nouveau dans celui de sa sœur, tandis qu'imperceptiblement ses doigts s'étaient resserrés, faisant jouer les jointures métalliques.


Merci ma chère sœur. Merci et félicitations à toi. Tu ne peux imaginer combien je suis fier et heureux de te savoir désormais licorneuse. Que la Licorne fasse que tu retrouves ici, parmi nous, ce qui t'a manqué auparavant.

Par Dieu, que ces paroles même pensées et des plus vraies lui paraissaient creuses et sans relief. Point n'étaient ce là formalité d'usage, mais expression de ses sentiments profonds, dictés par son cœur et son âme.
Il détaillait maintenant la jeune femme assise devant lui. Il connaissait ce regard. Il avait décelé en elle déjà lors de la cérémonie et encore plus maintenant qu'elle se trouvait si près de lui la colère dissimulée, la rage tout juste contenue, l'amertume ondulant à fleur de peau. Que pouvait elle ressentir en cet instant précis. Que pouvaient donc être les tourments qui la hantaient au point de la transporter en pareil état.
Il en connaissaient certains, la plupart peut être, et se savait lui même pour partie au moins cause de cet état là. Son silence. Son absence lors de son arrivée en la forteresse. Son état physique également qui, il le savait, avait du de prime alerter les sens de sa sœur. Mais comment lui parler. Comment lui expliquer sans en dire trop. Ou pas assez.
Laissant les secondes défiler, il prit enfin courage assez pour déclore bouche et reprendre parole.


Marie, ma sœur. Je te vois tourmentée. Je te vois en colère. Qu'est cela. Quelles en sont les causes. Les raisons. Ais je quoi que ce soit à voir avec cet état là?

Les mots étaient sortis d'une traite, sans même qu'il ne prenne le temps de les formuler en son esprit. Tel abcès brutalement incisé, la discussion était lancée et le vif du sujet de prime abordé. La suite ne saurait tarder. Eux seuls pouvaient décider comment les choses allaient se dérouler.

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Mariealice

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mar 13 Jan 2009 - 18:08

Sourire étrange en réponse à ses deux mots, regard vague se posant sur les gantelets de Capitaine.

Elle en avait connu des Capitaines licorneux quand elle y repensait, n'avait jamais imaginé qu'il le devienne un jour mais n'était pas surprise pour autant. Souvenir vague du jour où il lui avait parlé de la Licorne, lui avait demandé conseils pour y entrer. Conseils donnés, soutien inconditionnel, même avant que leur sang mêlé soit su.

Son frère. Secret tout autant qu'elle sur certaines choses et pourtant épaule contre laquelle elle savait pouvoir se reposer, bras accueillants et protecteurs pour celle qui, bien que la plus jeune, semblait le précéder en certains domaines. Et Dieu qu'elle aurait besoin de lui en ces temps de tempête. Mais il était clair qu'il n'était pas en état. D'autant plus clair qu'elle le voyait de près. D'autant plus clair que cette vision lui arrachait le coeur à chaque respiration, le broyant aussi sûrement que s'il avait été tenu hors de sa poitrine dans un de ses gants de Capitaine.

Regards se croisant et se fixant de nouveau alors qu'il reprenait la parole. Mots qu'il pensait sans aucun doute mais qui sonnaient pourtant faux à son oreille. Mots que n'importe qui aurait pu dire. Mots qu'elle n'attendait pas dans sa bouche.

Froncement de sourcils sans qu'elle en ait vraiment conscience, petite voix susurrant à l'oreille tu vois lui aussi s'éloigne. Regarde le, il parlerait à n'importe quel écuyer de la même façon. Voix repoussée en répondant qu'elle n'avait pas fait mieux avec ses félicitations. Voix repoussée mais jamais très loin, tapie juste derrière là, au creux de son cerveau.

Et voici qu'elle ressortait aux paroles suivantes tandis que les braises couvant se trouvaient attisée par un vent violent. Se moquait-il d'elle à poser cette question? Croyait-il réellement qu'elle n'avait rien vu? Ou bien qu'elle se moquait de son silence, de l'état dans lequel il se trouvait?

Et la tempête de se lever, s'annonçant de force 20 sur une échelle de 10, émeraudes brillantes au creux des orbites, veine palpitante au cou, battant au rythme effréné d'un coeur qui pompait le sang devenu lave en fusion.

Alerte maximum, Aella en approche.

Voix blanche, basse, presque grondante, mains blanches à force de se serrer, ongles plantés dans ses paumes tels crocs acérés.


Tourmentée? En colère? Moi? Voyons pourquoi le serais-je? Tout va parfaitement bien non?

Voix sifflante comme le vent traversant une forêt de sapins, branches craquant avant de tomber avec fracas au sol.


Tu oses me demander pourquoi?

Mais tu t'es vu Enguerrand? Tu as croisé ton reflet récemment dans un miroir? As-tu la moindre idée de ce que j'ai pu ressentir à ne pas te voir en arrivant? Etre accueilli par Totox fut déjà un choc moi qui ne l'avais vu depuis longtemps, me rendre compte qu'il m'avait menti et tenu sciemment à l'écart ne faisant que rajouter à mon désarroi.

Mais toi... Toi...


Ne tenant plus elle se leva, se plaçant dans la petite cheminée, les mains sur le manteau en bois. Pièce trop petite pour faire les cent pas qui l'auraient aidée pourtant.

Toi non seulement tu n'es pas venu au-devant de moi mais tu ressembles plus à un mort en sursis qu'à un être vivant!

Elle se retourna brusquement, le fixant presqu'avec hargne alors qu'elle sentait confusément qu'elle perdait la maîtrise des choses.

Que s'est-il passé qu'il faille à ce point me cacher et que tu me croie soudaine devenue aveugle?

Barrage rompu, digues assez fortes pour endiguer le flot dévalant?

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mer 14 Jan 2009 - 12:24

Le vent soufflait, hurlant sur sa carcasse misérable. Il avait pressenti cet instant là. Il l'avait craint. Il l'avait cherché. La boite de pandore était maintenant ouverte et se déversait sur lui, en flot continu, assauts incessants et impétueux de la colère trop longtemps contenue.
Immobile, dos courbé, il attendait, luttant de toute la force de ses muscles fatigués pour tenir face aux bourrasques l'entourant tel piège mortel sur lui refermé.

Tais toi chevalier. Tais toi. Laisse la déverser ce trop plein de rage sur toi. S'il est une personne au monde qui est en droit de le supporter, c'est bien toi, et toi seul. Ensuite viendront le temps des réponses. Et des explications.

Marie s'était levée, se dirigeant vers l'âtre, tandis que lui restait assis sur son tabouret de bois. Elle se tenait en face de lui, dos tourné. Voilà qui était pire encore que le plus terrifiant des regards. Ainsi placée, il ne pouvait tenter de lire dans l'iris de ses yeux. Ces yeux là aux couleurs changeantes, étendards flottant au vent, annonciateurs des humeurs et états d'esprit de leur propriétaire.
Nouveau coup asséné, uppercut plus douloureux encore qu'un réel contact physique. Elle avait peur. Il le sentait. Peur pour lui. Peur pour elle également. Et cette peur, en cet instant précis, s'était muée en colère, grondante et tonnante, emplissant l'espace clos où ils se tenaient tous deux.
Un regard vers la porte entrouverte. Qu'importe. Si le Vieux entendait partie de leur discussion, il saurait se montrer convaincant assez pour lui faire promettre de ne jamais sa langue délier.
La jeune femme s'était maintenant retournée. Il pouvait enfin voir à nouveau ces yeux. Observer ce visage. Fort peu de fois déjà il l'avait vue dans pareil état. Aristote en soit loué il n'avait eu à affronter son courroux qu'une seule et unique fois au cours de ces années passées ensembles. Histoire de pigeonnier transformé en réserve de poudre et littéralement dématérialisé après une fortuite explosion causée par son ineffable intendant.
Mais point de temps pour quelconque remembrance. Pour l'heure l'affrontement était là, déclenché déjà par sa sœur.
Il sentait bouillir en elle la rage et la colère. L'atmosphère, électrique et surchargée, menaçait de s'enflammer à la moindre étincelle. Il savait le point de non retour atteint. Rien d'autres que les explications qu'elle attendait ne saurait pouvoir la calmer à nouveau. Et quand bien même il réussirait à argumenter, se justifier, il n'était en cet instant précis, plus sur de réussir à éteindre la mèche.
Il devait gagner quelques secondes. Prendre le temps de la réflexion. Ne pas céder à la tentation de monter à nouveau en force, se laissant submerger par les sentiments néfastes qu'il savait encore à peine contenus en lui.

Et pourtant.

Pourtant, elle ne savait rien. Rien de ce que LUI avait supporté ces jours durant. Rien des épreuves traversées. Il avait été SEUL, aidé uniquement par deux âmes pures, deux alliés de fortune, liés à lui dans l'affrontement sous terrain, dont seules les roches de la forteresse avaient pu être témoins.

Seul.

Alors qu'il fixait sa sœur des yeux, il sentait en lui la colère, sourde et puissante, lentement monter. Ses doigts s'étaient crispés dans ses gantelets. Sa mâchoire s'était contractée, tandis que sa respiration, à son tour, s'accélérait.
Une force de lui maintenant bien connue tentait à nouveau de se frayer passage, rompant les serments échangés. Il luttait. Combats il y avait eu, certes, mais pacte avait été passé, et il ne Le laisserait pas le détruire de la sorte. Jamais.
Il aurait pourtant été si simple de se lever brutalement. Si aisé de rugirà nouveau. Si savoureux de l'affronter avec ces armes par lui si connues. Si...délectable de sentir la force de la rage et de la violence emplir son corps, le projetant à nouveau dans un accès de fureur. SI...

Non, Chevalier. Tu avais pacte passé. IL aura sa part. IL sera bientôt apaisé.
Mais pour l'heure, IL devait rester à sa place, telle que tous deux l'avaient définie.
Respirer.
Détailler les traits de cette sœur aimante et à lui tellement attachée.
Puiser dans sa présence les sentiments apaisants qui sauraient le rendre à nouveau tel qu'il était.
Il était encore des plus faible. Fragile. Vulnérable. S'il se laissait aller à colère maintenant, l'Autre reprendrait le dessus, tout prêt qu'il était à le trahir.
Mais il avait les armes désormais pour le vaincre. Kekidi les lui avait données, chevaliers salvateurs protégeant son âme.
Amour. Compassion. Pitié.
Lentement, peu à peu, la fureur brièvement éclose disparaissait de son esprit. Le calme revenait en ses sens, tandis que les tensions physiques s'éloignaient peu à peu.
Encore quelques instants. Assurer ses bases. Consolider la place, avant que d'accepter le défis lancé.

La voix se fit enfin entendre. Sourde. Amoindrie volontairement, comme pour ne pas la laisser s'échapper dans un violent éclat tonitruant.


Marie...

Courage, licorneux. Il est des combats bien plus difficiles que ceux de l'épée ou de la lance. Tu le sais. Courage.

Je comprends ta colère. Je comprends tes reproches, tes interrogations, ta peur. Je les comprends. Et je m'en excuse du plus profond de mon être. Si je n'ai pu venir à toi lors de ton arrivée, malgré ma présence en ces murs, c'est que je ne le pouvais pas. J'étais en un endroit que seuls damnés ou démons peuvent fréquenter. J'étais en un lieu où l'on affronte ses craintes, ses souffrances, sa rage. Son passé.

Une pause tandis que du regard il sondait les yeux de la jeune femme.

J'étais là bas pour survivre, Marie. Survivre et renaitre. Je ne sais si j'ai réussi. Je ne sais si les efforts fournis seront vains ou non. Seul l'avenir le dira. On m'a aidé à trouver les clés qui pouvaient m'aider à avancer. A moi maintenant de les utiliser avec intelligence.

Il s'était maintenant levé, redressant son corps meurtri, appuyé des deux mains sur le plat de la table de bois.

Si tu m'avais vu là bas, Marie, tu n'aurais pu reconnaitre ce frère que tu vois maintenant. Même moi encore à cette heure, je doute de ce qu'il s'est réellement passé en ces lieux. Me souvenir de ces événements, de cette lutte, me plonge dans une terreur à nulle autre pareille. J'y ai vu la mort. J'y ai vu le diable. Et ce démon cornu était en moi, Marie. Il ETAIT moi. Je...

Les mots étaient trop forts, trop douloureux. Chancelant soudain, il pâlit, manquant de chuter à terre. Appuyé sur ses mains, il se rassit lourdement, faisant craquer le bois de son tabouret, haletant, de fines gouttes de sueur perlant sur son front livide.

Trop...difficile...Je...Je ne peux...Je dois reprendre...quelques forces...

Prenant le verre de prune posé devant lui, il l'attrapa d'une main tremblante avant de le porter à ses lèvres, buvant le liquide d'un trait, savourant la douce brulure par lui déclenché, sentant déjà le vigueur pour un instant, revenir en son corps usé et fatigué.

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mer 14 Jan 2009 - 16:11

Face à face les deux Jagellon, à la fois si semblables et si différents.

Face à face en cette pièce où le tonnerre s'était mis à gronder, puisant ses forces bien plus haut que la Citadelle, dévalant les pentes droit sur le village, suivi de près par le souffle du vent son ami qui faisait baisser la tête à tout arbre assez fou pour être rester debout.

Aella ou le coeur de la tourmente. Nadji ou la cible de cette dernière. L'inverse étant aussi réel à vrai dire et pas plus confortable.

Corps de la brune bien trop petit pour contenir une telle puissance, esprit menaçant de se rompre si elle ne retenait pas de son mieux cette furie en elle, si les murs, qu'elle sentait se fendiller depuis quelques temps déjà, n'étaient pas colmatés rapidement.

Inspirer un air qui lui parut glacial tellement le brasier en elle avait fait monter la température, expirer d'ailleurs cet air désormais brûlant, refaire ces gestes comme un mantra, s'apaiser pour arrive à écouter, à entendre, à répondre.

Paupières baissées un instant, tenir, calmer ce vent, le maitriser tant que faire se pouvait.

Paupières levées, émeraudes sombres seul signe visible de ce qu'il se tramait derrière.

Oreilles grandes ouvertes sans quoi elle ne pourrait entendre un mot, le vent intérieur sifflant couvrant le reste du monde.

Il comprenait. Il comprenait... Mais que comprenait-il lui alors qu'elle même ne se comprenait plus justement?

Il ne pouvait pas venir? Damnés... Démons... De quoi parlait-il? Survivre? Il était lui?

Frère qui de debout se rasseyait lourdement, comme si les jambes lui manquaient. Pâleur un peu plus prononcée alors qu'elle pensait qu'on ne puisse être plus blanc, le souffle déjà rare devenant à peine perceptible.

Coeur qui se remettait à cogner, furieux, quémandant en hurlant qu'on le laissa sortir.

Tant de questions qu'elle avait en elle et voici qu'il en rajoutait au lieu d'y répondre.

Un pas en avant, un autre, suffisant pour se retrouver devant la table et poser une main gelée sur le front brûlant de l'une des prunelles de ses yeux. Même en colère, la peur qu'il soit souffrant l'emportait sur tout. Emeraudes adoucies, reprenant une légère teinte noisette.


Enguerrand je ne comprends rien.


Pauvre folle.. Que veux-tu comprendre d'autre qu'il n'a pas besoin de toi? Personne n'a jamais besoin de toi. De toute façon quand tu fais quelque chose, c'est voué à l'échec. Si ce n'était que pour toi encore mais non, tant qu'à faire tu entraine tout ton monde dans ta chute.

Regarde-le. Mais regarde-le bon sang pauvre dinde! Tu es fière de toi là? Il est épuisé et tu lui hurles dessus? Tu veux quoi? L'achever toi-même?

Froncement de sourcils, repousser la voix, se dire que non elle avait tort, qu'elle n'était pas ainsi, non pas elle. Tout le monde pouvait faire des erreurs, elle comme les autres. Non elle n'était pas là mais pas parce qu'il ne voulait pas d'elle.

Où étais-tu? Quel démon?

Se recentrer sur lui, colère à dompter un temps ou bien à nourrir.....

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P'tit Louis

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mer 14 Jan 2009 - 21:04

[Sur le chemin de l'auberge]

Le chemin semble bien plus court qu'à l'aller. S'il avait peiné à grimper le tortueux sentier qui menait à la herse de Ryes, pressé d'arriver en haut, de délivrer le pli, il l'avait trouvé bien long... Et maintenant qu'il le parcourt dans l'autre sens, il lui semble si bref, si court. Déjà il est aux abords du bourg, la citadelle se dressant, menaçante, dans son dos. Pesant du poids de son refoulement par les gardes sur les frêles épaules du garçon.

Un homme d'armes, encore un, qui le rejoint. Prunelles qui s'écarquillent... Mais non, faux espoir, il ne pourra toujours pas remettre son message... Au contraire, on lui confie de nouveau un bout de velin. Soupir du gamin analphabète qui ne peut même pas lire ce qu'on lui donne. Le velin se glisse dans son mantel, il demandera plus tard à ce qu'on la lui lise. Lui ne sait pas déchiffrer les volutes tracées par des mains cultivées. Et reprend sa route.

Il ne veut pas rentrer. Il n'ose pas imaginer la rejoindre. Il ne peut pas.

Dans sa poche sonnent quelques écus, qu'il a économisé pour le voyage. Ceux qu'elle lui a donnés, pour qu'il puisse rejoindre Ryes au plus vite. Parce la missive est importante. Parce qu'il devait faire au plus vite. Des larmes de honte lui écorchent les pupilles déjà abimées par la fatigue, la poussière. Elles menacent de rouler sur des joues creusées, comme son coeur l'est par le sentiment insidieux qu'est la culpabilité.

Déçue, il l'a déçue.

Le velin soudain le brule, le scel de cire au nom de sa dame agissant tel le fer chaud sur sa peau, le cuisant. La douleur se fait insupportable, mais il appuie d'une main le parchemin contre lui, car ce mal est plus doux que ce qu'il ressentira quand elle posera un azur plein d'espoir dans ses noisettes désespérées. Quand il devra lui avouer qu'on ne l'a pas laissé entrer, qu'on n'a même pas daigné transmettre sa demande à un supérieur. Quand il devra lui rendre le pli qui aura motivé le voyage.

A cette pensée, il se liquéfie, flaque errante sur route verglacée.

Déambulant dans le labyrinthe de ses pensées malheureuses, il se perd et tourne dans le bourg, empruntant en aveugle ruelles et croisements. Le temps n'a plus d'importance, il ne souhaite que le voir à reculons, lui offrant une seconde chance de remplir sa mission. Le centre s'éloigne tandis qu'il progresse dans le village.

Dans sa poche, la monnaie, opportune, se met à cliqueter alors qu'il passe devant une auberge. Le repos qu'il s'était refusé tout à l'heure, préférant terminer sa mission plutot que de s'octroyer une minute de répit, lui fait de l'oeil. Mais plus que les papillonnements de cils d'un Morphée qui se veut aguicheur, ce sont les chants d'une sirène répondant au doux nom d'Alcool qu'il entend. Le soleil vient de passer le zénith, mais en lui tout n'est déjà que crépuscule.

Notes subtilement alcoolisées qui trouve dans sa bouche une saveur d'oubli, noyer dans des flots de bière ou de calva sa déconfiture, y puiser une once de néant pour éviter de justement s'y plonger... La poignée est déjà au creux de sa main, alors que la pensée est à peine effleurée, la porte s'ouvre, alors qu'il ne s'est pas encore décidé. Le bois crasseux d'une chaise est déjà sous lui, alors qu'il pose les coudes sur la table, y enfouissant son visage.

Boire, pour oublier. Boire, pour faire courir le temps. Boire, alors que le soleil ne fait qu'entamer la lente descente vers la nuit qui ainsi unira son humeur à la couleur du ciel.

Dans le coin ça joue aux dés, le patron essuie ses chopes, comme tous les taverniers du royaume sans doute, et il n'a pas remarqué l'arrière salle dont la porte n'est qu'entrebâillée, Louis, perdu qu'il est dans les sentiments qui l'assaillent. A peine lève-t-il un regard vers l'aubergiste quand ce dernier vient lui demander ce qu'il veut. Au bord d'un gouffre que les hormones juvéniles et la culpabilité creuse profondément, juste devant lui, il peine à ne pas craquer et s'affaler sur le bois gras devant lui. Et reste interdit, la dextre sur la poitrine, couvant la missive source de tous ses maux, l'autre soutenant la tignasse brune qui coule entre ses doigts sales. Ce qu'il veut boire ? Il ne sait pas. Il ne ressent qu'une antipathie terrible pour les gens de la Licorne.


Tant que c'est pas c'qu'ils boivent eux là haut... et que c'est fort. J'peux payer.


(edit pour oubli d'un mot... le salopiot... )


Dernière édition par P'tit Louis le Mer 14 Jan 2009 - 21:49, édité 1 fois
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Mackx

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mer 14 Jan 2009 - 21:26

[En bas de l'Auberge, c'est-à-dire pas dans la même salle que MA et Engue ... donc ne criez pas, on ne vous embête pas Wink]

La chevauchée avait été courte, Ryes n'était pas loin de la forteresse - à ce titre justement appelée forteresse de Ryes (nooon, c'est pas potib !) - et Mackx aurait même pu faire le trajet à pied. Mais, pour une fois, il voulait sortir son canasson et lui faire prendre l'air.

Il arriva, démonta, attacha Sam à la barre prévue à cet effet. Geste ô combien faits et refaits qu'il refit pour la trente-trois-millième fois machinalement.
Quelques pas après, il était dans l'auberge. Il lui fallut quelques secondes pour s'habituer à la pénombre des lieux, quelques secondes pendant lesquelles il resta sur le pas de la porte puis, il s'avança. Le vieux François le salua d'un signe du chef, reconnaissant la cape azur dont il était un des plus fidèles pourvoyeurs.

Parcourant la salle d'un regard circulaire, l'écuyer cherchait son interlocuteur de tantôt. Il le trouva rapidement, assis seul à une table, un verre devant lui. Pas de la bière, ça manque de mousse ... Pas de l'eau, trop coloré ... Un alcool quelconque, dont même le nez fin de l'alcoolique de licorneux ne peut reconnaître l'odeur à cause de la distance et des effluves du feu.
S'approchant de l'étranger, il allait s'assoir quand il se ravisa. Le jeune homme avait déjà l'air complètement HS comme ça, pas besoin d'aller encore plus le tourmenter en s'incrustant comme un vil Bernard l'ermite.

D'une voix calme, le Vicomte demanda,


Je peux m'assoir ?

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Le vieux François

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mer 14 Jan 2009 - 22:36

Il lève les yeux au ciel...

Eh bien voilà... voilà...
Des éclats de voix.... dans SA taverne... l'aubergiste bonhomme bougonne intérieurement en posant le verre, sur le comptoir qui en a bu des pintes, du clava et autres substances alcoolisées et qui est pourtant parfaitement ciré. Et dire qu'il est pas encore essuyé correctement ce verre. L'étain de brille pas assez. Car oui le vieux François est méticuleux. Trop diront certains. Mais il aime deux choses le bedonnant à la barbe fournie. Le silence et la propreté. C'est la règle ici et personne n'y déroge. Point.

Les pas lourds se portent vers la porte d'un des clôtets qui faisaient la réputation de sa taverne... on peut y parler seul et sans soucis d'être importuné. Les rares clients déjà là en ce début de matinée replongent dans leur chopine. Mieux vaut pas l'toiser le Vieux François quand il ose se déplacer derrière son zinc sans âge. Ici chacun le sait. Il est taciturne. Certes. Mais faut pas déranger cette vieille mer tranquille. L'est pas causant. Mais quand il l'ouvre...

Il passe sa bobine buriné par la porte. Le grisonnant à la licorne est toujours là. Connu. Il l'a déjà vu passé. Enguerrand de Lazare. Et oui il le sait. Le vieux n'est pas causant mais il a des oreilles. Et il en passe ici, des gens, plus ou moins titrés, des marchands, des voyageurs, amenés par le calme et la sureté qu'est la grande forteresse là bas sur son piton bien accroché. Il s'en raconte des choses, des faits, des méfaits... des évènements. Il en passe des noms. Il connait ses exploits pas loin en Bretagne, les échos ont retenti jusqu'ici. Mais pour le vieux François au vu de la différence des années c'est un môme. Et alors la brunette qui l'accompagne , encore une Licorne – il a noté juste, aucune appréciation, cet animal ici, ce n'est pas le loup blanc, c'est leur protection dans le village-, s'il lui presse le nez il en sort encore du lait. Il se sait respecté. Il a l'autorité du taulier et du poids des ans. Et il a toujours été juste. Même charitable même si c'est généralement en grognant. Qu'ils savent tous que derrière la trogne renfrogné, il l'est pas méchant le vieux François bien au contraire. Le front sillonné se détend un peu quand il pose ses yeux ridés sur l'homme et la dame, il voit bien qu'il y a quelque chose de pas bien riant entre ces deux là. Le Licorne est pas bien gaillard... moins que tout à l'heure si c'est encore possible. Et la brune derrière sa colère, il voit de l'inquiétude. Il posera pas de questions. Pas le genre de la maison. La voix posée sort en gutturales, sans animosité.


Dites... j'ferme la porte les enfants... j'fais apporter de la lumière...

Il attend pas la réaction. La porte est fermée avec précaution. Elle pourra tempêter la brunette. C'du chêne la porte. C'est fait exprès. Un geste vers un chandelier encore éteint, un geste vers la serveuse. C'est bon le message est passé.

Il revient à pas lents derrière son comptoir... le verre est reprit en main, dans le mouvement immuable du tourné de torchon fait depuis tant d'années. Il se perd avec la concentration silencieuse qui le caractérise... fin du premier... il empoigne le deuxième. Il lève pas les yeux quand le porte s'ouvre à nouveau. Il sait quand il faut les relever. Le crissement de la chaise. Voilà. Le vieux se meut jusqu'à la table lentement vers le nouveau venu, recroquevillé.

Drôle de piaf qui vient de se poser. Un drôle avec de la filasse dans les cheveux pas bien nets. Les yeux du vieux inspectent sans avoir l'air. Comme toujours. Une habitude. Et à force des années et des voyageurs, il est devenu doué. Joli mantel. Il ferait presque effet. Si derrière se cachait pas une chemise tâchée. Les yeux regardent le visage fin et creusé, et surtout les yeux rouges. Pas dupe, le vieux François.

Bonjour... ça sera quoi ?

Tant que c'est pas c'qu'ils boivent eux là haut... et que c'est fort. J'peux payer.

Pas l'accent d'ici, petit. Ça sent l'est quand tu me causes. Tu voyages donc. Comme la poussière que tu m'as ramené sur la table...et qu'il essuie derechef, en empoignant le deuxième torchon plus sale qui pendant à son tablier... Là haut... C'est la forteresse. Qu'est ce qu'il a fait le drôle. En tout cas, si ça ne s'appelle pas de la déception.


Déjà petit, on répond bonjour quand on est poli...

Retour vers le comptoir sans rien ajouter. Sa main décharnée se pose sur une bouteille de calva et l'ouvre. Bien sûr que oui ils en boivent là haut. Ils boivent d'ailleurs tout. Tant que c'est alcoolisé. Il a même fait importer des alcools de tout le Royaume le vieux tavernier. C'est qu'il en vient de partout des encornés. Et que quand le mal du pays les prend et qu'ils descendent ici pour fuir les pierres de la citadelle, ça leur réchauffe le coeur de boire un peu du pays. Le liquide ambrée se perd au fond du verre qu'il vient d'essuyer et le pose lentement devant le bambin qui se tient la tête dans la main. La voix gutturale résonne une deuxième fois.

Pour moi... tu paieras le prochain va...

Il sait pas pourquoi mais il l'aime bien. Faut dire, faudrait être un coeur de pierre devant la moue désespérée du petit brun qui lui fait l'effet d'un moineau tombé du nid. Il reste pas cependant. Il retourne vers le comptoir. Si le petit piaf veut de l'aide, il viendra le trouver. Toute façon, il sait. Vu la trogne du petiot, il en voudra un autre. Il est là pour se noyer. Il veillera quand même à ce qu'il sombre pas trop. L'alcool a jamais résolu les maux.

La porte s'ouvre encore. Mais qu'est ce qu'ils ont aujourd'hui... encore un licorneux. Un petit du poste de garde. Les commères du coin en parlent assez. S'ils savaient là haut. Elles prennent les paris pour savoir qui y sera. En donnant même des notes aux gars qui s'y trouvent. Et alors il sait quand il y a une donzelle. Ça râle, ça râle, ça jacasse au poulailler. Pour ça qu'il sort avec parcimonie de sa taverne... les piallantes, dehors... ici il y a le calme juste troublé par les chopes et les murmures.

Le licorneux arrive près du moineau... regard en coin pendant qu'il essuie de nouveau un verre. Il leur est destiné. Un de là haut qui parle à un qui semble pas aimer ceux de là haut. Ça promet. Mais qu'ils se méfient. Si ça hausse le ton... cela risque de chauffer pour leur matricule.

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Enguerrand_de_lazare

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Jeu 15 Jan 2009 - 13:18

[Dans le futur potentiel champ de bataille]

La main de la jeune femme s'était posée sur son front. Tout juste un frémissement échappé par la surprise de ce contact familial.
Geste protecteur, rassurant s'il en était, qui ne faisait pourtant qu'affaiblir encore plus le chevalier. Ce lien charnel aurait du le réconforter, il le savait. Sa sœur, reprenant superficiel contrôle d'elle même avait trouvé courage et volonté assez pour s'avancer vers lui et déclencher ce lien physique. La jeune femme toutefois était pareille à volcan couvant, lave en ébullition coulant dans ses veines, tentant de trouver voie d'accès vers l'extérieur. L'explosion ne saurait tarder. Le feu vengeur ne manquerait pas sous peu de trouver la faille pour jaillir en traits brulants, détruisant source et cible de ce courroux là.
Pour l'heure, malgré les violentes tensions intérieures, cette main là était glacée, froide presque autant que la mort elle même. Ce contact lui donna impression de brulure profonde, comme parfois peut le ressentir un être possédé par néfaste fièvre. Il ne bougea pas cependant. Il avait trop à faire que de s'occuper de ses sens déréglés. De prime, reprendre pied. Ensuite, la conversation pourrait reprendre son cours.


Enguerrand je ne comprends rien.
Où étais-tu? Quel démon?


Pour sur qu'elle ne pouvait rien y comprendre. Lui même, acteur principal de cette souterraine scène avait eu par instants plus l'impression d'en être simple spectateur réfugié en la fosse, assistant sans le vouloir aux actions des protagonistes de cette pièce démoniaque.
Comment pouvait elle comprendre quelque chose qu'il n'arrivait pas encore à s'expliquer. Il avait besoin de temps. De calme. Seule réflexion et tranquillité l'aideraient à déchiffrer peu à peu les pages récentes de sa vie. Nombreux passages noircis, griffonnés, d'une écriture qui n'était pas la sienne. Mots écrits qu'il ne pouvait avoir prononcés. Gestes violents commis par lui même, qui n'avaient pu avoir lieu. Devant Elle. Contre Elle. Souvenir d'un coup violemment asséné à la rousse remontant en sa mémoire. Non, ce n'était pas possible, impensable même. Si d'aventure cela s'avérerait exact, il n'aurait pas assez de sa vie entière pour expier ses pêchés.
A moins que...
A moins qu'il ne trouve autre moyen de laver ses errements. Cette Voix là, enfouie à nouveau au fond de sa conscience, le lui soufflait sans répit, susurrant douce mélodie, distillant mots charmeurs en son esprit. IL l'appelait de toute sa force. IL essayait par tous moyens de le tenter. IL connaissait le chevalier, part indissociable de Lui même, et savait quoi lui suggérer en cet instant précis.

Brusque geste de la main senestre, comme pour chasser ces pensées. Plus tard avait il dit. Plus tard.
Pour l'heure, il avait encore tant à faire. Tant à dire.
Regard se posant à nouveau sur sa sœur, debout à ses côtés. Serait ce tremblement qu'il venait de déceler chez celle-ci? A moins que ce ne soit illusion de sa vision vacillante. Elle n'allait pas bien, Marie, nul ne pouvait en douter. Tout du moins lui n'en doutait pas un seul instant. Il voulait l'aider, la soutenir, l'accompagner, mais il n'avait pas encore force assez pour se soutenir lui même. Quand à aider autrui...

Bruits de pas venant de la salle commune de l'auberge. Respiration perçue, légèrement sifflante. Une voix, celle du Vieux. Dame! ainsi donc même ici ils ne pouvaient être en paix. Chaque place ces temps ci semblait regorger d'oreilles aux aguets, de paires d'yeux épiant faits et gestes, de langues toute prêtes à se délier pour répéter quelconques informations.
Bienheureux François qui ne demanda pas son reste, devançant de quelques instants seulement l'acerbe et irritée remarque qui n'aurait pas manqué de fuser de la part du chevalier.
La servante maintenant, qui d'un pas peu rassuré pénétrait en leur antre. Serait il donc bête mythologique tapie en sa tanière pour déclencher ainsi pareille peur? A moins que ce ne soit plus simplement son allure et son aspect physique qui devaient entrainer pareils sentiments.
Lassitude et fatigue envahissant soudain le corps du licorneux, chassant par là même la colère qui lentement était à nouveau montée.
Chandelier posé d'une main tremblante sur la table de chêne. Pas un regard adressé par le Capitaine à la jeune servante. Mieux valait ne pas ciller, sans quoi il en était sur il éclaterait ou elle se pâmerait.

Porte close désormais. Is étaient à nouveaux seuls, isolés du reste de l'univers par cette barrière de bois.

Fermer les paupières un instant. Trier. Réfléchir.
Elle avait question posée et il se devait d'y répondre.
Il devrait choisir chaque mot avec le plus grand des soins. Ne pas irriter plus encore la jeune femme. Ne pas risquer de faire revenir à nouveau cet Autre ne perdant miette des événements actuels.


Marie...Je ne sais encore moi même ce qu'il s'est réellement passé. Depuis...depuis Vendôme, depuis mes blessures, j'ai eu terribles visions cauchemardesques de mon passé, revivant inlassablement les moments les plus durs et les plus douloureux de ma vie en Orient.

Une pause. Faire refluer les images ocre apparaissant dans son champ de vision. Faire disparaitre ce vent chaud et sec semblant comme à chaque fois emplir les lieux lorsqu'il revivait ces instants. Chasser de son esprits les visages qui, halo fantomatiques, apparaissaient peu à peu dans la pièce. Regarder sa sœur. Se plonger dans ses yeux, fil d'ariane le reliant à la réalité.

Depuis...depuis tous ces longs mois, visions et hallucinations se sont multipliées, revenant de plus en plus souvent, semblant de plus en plus réelles. Si je n'avais rien fait, je m'y serais perdu à tout jamais.

Sans même qu'il n'y prenne garde, sa main dextre, soudain, quitta le plat de la table pour se glisser d'un geste vif et précis vers sa ceinture, vers cette bourse de cuir désormais vide, souvenir volontairement conservé de qui avait été.

J'ai cru, fou que je suis, trouver issue dans les paradis artificiels, dans l'aide que j'ai cru un temps salvatrice des drogues, dans ce pavot qui, tu le sais, était devenu mon ami le plus cher, le plus précieux...et le plus destructeur...Les visions, alors, sont devenues moins terribles, la douleur moins profonde, j'ai cru un temps que j'étais sauvé. Peu de temps, pour être franc. Bien vite, je me suis aperçu que cette poudre là que je prenais pour échapper à mes délires me devenait indispensable. Pire encore, ma dépendance était telle que je ne pouvais passer plus de quelques heures sans porter pincée à ma bouche.

Enserrant la bourse, la main gantée semblait comme chercher d'elle même l'ouverture de celle ci, espérant trouver, se peut, quelques résidus de pavot. L'âme était faible. Le corps encore plus.

J'y ai cru, Marie. J'y ai cru de toute ma force. De tout mon être...Avant que de devoir m'avouer que cette dépendance là m'entrainait dans les abysses, créant en moi...une ombre...un fantôme qui...

Il n'y tenait plus. La souffrance qu'il ressentit soudain à l'évocation de ce double intérieur le submergea. Sans même prendre garde à sa sœur debout à ses côtés, il se releva brutalement, faisant chuter son tabouret à terre. Il ne pouvait rester là à parler de cet Autre, fragile, vulnérable.
A tout combat sa position de garde. Il se tiendrait donc debout, face à son adversaire immatériel avant que de pouvoir tenter de l'évoquer.
Regard dur et froid, prêt à en découdre si d'aventure Il tentait de revenir, renforcé qu'il ne manquerait pas d'être à Son évocation, il marqua une pause, laissant respiration et battements de son coeur reprendre rythme acceptable.
Ensuite...ensuite viendrait l'explication...

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P'tit Louis

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Jeu 15 Jan 2009 - 17:15

[Dans la première salle]

Le visage buriné et ridé du tavernier s'éloigne, un simple reproche énoncé comme une évidence, enfonçant un peu plus la tête de Louis dans ses mains. Comme si l'échec qu'il venait de subir ne suffisait pas à sa honte, il faut qu'il en oublie aussi la simple éducation. Un verre laisse entrevoir un liquide ambré à la forte odeur de pomme et d'alcool se matérialise devant lui tandis que la voix du vieil homme résonne de nouveau à ses oreilles.

M'ci M'sieur.

La voix est chevrotante mais la main ne tremble pas quand il se saisit du verre. Ambré, la douce couleur des reflets que le soleil amuse parfois dans la longue chevelure chatain d'Apolonie. Le lourd poids de son regard de nouveau pèse sur lui. Et il se souvient de la rencontre. Pourquoi il avait lâché du presque rien pour tout un monde.

L'adolescent né dans un coin de Bourgogne à l'orée de la Franche Comté avait commencé à vadrouiller sacrément tôt. Pas que ses parents soient morts, mais ce que d'aucuns nomment l'appel des chemins avait sonné pour lui bien avant qu'il n'ait atteint la majorité. La bouille avenante et l'oeil vif avaient facilité ses pérégrinations, il s'était fait tout seul, sur de tout connaitre... Jusqu'à...

Elle.

Impressionné, sa jambe pourtant si nerveuse en avait arrêté de s'agiter inutilement sous les tables. Il en était resté coi. Et il l'avait admirée. Jeune garçon débrouillard avait trouvé de quoi attiser sa curiosité, et un but. Éphémère, passager, sans doute. Le temps d'un bout de route partagé. Mais la confiance s'était tissée entre eux, et ...

Déception.

Ce renflement sous sa chemise le gêne, le scel attaque sa peau blanche, et le coeur se brise à la pensée de se présenter devant elle. On pourrait trouver qu'il donne dans le mélo, le p'tit Louis, mais pour lui, dire qu'on va faire quelque chose signifie tout faire pour y parvenir. Et il a échoué, c'est de sa faute, il n'aurait pas du parler comme ça... Il aurait du dormir avant, pour mieux présenter peut-être.

Boire.

La coulée de feu qui voyage le long de sa gorge nouée réchauffe quelques secondes l'intérieur dévasté d'un messager qui a failli. Une deuxième lampée rejoint rapidement la première. Alors qu'il lève le coude, il surprend sur lui un regard en coin du tavernier, interpellation d'une pupille fatiguée qui se laisse happer par un écuyer qui parle sans qu'il ne l'ait entendu arriver.

Serrer les dents.

Le verre a retrouvé la table, et la tête les épaules. Louis pose un regard torve sur celui qui lui a dit être vicomte. S'asseoir ? Pourquoi ? Ils ne l'ont pas assez ridiculisé là-haut ? Ils ne se sont pas assez moqués qu'il faille venir le trouver jusqu'ici ? Ils l'ont suivi, pour bien l'achever ? La culpabilité ne demandait qu'une pointe de rancœur pour se muer en colère, et la voilà qui gronde, sourde, teintée d'une tristesse insondable. Celui qui n'a jamais accordé foi au serment ne pourra pas comprendre, mais Louis, quand il promet, il réussit. Ou presque. De sa faute. Sa faute ? Non ! La sienne, celle du licorneux qui lui fait face, qui n'a même pas pris la peine d'appeler un membre du Haut Conseil, qui n'a même pas pris le temps de le prendre au sérieux quelques secondes, de se renseigner...

Conscience.

Peut-être l'aurait-il fait... Si Louis avait su parler. Les ongles s'en vont trouver les paumes, s'y enfonçant presque amoureusement, marquant la peau blanche de petits croissants rouges... Son menton tremblote, sous ses paupières des perles salées menacent de faire céder la digue de ses cils. Et pourtant, sans se lever, mais en haussant le minois crasseux jusqu'à regarder Mackx en face, il répond... Voix faiblarde aux relents de calva.


Pour se moquer du messager, c'est d'jà fait. Si c'est pour m'dire encore que j'vaux rien et qu'on ne veut pas de ma missive, ça ira. Si c'est pour boire, c'pas ma taverne, cette place est la votre si vous la voulez.

Et de replonger les noisettes dans l'ambre, avant de porter la liqueur à ses lèvres gercées. Louis fait le grand. Louis est dévasté. Louis jette un regard au vieux derrière son comptoir. Louis ne sait plus quoi faire. Et ce velin qui lui crame la peau...
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Mackx

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Jeu 15 Jan 2009 - 18:02

[Toujours dans la première salle pardieu !]

P'tit Louis n'était pas HS comme l'avait cru Mackx ... il était atomisé ! On aurait dit que l'entièreté d'une vie difficile venait de lui passer au travers du corps, et pourtant ... il n'avait que dix-sept ans ... au mieux ...

A la voix monocorde répondit une voix dans laquelle on pouvait saisir une pointe de déception.


Vous n'avez pas eu ma missive ?

Question sans fondement, puisqu'il sentait bien que la réponse était non. Plutôt une conclusion qu'une question. Mais alors, la hasard avait bien fait les choses puisque le visiteur s'était rendu où Mackx lui avait demandé se rendre sans avoir eu connaissance de cette demande.

L'écuyer jeta un oeil au verre du gamin. Presque vide, tu m'étonnes. Et dire que normalement, l'alcool n'aide pas dans ce genre de cas ... Mais allez dire ça à ce foutu licorneux alcoolique pour qui payer un verre est la mère de toutes les vertus. Celle qui allie picole et fraternité, le tandem parfait quoi !


J'ai peut-être pu vous paraître stupide ? Méchant ? là haut. Et c'est pour ça que je suis venu m'expliquer avec vous.
Mais avant, je paie un verre.


Nouveau déplacement, vers le comptoir cette fois-ci. Quelques paroles échangées avec le Vieux François et l'écuyer revint avec un verre pour lui ... et la bouteille pour eux. Le tavernier avait bien fait la moue quand le poitevin lui avait dit de mettre la bouteille, c'est que du calva, c'est quand même du calva ... et il n'avait pas envie que toute la région entende qu'un esclandre entre deux hommes ivres avait eu lieu dans son bistrot.
Mais bon, comme Mackx lui avait fait un grand sourire et qu'il l'avait payée d'avance, il fit contre mauvaise fortune bon coeur et accepta. Faudrait juste qu'il garde un oeil attentif sur les deux zozios là dans le coin !

Mackx s'assit, non sans avoir déposé le contenu de ses mains sur la table et s'être servi un verre. Il fit avancer la bouteille vers le jeune homme.


Si vous en voulez, servez-vous.

Le tout dit avec un sourire, histoire de lui montrer qu'il n'est pas là pour l'enfoncer ou se moquer de lui mais parce qu'il a le sentiment d'avoir buggué là haut et qu'il aimerait effacer ça ... si possible.

Je m'excuse pour tantôt. J'aurais du être moins dur avec vous.

Mais ... faut dire que vous ne m'avez pas aidé non plus ...


Silence qui se fait de la part de l'écuyer. Caramba, c'était peut-être pas la chose à faire que de le réattaquer.

Non, ce n'est pas ce que je voulais dire.

Ce que je voulais dire, c'est que les membres du Haut Conseil viennent d'être nommés. Ce matin, pour être précis.
Et ils doivent traiter au plus vite un monceau de choses qui traînent en suspens depuis plusieurs mois à cause de la disparition de notre Grand Maistre, et le décès de plusieurs de nos Chevaliers membres du Haut Conseil.

Alors ce n'est pas vraiment la journée où l'un d'eux va descendre à la herse en abandonnant ses occupations. Vous comprenez ?
En cas d'obligation, bien sur, ils pourraient sacrifier un quart d'heure et descendre. Mais dans ce cas-ci, c'est une lettre ...

Un objet ... qui peut leur être transféré par nos soins. Et qui l'aurait été si vous nous l'aviez donné.
Ils auraient pu ainsi finir leur dossier en cours, et puis lire votre missive. Ils auraient aussi eu sous la main de quoi y répondre le cas échéant. Car à part du parchemin de mauvaise qualité et une mine, nous n'avons rien au poste de garde.

Et vous auriez eu votre réponse dans la journée. On serait même venu vous la porter ici si vous ne vouliez pas attendre devant la grille ...


Voila, tout était expliqué. Le pourquoi du comment de l'effet était substantiellement expliqué là.
Seulement voilà ... tout cela donne soif ! Et c'est pourquoi Mackx descendit la main vers son verre et la releva, accompagnée du susnommé verre. Le calva, c'est comme les mars ... un petit coup et ça repart !

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Jeu 15 Jan 2009 - 21:01

Face à face encore. Difficile de faire autre chose en ce lieu où ne se trouvaient que deux êtres, du moins aux yeux de la jeune femme.

Tentatives de comprendre tout en ne perdant pas pieds, d'aider en ne sombrant pas, d'aimer en cessant de craindre une fuite.

Elle avait senti le frémissement de son frère sous sa main, décelait que la chair qui n'était pas la sienne mais pourtant en faisait partie, souffrait lui aussi.

Regard plongé dans celui du Capitaine, cherchant, fouillant dans les tréfonds de son âme les raisons de ce mal le rongeant, les rongeant. Mais que pouvait-elle lire au fond de ses yeux si tourmentés? Que renvoyaient les siens d'ailleurs? Qu'y verrait-il s'il retournait les questions?

Plongée si profondément qu'elle ne prêta garde ni aux mots ni aux gestes du tavernier, ne sentit ni n'entendit la porte se fermer puis se rouvrir, chandelier posé entre eux sur la table, chêne refermé mais là encore, trop perdue en elle, en lui...

Et un début de réponse arriva, par vague, et dès les premiers mots l'ouragan maitrisé à grand mal souffla à nouveau.

Elle l'entendait oui, mot après mot, enregistrait chacun d'entre eux mais son esprit n'était plus là. Il avait suffit de peu mais les portes du temps venaient de s'entrouvrir et déversaient désormais leur flot de souvenirs sur une Marie qui devait sembler impassible.

Sembler oui vu de l'extérieur, telle une statue posée là pour décorer la pièce, montrer ce que l'on pouvait trouver en poursuivant son chemin sur les hauteurs vers la forteresse. Pour ou contre, voilà qui pouvait se discuter.

Un corps donc, une partie d'un cerveau présent pour ne rien perdre des explications tant attendues, la plus grande partie... Partit justement sur une plaine de Touraine, par une froide journée de janvier.

Une plaine rouge du sang bu, sang de si diverses origines qu'elle avait dû faire naitre de sacrées récoltes cette année là, donnant du raisin noir à la robe vermeille une fois devenu vin. Riche, aromatique, et peut-être amer. Sûrement amer. Des larmes versées pour chaque goutte du rouge liquide si précieux.

Une bataille perdue, des vies gâchées. Si nombreuses qu'elle en avait le tournis, la nausée, son estomac se révoltant et jouant une étrange danse en son ventre. Des noms dansant devant ses yeux, des cris de mourants, de blessés. Et le sang encore.

Celui des autres qui tombaient autour d'elle alors qu'elle restait debout, ne renonçant pas. Quand on était une Jagellon on ne lâchait pas prise, debout toujours, même au plus fort de la tourmente, même si autour d'elle, tout n'était plus qu'amis au sol et ennemis bien campés sur leurs jambes.

Sang coulant à flot d'une blessure alors qu'elle s'effondrait lentement, jambes cédant enfin, coeur s'affaiblissant alors qu'un être point encore né cessait d'exister.

Noir enfin pour un temps, oubli, corps fiévreux et douloureux mais tant qu'elle restait au fond, là, à l'abri, rien ne pourrait l'atteindre. Juste dormir, sans rêve, respirer juste pour survivre, pour guérir. Comme si elle pouvait guérir de tout ce qu'elle avait vu.

Non depuis elle ne l'avait jamais fait. Même si le traitement du Coucou aurait pu servir d'expiation. Enchainée à même la pierre, sur le sol froid de sa forge brûlante, avec à peine de quoi survivre. Libérée ensuite devant Tours, nue, attachée à une mule donc la selle emplie d'épines lui meurtrissait les chairs et pourtant sauvée par un homme qui aurait dû se conduire en ennemie. Et même là, il avait fallu qu'elle entraine Kirah dans son sort...

Statue pétrifiée commençant à bouger lorsque la voix murmura à son oreille.

Regarde, écoute, cesse de te réfugier dans le passé et de ne penser qu'à toi pauvre gourde. Regarde ce qu'il est devenu par ta faute. Oui ta faute. Qui a-t-il suivi hein pour la protéger? Qui a refusé d'attendre et n'a rien voulu céder? Toi bien sûr. Toi. Oh elle est belle le chevalier, elle est belle la grande dame. Mais pour qui te prends-tu à la fin? POUR QUI?!

Statue plus d'actualité alors que les mains se posaient sur les oreilles, comme si par ce geste ridicule la voix cesserait de planter une dague en son coeur et que les paupières tombaient sur ses yeux. Ce qui n'eut pour effet qu'obtenir l'effet inverse à celui souhaité.

Le ton de la voix se fit plus fort tandis que les mots vrillaient ses tympans et que ses dents se plantaient dans sa lèvre.

Vendôme... Il en a tellement souffert qu'il est devenu dépendant... Drogué... Mais ouvre les yeux lâche. REGARDE!

Yeux ouverts pour voir son frère se lever, si pâle, regard croisé, dur, glacial tandis qu'elle peinait à maintenir les murs en place.

Tête tournée vers la porte, prendre l'air deux secondes, prétexter avoir besoin de quelque chose, n'importe quoi....

Porte... Fermée...

Coeur explosant en sa poitrine, souffle coupé, poigne serrant sa trachée, impossibilité de parler, main se levant en direction du bois...

Ouvrir...

Noir se faisant petit à petit alors que le manque d'air se faisait sentir.

Résister...

Rouge luttant contre le noir.

Noir... Pourpre... Rouge...

Colère pour se maintenir, colère pour repousser la peur, colère pour arriver à surmonter la culpabilité qui l'écrasait.

Eruption, lave déferlante en elle, ne voir que le rouge tandis qu'une voix sortait de sa bouche, basse, sifflante, à peine reconnaissable.


Et qu'est-ce qui t'a empêché de me parler? Qui t'a fourni cette drogue? En qui as-tu eu plus confiance qu'en ta soeur?

Colère pour effacer la souffrance.....

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Par contre, pour ce que tu dis, Marie, je plussoie à 100%. Ca aussi, tu peux l'encadrer^^.

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Ven 16 Jan 2009 - 11:43

Debout, poings serrés, main senestre posée sur la garde de son épée, il se tenait, immobile, observant la scène par sa sœur offerte.
Il l'avait vue colère.
Il l'avait vue sang, haine, rancœur.
Il l'avait vue perdue, abasourdie par élan de tristesse qui avait occupé son regard.
Vendôme bien sur. Vendôme. Depuis un an maintenant, pas un jour ne se passait sans que la jeune femme ne revive ces instants terribles. Il le savait. Il le sentait.
Ce massacre sur le gué alors que l'armée des Ordres Royaux prenait place devant les remparts de la cité, ralentie qu'elle avait été par sa longue mise en ordre de marche, les premiers éléments de royaux ne pouvant prêter main forte à l'armée de champagne taillée en pièce par les Compagnies, bloqués qu'ils étaient par troupe de lourde cavalerie sur les lances de laquelle ils seraient venus s'empaler, si tant est que certains aient osé braver le mortel danger et se jeter dans la mêlées.
Rien de plus terrible pour homme ou femme de guerre que d'assister au massacre de compagnons sans pouvoir porter assistance ni sortir épée de son fourreau.
Quand enfin le gué n'était plus que sang, le second affrontement avait eu lieu. Une première charge repoussée. Une seconde, sans répit aucun, lancée par les Compagnies. Royaux résistant de prime avant que de céder sous le nombre, ses compagnons tombant les uns après les autres.
Emprisonnement de prime. Convalescence à mesure que les blessures physiques se refermaient, tandis que celles de l'esprit restaient béantes, flots putrides d'humeurs viciées et de sang contaminé par les miasmes du désespoir. Souffrance enfin, insoutenable, pour les deux jeunes femmes livrées en pâture à un oiseau devenu fou.
Et Marie. Marie. Celle qui avait été à leur tête, leur général, leur chef de guerre, rendue responsable de ce désastre par tous les pédants et fats de cour, les stratèges d'un jour bien tapis au chaud dans leurs demeures, les experts en matière militaire qui n'avaient commandé d'autre armée que leurs petits bataillons privés, richement vêtus et tout juste aptes à parader en la cour de leurs châteaux. Il haïssait ceux là. Plus que tout les ennemis du Roy, il vomissait ceux qui, sous couvert de défendre la royauté n'en faisaient que l'affaiblir plus encore par leurs avis et conseils tout autant inutiles que stupides et détestables.
Mais là n'était point le sujet de leur entrevue. Le passé était là, sanglant, douloureux, revenant en charges incessantes telle marée furieuse sur la digue protectrice d'un port quelconque, mais le présent apportait lui aussi son lot de misère et de peines.

Il avait vu la panique un instant envahir sa sœur, la submergeant en une seule et unique vague démentielle.
Espace restreint. Fermé. Porte close. Le geste anodin du Vieux avait maintenant conséquences insoupçonnées pour qui ne la connaissait point.
Avant même qu'il ne puisse esquisser le moindre geste, tenter la moindre parole, elle s'était retournée vers lui.
Plus trace de doute ni d'angoisse en ses pupilles. La rage et la colère, flots destructeurs et impétueux, irradiaient à nouveau de tout son être. Les traits s'étaient transformés, son visage devenu dur et froid. Ses yeux, mortels jets de flamme auraient pu lui asséner mille traits brulants s'ils en avaient eu possibilité.
LA voix. Cette voix sortie de la bouche de la jeune femme semblait provenir du plus terrible et homérique des champs de bataille.
Elle était mort. Elle était furie. Elle était peine et souffrance. Elle était vengeance.


Et qu'est-ce qui t'a empêché de me parler? Qui t'a fourni cette drogue? En qui as-tu eu plus confiance qu'en ta soeur?

Craquement, comme celui du bois recevant violent coup destructeur. Coups assénés aux lourdes portes de cette forteresse qu'il venait tout juste de remonter pierre après pierre, dans la solitude de sa geôle souterraine.
Ne comprenait-elle pas. Était-elle à ce point aveuglée par la rage qu'elle n'en avait pas saisi le sens de ses paroles. Ne pouvait-elle déjà plus contrôler sens et émotions pour qu'elle réagisse de la sorte, semblant chercher tous moyens d'arriver à ce fraternel affrontement.
A moins que ce ne soit pour elle porte de sortie de son état actuel. Laisser s'échapper le trop plein de fureur pour pouvoir à nouveau contrôler son corps et son âme.
Il connaissait si bien cette façon là de faire. Combien de fois déjà avait il laissé sortir de ses murailles colonnes destructrices prêtes à piller et ravager pour que la tension interne descende assez, évitant pour quelques trop courts instants, de sombrer dans folie la plus profonde.
Oui, il connaissait cela. Il était si simple d'agir de la sorte. Si aisé.
Si...lâche...

Craquement à nouveau. Plus profond, plus bruyant maintenant. La porte déjà se fendillait sous les assauts du Monstre. Colère et rage en étaient ses légions. Faiblesse et fatigue sa cinquième colonne chez l'ennemi introduite.
Tout son être tremblait intérieurement. Il devait colmater cette brèche. Au plus vite. Avant que l'Autre ne puisse à nouveau monter aux créneaux, déferlant sur la plaine de son esprit sans plus de défense aucune pour le stopper.

Arrête Marie. Arrête, je t'en supplie. Cesse ce jeu là. Il nous perdra tous deux.

Et après...sombre idiot de licorneux de mierda.
Elle veut l'affrontement? Elle l'aura.


Terreur. Effondrement.
IL était là! IL était revenu. Le pacte. Le pacte, maudit traitre. Tu ne devais pas...Tu avais promis. Nous avions passé accord scellé par le sang. Mon sang. Notre sang.
Résister. Ne pas se laisser à nouveau envahir par celui là.
Répéter encore et encore la litanie par le géant enseignée.

Tu ne peux vivre ainsi.
Tu connais les conséquences qui seraient si l'on se rendait compte de qui tu as en toi.
Tu sais qu'Elle t'aime
Tu ne peux te complaire dans la lamentation perpétuelle de ton passé.
Tu ne dois pas Le laisser prendre les rênes.
Tu fixes les règles. Tu as le pouvoir de le lier.
Accordes toi avec lui. Parviens à compromis.
Aie pitié de lui. Ainsi tu le domineras.


Combien de fois s'était il répété ce crédo, psalmodiant les phrases sans discontinuer, tel prêtre devenu fou en un éternel sermon.
Sous l'action des paroles bienfaisantes, les coups portés semblaient peu à peu diminuer en intensité. Le calme, lentement, avait repris place en ces lieux sous la menace d'une nouvelle dévastation.
A nouveau il pouvait regarder sa sœur, supporter la colère sur lui déchargée.
Il n'avait pas bougé d'un pouce, debout fermement campé sur ses jambes.
Poing dextre serré, main senestre toujours appuyée sur son épée, prolongement fait de métal de sa propre chair, il était prêt. Prêt à livrer bataille.
Contre deux assaillants en même temps. L'un physique ô combien à lui lié, l'autre éthéré, inexorablement imbriqué en son esprit propre.

Quelques instants encore puis sa voix se fit à nouveau entendre. Plus forte maintenant, emplie de la volonté pour un temps retrouvée. Dernier combat? Baroud d'honneur avant que l'assaillant ne vainque? Qui sait.


Que me demande tu là, Marie. De te donner un nom? Est ce cela qui calmerait ton courroux? A moins que tu ne souhaites cela que pour pouvoir déverser ta colère sur cette pauvre personne.

Provoquant, il la toisait maintenant du regard.

Crois tu que je vais jeter en pâture celui ou celle qui m'a aidé? Crois tu que je serais traitre à ce point à ma parole donnée, à ma conduite, à ma conscience? Penses tu que je puisse parjurer le serment prononcé? Imagines tu que je sois lâche assez pour ne pas t'affronter, toi, laissant à autrui la tâche difficile de subir ta colère.

Je suis chevalier, Marie, tout comme toi. Tu sais ce que cela peut vouloir signifier.
Je suis ton frère, tu me connais assez pour ne pas me rabaisser à cette image là que je vois décrite dans tes questions.
Suis je donc à tes yeux si pitoyable et affaibli que je n'en oserais assumer mes actes et mes paroles, pour me décharger sur tierce personne?


Un fin sourire se fit jour alors sur son visage, traçant lentement son sillon sur le visage émacié.
Pour un observateur extérieur, il pouvait paraitre calme et froid.
Intérieurement, le chevalier sentait monter en lui vent de panique. Ces mots par lui prononcés étaient les siens, certes. Mais ils avaient violence et intonation qui résonnaient comme ceux de l'Autre.
La machine était en marche et, lentement, inexorablement, prenait force et vitesse, brisant sans peine les obstacles devant elle dressée.

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Ven 16 Jan 2009 - 15:00

[Dans la première salle]

Le licorneux a décidé de prendre place, et semble volubile. Une missive ? C'était donc de lui. Une main qui se porte à sa poche, posant le bout de parchemin crasseux sur la table entre eux. Il sait pas lire Louis, alors il s'en moque. Il ne sait pas ce qu'il y a dessus, mais de toute façon l'homme lui fait face, alors au final ça ne change rien.

Il parle.

S'expliquer ? S'il n'a pas changé d'avis à quoi bon s'expliquer ? Louis s'en moque, s'en fout, n'en a rien à faire d'explications... Elle n'en aura cure, elle qui comptait sur lui pour remettre son message coute que coute... Lever de coude pour marquer les pensées, dernières gouttes d'ambre qui rejoignent la gorge, alors que l'homme quitte son champ de vision pour venir y poser quelques temps après bouteille et second godet.

Un regard.

Il cause, le licorneux. Louis n'attrape qu'un mot sur deux du monologue de l'autre, concentré sur le propre palabre qu'il devra tenir au retour. Non, il n'est pas venu l'aider à remettre le pli, il est juste venu enfoncer le clou... "Trop occupé" "élections" "une simple lettre"... Autant de mots qui restent bloqués aux portes d'la conscience du gamin désespéré. Il ne comprend pas tout ça, il voulait juste accomplir sa mission.

Se redresser.

Une mission. Précise. Il l'a dit, pourtant, expliqué, plusieurs fois. Que n'ont-ils pas compris dans ses phrases ? Que n'a-t-il pas su clarifier dans ses propos ? Qu'a-t-il raté pour qu'on lui ressorte encore des excuses qui n'ont rien à voir avec la cause de son mal être ? Regard épuisé lançant de faibles éclairs, les épaules tentent une remonté précaire, se rasseoir plutot que de s'affaler.

Sa présence derrière lui, ce qu'elle dirait, la déception, culpabilité, la colère... Il parle Louis, un peu plus fort que ce qu'il aurait souhaité, sans aller jusqu'à crier. La présence du vieux derrière le comptoir, le double regard du tavernier et de sa maitresse pèsent sur lui.


Z'êtes écuyer, chevalier, que sais-je, m'sieur. Vous d'vez connaitre les mots "mission" "honneur" "ordre" "respect" ? Si vous n'les connaissez pas, moi si. Ma dame m'a donné des instructions, précises.

Ne pas lui obéir serait me perdre autant que j'viens de le faire en échouant... Z'avez des règles, j'ai une conscience. J'suis p'être pas grand chose, mais ça m'tient à coeur.


Soupir.

S'affaisser de nouveau, lorgnant le verre vide d'un oeil vide. Il a échoué,et ça lui revient en pleine face, comme une lame écumeuse qui s'éclaterait sur la falaise de sa perception. Il peut toujours se défendre face au vicomte, il a failli, et quoiqu'en dise l'autre, il devine ce qu'il subira au retour.

L'azur au mieux orageux, au pire voilé de nuages déçus... Tignasse brune qui ondule alors qu'il tourne la tête vers l'aubergiste. Le prochain ? Veut pas boire dans la bouteille de la source de ses malheurs. Humidité salée au coin de l'oeil. Fatigué. Echoué.
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Mariealice

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Ven 16 Jan 2009 - 18:45

Inspiration... Faire entrer l'air à nouveau, repousser les parois de chair comme elle l'aurait fait de bras l'emprisonnant. Avaler sa salive pour soulager la gorge irritée et sèche. Sentir le sang charriant la vie en elle, repoussant l'air vicié de ses poumons pour...

Expiration... Sortir cette hargne, cette douleur, les visualiser telle une nuée d'insectes fondant sur un champ prêt à être récolté, loin d'elle, très loin.

Apaisement... Calmer le coeur qui pompait, aspirant, injectant, réchauffant? Ah non cela nul besoin. Comment réchauffer de la lave en fusion?

Concentration... Ecouter l'homme face à elle, se forcer, ne pas hurler, rester là, debout, main posée sur la poignée, façon comme une autre de se rassurer sur la possibilité de l'ouvrir.

Regard vert dans l'ambre, les deux aussi sombres l'un que l'autre, chacun bataillant contre l'autre, bataillant contre la bête tapie à l'intérieur aussi. Quelle lutte était la plus difficile d'ailleurs?

Regard vert dans l'ambre, soeur contre frère, soeur désemparée un peu plus à chaque assertion, assénée telle des coups de marteau sur un métal récalcitrant, métal forgé devenant épée plantée en son ventre, cette même épée dont il tenait fermement le pommeau sous sa main.

Voix, calme, bien trop sans doute, froide, métallique, renvoyant alors à celui d'en face les coups portés.


Ce que je te demande... Peut-être de me faire confiance. Ah non pardon. Je n'en suis pas digne. On le sait tous désormais et depuis un temps certain même.

De voutée de prime abord, elle se redressait au fur et à mesure que les mots cinglaient.

En pâture? Oh mon Dieu non... Moi? Ainsi je serais soudain devenue capable de me repaitre de la douleur infligée, des attaques portées, du sang versé?

Lâche toi? Non cela m'est réservé. A moi. A moi uniquement. Qui d'autre pourrait l'être voyons...Et tu parles de m'affronter? Mais enfin Enguerrand, un lâche ne se bat pas c'est bien connu.


Main lâchant la poignée de la porte, corps devenu rigide, droit, tendu de toutes ses forces qui pourtant se plia pour faire une profonde révérence avant de retrouver sa position initiale, parfaite ballerine rompue à l'art du paraître.

Chevalier veuillez pardonner votre humble servante à peine digne de baiser vos pieds. Alors digne de confiance non vraiment...

Je ne suis que votre soeur, à demi il est vrai, ce n'est qu'un père que nous avons en commun, qu'une partie de notre sang qui est semblable et cela n'est pas suffisant pour être digne de vous aider. Non. Surtout pas. C'est.. Tout juste bon à ce que je souffre, que je m'inquiéte, que j'ai l'impression que tout ceci est de ma faute.

Ah non, là encore toutes mes excuses. Il est bien évident que n'assumant rien moi-même, je n'assume pas non plus la douleur. Celle que j'ai contribué à faire naitre, celle que je ressens, celle que je vois dès que je ferme les yeux, celle qui vrille tout mon être. Alors la tienne hein....Pourquoi m'en préoccuper?


Et là elle perdit pieds, incapable de contenir plus longtemps le flot d'émotions contradictoires qui s'étaient levées en elle, tempête dont elle était le centre, ouragan dont elle était l'oeil, Aella.....

Pour la première fois de sa vie, le poing de Marie se leva et s'abattit sur la poitrine d'Enguerrand pour la marteler avec toute la force de la tornade qu'elle était devenue, ponctuant quelques mots qu'elle parvint à articuler à grand peine avant de s'effondrer à genoux.


Je te hais.... Je vous hais.... Je me hais.... Je me hais...

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Ven 16 Jan 2009 - 22:09

[Sur le ring. Le poids des maux, le choc des horions]

Il s'était tu le chevalier. Tu pour observer cette sœur qui se tenait là. Tu pour tenter de contenir autant qu'il le pouvait la charge intérieure, pris à revers qu'il était par celui dont il avait cru pouvoir se faire un allié.
Elle se taisait également, l'écuyère. Elle se taisait tandis qu'elle avait planté son regard dans le sien. Le lien brutal et sauvage se fit à nouveau entre ces deux là, indissociablement rivés l'un à l'autre, par cette passerelle visuelle posée par dessus l'abime qui peu à peu les séparait.
La voix enfin s'était faite entendre à nouveau. Pas la sienne. Pas même celle de sa sœur. Une autre parlait à sa place.
Celle qu'il avait entraperçue en la salle du chapitre.
Celle qu'il avait brièvement décelée il y avait quelques instants à peine.
Elle se tenait là, face à lui. Elle était tourment et peine. Martyre et chaos. Sang et rage. Elle était sortie enfin, retenue depuis se peut tant et tant de mois.

Les mots crachés résonnaient en l'esprit du licorneux.
Mépris. Colère. Ironie. Perfidie. Tout l'attirail était là, inventaire démoniaque dont le seul but était de blesser tout autant celui qui le prononçait que celui qui en était la cible.
Chaque phrase assénée semblait la rendre plus forte encore.
Chaque parole prononcée faisait grandir en lui Sa présence.
Perte de confiance. Couardise. Lâcheté.
Il aurait voulu hurler, crier de toute la puissance de sa voix qu'il n'en était rien, que jamais ces pensées là n'avaient traversé son esprit. Il aurait voulu tenter de la raisonner. Il aurait voulu faire cesser ce flot de colère en fusion.
Pour l'heure toutefois, chaque parcelle de son être était tout occupée à lutter contre Celui qui maintenant s'approchait, à la tête de ses colonnes de mort. Il n'était plus qu'à quelque trop courte distance des portes de son esprit. Il ne pouvait affronter deux ennemis à la fois. Il avait choisi de s'affronter lui même. Tâche plus aisée ou combat sans espoir aucun? Avait il fait mauvais choix scellant par là même le destin de deux licorneux ou avait pris option la moins mauvaise, qui saurait le moins de destruction et de ravage obtenir.

La lutte était terrible.
Epuisante.
Inutile.
A chaque nouvelle avancée de cet Autre, il devait fournir force plus importante encore. Tel ballon empli d'air immergé dans les profondeurs sous marines, le début de Sa progression s'était fait lent et vacillant, tant la pression de la volonté du licorneux Le maintenait à distance, réduit à inoffensive masse informe, écrasée, compressée.
Mais plus l'avancée se faisait, plus la remontée devenait rapide, et moins cette pression là se faisait ressentir, les paliers passant les uns après les autres, la vitesse s'accélérant sans cesse.
Et chaque mot asséné par sa sœur, chaque bribe de parole provenant de l'extérieur le décontenançait un instant, déviant sa volonté, laissant à l'Autre champ libre pour nouvelles victoires le rapprochant inexorablement de celle qui, finale, verrait son esprit à nouveau sous Son contrôle.

Ses yeux observaient la jeune femme, mais informations et images ne parvenaient que par bribes en son esprit en lutte.
Dérision à nouveau. Humiliation.
Nouvel angle d'attaque, la jeune femme en furie s'en prenant maintenant à ce qui faisait leur union, ce lien du sang qui depuis tant et tant de mois les reliait tous deux.
Pensées un instant détournées vers cet homme du Nord, fier et vaillant, qui avait su séduire celle qui deviendrait ensuite sa mère. Il ne l'avait jamais connu, parti qu'il était déjà le jour de sa naissance. Souvenirs d'une révélation, un soir en la demeure de celle là même qui en cet instant précis raillait les liens qui les unissait.
Sentiment de perte, une fois encore. Perte du peu de famille qu'il lui semblait rester.

Déchirement.
Craquement funeste et assourdissant.
Les dernières défenses venaient de céder.
Les légions hurlantes se précipitaient hors de la place forte de son esprit, menées par ce Cavalier de l'Apocalypse qui n'était autre que lui même, ce double maudit et sanglant, cet être assoiffé de vengeance et de colère.
Il hurlait. De rage, de ce sentiment de victoire qui L'avait envahi. Il hurlait. Et riait.

Les coups soudains se mirent à pleuvoir sur la poitrine du licorneux.
Vive douleur ressentie par ces poings martelants. Douleur décuplée encore par l'origine même de ceux ci. Sa sœur. Sa propre sœur, celle qui avait toujours été là, celle qui l'avait toujours aidé, épaulé, soutenu. Cette sœur là maintenant venait à le frapper de toute sa hargne et sa colère.


Je te hais.... Je vous hais.... Je me hais.... Je me hais...

Un instant. Un bref et court instant, l'Autre hésita, marquant infime pause, la main senestre du chevalier enserrant plus encore la poignée de son épée. La chose aurait été si aisée, si rapide. Le gout du sang déjà affluait en sa bouche quand le licorneux, toujours en lutte avec son double, profita de cette hésitation pour reprendre contrôle, faisant se retirer sa main de la mortelle lame. L'effort était à nul autre pareil, la lutte avec l'Autre étant par trop inégale.

Enserrant les deux poignets de la jeune femme, il luttait désormais physiquement de toute ses forces pour faire cesser ces coups fraternels.
Il luttait. Et hurlait. Il hurlait comme pour tenter par la force de ses mots de faire cesser cet orage de violence. Dérisoire protection face à la furie des éléments déchainés. Il devait gagner du temps. Avant que l'Autre ne revienne, préparant déjà nouvelle charge dévastatrice.


Vas tu cesser, Marie! Vas tu cesser où je te rends coup pour coup! Que me parle tu de cela! Crois tu que ce soit ce que je pense de toi! Reprends toi Marie, reprends toi avant que la famille Jagellon ne compte ce soir deux membres de moins!

La lutte était épuisante, tant sa force physique était faible, les jours passés en les geôles de la forteresse, la lutte menée contre cet Autre en ce jour revenu, l'ayant affaibli comme jamais encore il n'avait été.
La lutte était se peut sans espoir aucun. Mais dut il en mourir sur le champ, il ne laisserait pas sa sœur se perdre. Il connaissait trop ce sentiment là pour le souhaiter à qui que ce soit.
La voix avait repris son travail, plus faible désormais, presque hachée déjà par l'effort fourni.


Tu n'es rien de cela...et tu...le sais. Tout autant que moi...Tu t'es forgée image fausse et déformée de ta propre...réalité, projetant en celle ci tous...tous tes sentiments d'échecs, de...honte et de...souffrance!

Il se tut à nouveau, tentant vainement de rassembler ses dernières forces. Il devait tenir. Encore quelques instants. Quelques mots.
Il était épuisé.
Il...

IL était revenu, reprenant contrôle du corps et de l'esprit du licorneux. La force rejaillit à nouveau, comme au premier jour. La puissance irradiait en chacun de ses muscles. La poigne soudain, se fit plus ferme, les doigts du chevalier traçant sillons sur la peau de la jeune femme.
Il se sentait puissant.
Il se sentait immortel.
Il avait faim.


OUI!!! MERCI PERONELLE!...MERCI A TOI PETITE SOEUR MISERABLE!...TU ME LIBERES...TU ME FAIS REVIVRE...

Un pas en avant, tandis que le visage du chevalier se transformait, les traits fatigués de prime, se faisant acérés, les yeux se resserrant en une fente perfide et malveillante, un rictus fendant sa bouche en deux, lame de rasoir effilée, prête à tailler la chair et l'esprit de son adversaire.

Allons, bats toi ma chère et tendre sœur. Viens à moi à ton tour. Je n'ai pu avoir la rousse, j'aurai la brune. Qu'importe, le gout du sang est le même en chaque corps. Et les cris de souffrance, quand ils atteignent leur paroxysme, sont chez tout être semblables.

Il avançait encore. Inexorablement. La bête fauve était lâchée, et la proie, en la cage prisonnière, se trouvait à un coup de griffe de la mort.

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Sam 17 Jan 2009 - 15:47

Sans force, épuisée d'avoir lutté si longtemps pour se maintenir à flot, pour garder la tête hors de ce fleuve bouillonnant qui depuis des mois s'élargissait à chaque coup, se faisait plus rapide à chaque poids sur ses épaules.

Il menaçait de déborder depuis tant et tant de temps qu'elle s'y était presque habituée, pensait l'avoir maitrisé, dérisoire sentiment de sécurité, toute relative mais elle l'avait cru oui. Tellement cru qu'elle s'y était accrochée à cette illusion, s'en servant pour nier tout ce qui lui démontrait le contraire.

Ce mal qui la rongeait, grignotant jour après jour son âme comme la lèpre l'aurait fait de ses chairs, venait de le faire des murs la protégeant. Et le fracas de murailles implosant faillit couvrir les hurlements de son frère tandis que les pierres s'écrasaient, volant en éclats.

Les mains d'Enguerrand sur ses poignets, la tirant vers lui, vers le haut, elle ne les sentait pas et restait genoux au sol, n'arrivant même plus à penser, luttant pour respirer, pour rester en vie, pour ne pas se laisser glisser définitivement.

Ses mots eux perçaient à peine les nuées qui l'entouraient, touchant son esprit engourdi par les efforts fournis en vain.

Mais elle ne comprenait pas... Comment aurait-elle pu... Ou voulu d'ailleurs... Se reprendre sous peine de recevoir à son tour des coups, de voir deux membres de la famille disparaître... S'il savait combien plus rien n'arrivait à la toucher ces derniers temps, combien elle devait se forcer juste pour mettre un pied devant l'autre. Elle était en mode automatique, respirer, manger, dormir, travailler. Ressentir? Autant que faire se peut le moins possible. Espérer? Surtout pas. La chute n'en étant que plus longue et plus douloureuse.

Tête baissée, les yeux fermées, larmes coulant sur ses joues, fleuve de lave débordant de ses yeux, traçant des sillons brûlants sur la peau blanche, Marie ne se battait plus.

Ce qui la fit réagir au départ? Elle ne le sut jamais. Etait-ce la poigne devenue étau? La voix grondante qui avait fait écho à la sienne? Les mots eux même?

Ou le ton... Froid, dur. Comme celui de son père, il y avait si longtemps, ce fameux jour, le seul à rester gravé en elle, marquée au fer rouge.

Une maison, loin à l'est, autre royaume dont elle gardait peu de traces. Une pièce, le bureau du maitre de maison, où les craquements du bois dans l'âtre étaient l'unique bruit. Un homme, les cheveux commençant à blanchir, assis dans un haut siège de bois, le visage fermé, une main sur un parchemin qu'il tenait serrer et l'autre sur la tête d'une fillette d'environ dix ans, assise à même le sol, les yeux levés vers son dieu... Son père.... Jogaila.

Petite fille venant de perdre son frère comme l'homme à ses côtés venait de perdre son fils. Du moins, à l'époque, le croyaient-ils tous les deux. Alexandr. Ainé adoré et chéri. Perdu à jamais. Mort en voulant sauver son suzerain.

Plus tard, elle découvrirait qu'il vivait, plus tard elle découvrirait qu'il y en avait un second. Mais pour l'heure, elle ne comprenait qu'une chose. La plaie béante ouverte en le coeur de toute la famille lors de la funeste nouvelle.

Et elle posait des questions, pour tenter d'apprivoiser la peine. Pourquoi n'avait-il pas fui pour sauver sa vie? Pourquoi l'avait-il risqué pour un homme qui n'était pas de leur sang?

La main se posa instantanément sur son menton, lui faisant plonger son regard dans celui, furieux, de son père.


Ne dis jamais plus qu'il aurait dû fuir! Tu m'entends? Ton frère n'était pas un lâche, aucun Jagellon ne l'est. Notre vie est notre devoir, nous sommes nés pour servir celui qui nous gouverne, quoi qu'il nous en coûte.

M'as-tu compris Aella?


Oui elle avait compris, n'avait plus reposé la question et avait fait en sorte d'honorer les désirs du chef de famille. Le devoir avant tout autre chose et ne jamais fuir, ne jamais reculer. Tenir jusqu'au dernier souffle.

Aella se releva donc, faisant face à celui qui n'était pas son demi frère mais son frère à part entière, parce qu'elle n'aimait ni ne détestait à demi, parce qu'elle l'aimait oui, lui, tel qu'il l'était, l'avait fait dès leur première rencontre. Pas d'un amour charnel, non. Mais d'un amour entier, exclusif sans doute.


Il n'y a ici nulle péronnelle ni de misérable soeur. Il n'y a ici qu'Aella face à Nadji. Vous je ne vous connais pas mais j'ai peur de vous décevoir. Vous ne m'entendrez pas crier de douleur. Et vous allez me le rendre.

Qui il était? Elle ne le savait pas. Ce qu'il risquait de lui faire? Elle n'en avait cure. Elle était entrée pour voir Enguerrand et soit ils repartiraient ensemble, soit ici serait leur tombeau.

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Lun 19 Jan 2009 - 16:59

[Avec un peu de retard pas prévu mais bon, toujours au même endroit]

Bon, le peutiot, il était carrément têtu ... ou bien même pire que têtu ! Et Mackx venait de comprendre qu'il ne lui ferait jamais confiance, alors que ce serait si simple. En même temps, dans un autre sens, la Licorne ne lui faisait pas confiance non plus en le laissant en dehors de ses murs alors qu'il avait l'air pacifique ... mais en même temps aussi, si lui était entré, pourquoi fermer la porte aux autres ? Ou mettre le limite ? Il n'était pas the mec attendu de l'an 1457 et bouder ne donnait que rarement cas à un traitement de faveur.

Après cette réflexion intense, Mackx avait le ciboulot en compote. Il était temps de se requinquer un petit coup avec une bonne gorgée, et puisque le jeune homme n'avait pas l'air de vouloir en boire, Mackx devrait bien finir la bouteille un jour ou l'autre. Et comme le dit si bien le dicton populaire, il ne faut pas remettre à demain ce que tu peux faire aujourd'hui ! CQFD : buvons !

C'est pendant cette gorgée que le Vicomte put rassembler ses idées en un paquet, le rendre logique et le préformuler.


Bon, bon, bon ...

Ne confondez pas tout jeune homme ! Toute qualité poussée à l'excès est un défaut. Le courage est une qualité, la témérité nuit ... l'honneur est une qualité, la vanité nuit.

Mais comme me l'a appris la vie, quand chacun des deux adversaires campe sur ses positions, on ne va nulle part. Alors, je vais remonter là haut, et aller déposer un message à la Prévôte lui disant qu'un messager attend à la grille est qu'il veut absolument rencontrer quelqu'un du Haut Conseil. Si tel est son bon plaisir, ou si elle a du temps, elle descendra.

Je ne peux pas vous dire quand elle le fera, ni même vous promettre qu'elle le fera, je ne suis pas elle ... Mais je peux par contre vous promettre que si elle descend et ne vous trouve pas devant la grille, alors, elle remontera ... sans votre missive.

Sur ce, je vous souhaite la bonne journée !


Puis, l'écuyer se leva, vida son verre et quitta l'auberge. Il serait bientôt l'heure de reprendre du service, et il devait aller donner une lettre en haut de la tour avant.
Il défit les rênes de son cheval et y grimpa tout en maudissant la fierté de certains êtres humains. Enfin bon ... celui-ci avait encore le temps d'apprendre en vieillissant au moins.

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mer 21 Jan 2009 - 15:03

[En pleine réunion familiale, ne pas déranger]

Nadji.
Le mot en lui avait claqué tel coup de fouet brulant les chairs.

Nadji.
Il avait été ce nom.
Il avait été cet enfant.
Il avait été cet homme.

Nadji.
Sauvé.
Abandonné par ce père venu du Nord, sa mère enceinte était seule.
Sauvés ils l'avaient été avant même qu'il ne naisse, par celui qui un jour serait appelé Lazare.
Il l'avait été par cet homme qui, par amour pour une femme, sa mère, l'avait pris sous sa protection, faisant de lui son fils.

Nadji.
Il était toujours ce petit garçon courant parmi les habitants de son village, à quelques lieues de Saint Jean d'Acre.
Il était toujours cet enfant de cinq ans voyant mourir sa mère sous ses propres yeux.
Il était toujours ce jeune homme pleurant la mort de son père, à qui revenait désormais la charge d'entretenir le domaine familial.
Il était toujours cet amoureux transi épousant la plus belle de femmes, Dyia aux yeux de braise.
Il était toujours ce père comblé, aux deux enfants si merveilleux, prunelle de ses yeux, chair de sa chair.

Il était Nadji. Et bien plus encore.
Il était son passé. Il était son présent.
Il était souffrance et peine. Il était amour et espoir.
Il était tout cela en même temps.

Il était lui.
Il n'était pas l'Autre.

Les yeux du chevalier, soudain, s'ouvrirent sur une scène terrifiante.
La salle résonnait encore de ses cris, de ses hurlements, de ses insultes.
Sa sœur, debout devant lui, dressée tel une forteresse imprenable, ses propres mains enserrant les poignets de la jeune femme, au point de la faire saigner.
Il sentait son corps tendu, ses muscles sur le point de se rompre sous l'effort et la rage. Il pouvait encore gouter en sa bouche ce parfum âcre et écœurant, ce goût du sang qui semblait le rendre pis que fou.

Panique. Effroi. Angoisse terrifiante et profonde.
D'un geste brusque, il relâcha son étreinte, se projetant violemment contre le mur derrière lui, comme pour mettre le plus de distance possible entre lui et sa sœur. IL l'aurait tuée, il le savait. Il entendait encore en son esprit les bribes de pensées de cet Autre pour un instant échappé. IL l'aurait tuée car elle était sa sœur. Afin que de rendre le licorneux plus faible encore. Afin que de reprendre contrôle de ses sens.
Trop tôt. Tout cela s'était déroulé trop tôt. Trop peu de temps entre les sombres cellules et cette entrevue.
Le pacte, à l'encre de sang encore humide, n'avait pas tenu longtemps assez pour empêcher la fureur de revenir. Il était encore trop faible pour émotions aussi profondes. IL était encore trop fort pour contrôle raisonnable.
Il devrait s'éloigner pour un temps, s'isoler, il le savait. Reprendre force et confiance, espérance et contrôle de soi.

Mais pour l'heure...pour l'heure, il devait expliquer, une dernière fois, tenter là aussi de réparer le mal qu'IL avait fait. Le mal qu'ils avaient fait.
Profond soupir, adossé au mur froid de la pièce borgne.
La voix était de nouveau la sienne. Posée. Presque calme, faible comme un ruisseau asséché serpentant parmi les roches arrides.


Marie. Il est revenu. Tu as pu le voir. Tu as pu voir celui que j'étais devenu et contre lequel je me bats, cet Autre qui ne cessait de vouloir prendre contrôle de mon âme. Je suis trop faible encore pour avoir le dessus sans crainte de le voir ressurgir, mais j'y parviendrai, je te le jure. L'on m'a donné les armes pour le vaincre, ou pour le moins le dominer, et j'ai accepté de...

Non, cela encore était par trop difficile à avouer, à énoncer. Comment pourrait-il dire à autrui ce qu'il avait accepté en cette cellule misérable pour que cet Autre enfin accepte de rendre les armes, de le laisser reprendre contrôle de son être. Peut être un jour, à l'automne de sa vie, aurait il force assez, ou désespoir suffisant, à l'heure où l'on confesse fautes et faiblesses, d'avouer ce qu'il avait scellé en ce jour, sous les roches de la forteresse.
Mais ce jour n'était point encore venu.

Geste de la main comme pour balayer ces derniers mots, avant de reprendre.


Pardonne-moi Marie. Pardonne-moi pour ces gestes, ces paroles qui ne sont, j’espère que tu le crois encore, en rien ce que je peux penser ou souhaiter à ton égard. Pardonne-moi d’avoir fléchi. Pardonne-moi d’avoir préjugé de mes forces.
Sache que tu n’es en rien responsable de ces faits là. C’est moi qui ai ouvert les portes à ce monstre qui fut, un temps, ce qui m’a maintenu en vie. Mais comment avouer, même à l’une des personnes qui me sont les plus chères au monde, comment lui avouer ce que l’on cache en soi. Comment lui dire ce que l’on abrite derrière l’ambre de ses yeux. Comment reconnaître ouvertement cette part de noirceur et de mort qui nous anime.


Un silence, tandis que le Chevalier, toujours immobile contre le mur de la pièce, s’appuyant sur celui-ci pour économiser énergie et ne pas risquer faillir, observait attentivement le regard de la jeune femme. Maintenant que son esprit s’était à nouveau détaché de cet Autre, il pouvait l’observer plus sereinement. La jeune femme, comme il l’avait déjà noté, n’allait pas bien, et il se jura en cet instant de ne pas sortir de cet endroit avant qu’il ne sache ce qu’il se passait et n’ai tout fait pour l’aider à son tour.

Il me faudra du temps, Marie. Du temps et du repos. Las, au vu des événements à venir, je ne suis même plus sur d’avoir encore quelques instants de répits avant que de devoir à nouveau dépenser toute mon énergie dans les tâches à venir.

Tais-toi maintenant, licorneux. Tais-toi et laisse la parler. Tu en assez dit à ton goût et tu ne vas pas passer le restant de ta journée et de ta vie à t’apitoyer sur ton sort.
Regarde la, chevalier. Regarde là.
Quelles sont donc ces choses qui la hantent au point de la rendre ire et courroux ?
Quels sont ces fantômes qui la hantent pour ainsi la détruire ?
Quels sont les peurs, les échecs qui ont pu ainsi la transformer ?
Hochement de la tête, comme pour ponctuer cette réflexion interne, avant que de reprendre.


Mais toi, Marie, toi non plus ne semble pas au mieux de ton état. Est-ce uniquement moi ou bien cause supplémentaire ? Que s’est il passé depuis ces dernières semaines que nous ne nous sommes pas vus ? Qu’as-tu du affronter comme tourments et épreuves pour me paraître ce jour ainsi en colère ?

Son regard, à nouveau se fit plus perçant. Etudiant chacun des gestes de la jeune femme, il attendait maintenant ses réponses. Ils étaient deux à souffrir. Ils seraient deux à ouvrir âme et cœur afin qu’ensemble ils surmontent leurs états présents.

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Jeu 22 Jan 2009 - 10:05

Tant d'expressions sur le visage de son frère, tant de sentiments qu'elle ne pouvait déchiffrer par leur trop grand nombre, noyés dans la masse.

Mains desserrant leurs étreintes, marques à la place des doigts, rouges, douloureuses.

Recul, violent, dos au mur, épuisé pour ce qu'elle pouvait en juger.

Voix basse, audible avec effort, calme, mots comme une rivière, pour expliquer, apaiser peut-être...

Ecoute, attentive, réponses enfin même si toutes n'étaient pas encore données.

Surprise, peine, incompréhension et pourtant reconnaissance en même temps. Amenant d'autres questions. Comme un cycle sans fin.

Pardon demandé, pardon accordé, à lui, pas à elle, jamais à elle.

Pour revenir à elle. Lave en fusion voulant sortir, cherchant une faille, quitte à la créer, pour se répandre, faire partager ce goût de cendres. Affronter à son tour, lutter, reconstruire les remparts ou bien évacuer...
.

Te pardonner... De quoi? D'être humain, faillible, blessant, blessé, faible.... De cela tu es pardonné. De ne pas avoir voulu m'en parler, de m'avoir caché tout ceci... Je ne sais si je le peux. Je nous croyais liés Enguerrand, réellement liés et j'ai soudain l'impression d'être...

D'être quoi d'ailleurs. Quel mot pouvait-elle poser sur ce flot intérieur, sur ces peurs, sur ses douleurs, sur tout ce qu'elle avait refusé de voir après tout.

Refusé oui. Parce que sinon comment aurait-elle pu ne pas voir à quel point il en était? Comment elle n'avait pas réagit plus tôt? Des signes il y en avait eu. Cette bourse à sa ceinture en permanence, ses brusques sautes d'humeur, ses débuts de colère le faisant disparaître pour revenir quelques minutes après tout sourire et plein d'énergie.

Comment avait-elle pu se fermer à lui à ce point? Comment avait-elle pu rester sourde aux appels qu'une soeur aurait dû voir, ne pouvait manquer de voir?

Un pierre de plus sur les épaules qui s'affaissèrent maintenant qu'il était revenu et qu'elle n'avait plus à se dresser pour affronter l'autre.


Du temps et du repos... La vie en laisse peu donc il te faudra les prendre de toi même.

Pas au mieux de mon état...


Un petit rire à cette façon de lui faire remarquer qu'elle n'allait pas bien, quelques pas pour ouvrir la porte et la laisser entrouverte. Parce que l'air commençait à se faire rare, que la colère était pour le moment apaisée et ne pouvait faire office d'écran à sa panique plus longtemps.

Ce n'est pas ces dernières semaines.. C'est un long chemin.. Un amoncellement de choses qui m'étouffe, me pèse, m'épuise... Une armure solide qui m'enserre et pourtant se fendille de toutes parts.

Sourire amer, lassitude reprenant le dessus sur la lave, la refroidissant pour un temps, jusqu'à la nouvelle mèche, la nouvelle étincelle qui redonneraient vie au brasier, l'envoyant agrandir les fissures, en créer d'autres.

Elle se rassit avant que ses jambes ne lui fassent défaut, fuyant le regard de son frère, enfouissant au plus profond les maux la rongeant. Il avait assez à faire avec les siens, se décharger sur lui des poids la tirant au fond un peu plus chaque jour ne pourrait qu'accélérer sa propre chute. Et cela elle s'y refusait. Il était ainsi à cause de Vendôme, il était ainsi parce qu'elle s'était crue capable d'affronter les Lucioles, il était ainsi parce que sa soeur était bien trop sûre d'elle ou trop orgueilleuse ou trop aveugle...

Non, elle ferait comme d'habitude, raccrocherait un sourire à son visage, ferait bonne figure et s'effondrerait uniquement quand elle était seule. Après tout, peut-être avait-il raison. Cacher rester la meilleure façon de survivre.

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Sam 24 Jan 2009 - 1:03

Sentiments divers exprimés par la jeune femme venant se percuter l'un l'autre telles comètes fendant le ciel en tous sens. Palettes des émotions dessinées sur cette toile tourmentée, nuances de noir et de gris, de rouge et de sang.
Toujours adossé contre ce mur, béquille salvatrice faite de pierre et de mortier, il observait sa sœur, apaisé maintenant que la tempête, peu à peu, s'échappait. Était venu le temps du repos, une vague de fatigue le submergeant, comme pour l'engloutir à jamais dans les bras de ce Morphée bien souvent des plus traitre, apportant aux anxieux mille tourments, hantant les rêves des malheureux ou des meurtris et ne se montrant agréable et compatissant qu'avec ceux que la vie épargnait et qui pouvaient, le soir venu, souffler chandelle sans crainte aucune de cette nuit qui s'annonçait.

Marie lui pardonnait donc. Elle lui pardonnait. A lui. A eux. Pour ce qu'ils venaient de commettre.
A moitié toutefois. Étrange image qui aurait pu paraitre ironique si la dualité de cet être là n'en était pas aussi dramatique.
Certes, elle avait mille fois raison.
Certes, il l'avait abandonnée, il devait bien se résoudre à le reconnaitre, et ceci depuis maintenant des mois. La campagne de Bretagne les avaient éloignés, lui s'avançant toujours plus vers l'Ouest tandis qu'elle même remontait vers le Nord, vers cette ville de Paris où ses charges nouvelles l'avaient conduite.
Un temps, il avait cru à un rapprochement. Travaillant mains dans la mains, unis à nouveau comme aux premiers jours. Mais de dossiers et crises, de tensions en négociations, ils s'en étaient étrangement retrouvés encore plus loin l'un de l'autre, partageant pourtant tant et tant d'heures de travail assidu.

Mais baste, chevalier!
Ne va pas encore ressasser ce passé là. Elle se sent abandonnée, tu auras alors à lui montrer deux fois plus que tel n'est pas le cas. Voilà ce à quoi tu devras arriver afin que plus que n'importe quelle parole, tes gestes soient marques de tes pensées et de tes sentiments.

La jeune femme, après avoir refermé la porte, avait rejoint sa place initiale, dévoilant légèrement un pan de ses pensées et tourments, pour un instant, partiellement.
La porte était déclose.
L'ouvrage de son âme, d'habitude fermé d'un solide cadenas, s'était entrouvert.
Ce livre, il l'avait lu déjà, pour partie, parcourant certains chapitres quand d'autres lui étaient interdits. Ils en avaient même écrit quelques pages, ensemble, celles de leur rencontre, de leur vie, de leurs joies, de leurs peines. L'encre en certains endroit n'en était pas encore sèche, prenant teinte rougeâtre, tâchée du sang coulé, des blessures de l'âme comme de celles du corps.
L'une de ces pages, il le savait, ne cessait de distiller son mortel venin, rependant le carmin de ce liquide vital sur des chapitres entier de la vie de la jeune femme.
Le titre de celle ci avait été marqué au fer rouge, gravé à jamais dans l'esprit de sa sœur.
Un nom.
Un seul.


VENDÔME.


Cette évocation unique le faisait lui aussi frémir.
De ce champ funeste leurs deux vies, et celles de tant d'autres, en avaient été à jamais changées. Étrange que cette bataille là, loin d'être la plus féroce ou la plus importante à laquelle il ait pu participer, eut pu graver en sillons sanglants sa chair à ce point.
Adossé toujours à ce mur, sa main dextre se porta à ce flanc senestre labouré par la cicatrice faite par une lame qui, là bas, l'avait traversé de part en part. Longtemps elle l'avait fait souffrir. Souffrir au point d'en être le point de départ de sa lente et inexorable descente aux enfers, descente qui s'était achevée, symbolique ultime, dans les profondeurs souterraines de le forteresse.

Fournissant effort supplémentaire, il s'arracha à son havre de paix, ilot de repos et de quiétude, ce mur qui, contact matériel et solide, ne pouvait en cet instant que le rassurer.
Quelques pas légèrement chancelant, articulations et muscles le faisant souffrir comme à chaque fois que l'Autre était sorti, afin de le punir de la force soudain libérée, coutant tant de précieux efforts à ce corps parfois encore si faible.
Dernier effort, avant de se laisser choir sur le tabouret de bois qui l'avait accueilli.
Léger soupir de soulagement avant de fixer sa sœur du regard, posant sa main sur le dos de la sienne.


Marie. Je connais tes tourments. Je connais ce chemin. Il est celui qui nous a mené à ces remparts mortels. Il est celui que tu as suivi seule avec cette sœur qui tout comme toi subissait le courroux démoniaque d'un oiseau qui avait oublié ce qu'il avait jadis été. Il est celui de la rédemption. Il est celui du remords et du regret. Il est celui de la punition et de l'accusation. Je l'ai parcouru aussi pour ma part, Marie. Je l'ai suivi comme on suit une carriole, mettant un pas devant l'autre sans réfléchir à son but. Souvent encore, mes errances me portent vers celui-ci, sans crier gare, au détour d'une rencontre ou d'une sensation furtive.

Une pause, prolongée un instant, tandis qu'il plongeait ses yeux dans ceux de sa sœur.

Je connais cette armure là également. Forgée du même métal que le tien, celui du sang, celui de notre famille si longtemps dispersée et pourtant si liée, celui de l'honneur et de la réserve, celui de cette éducation que nous avons étrangement tous deux reçus qui veut que l'on ne parle pas à autrui de ses tourments et démons. Je l'ai revêtue cette armure, Marie, pièce après pièce. Je l'ai voulu. J'ai parcouru mains et mains champs de bataille protégé que je croyais être par elle. Elle était devenue moi. Nous ne faisions plus qu'un. Certes, j'ai pu ainsi éviter nombre de coups portés. Mais de protection elle en est devenue prison, m'enserrant chaque jour un peu plus dans ses sangles et son acier, m'étouffant à tel point que j'en avais oublié de vivre et qu'il me fallait drogues utiliser pour me rappeler ne serait ce que de respirer.

Sa voix s'était alors brisée, le chevalier reprenant profonde inspiration, comme pour chasser cette angoissante pensée.

J'essaye de quitter ce chemin, Marie. Je retire pièce après pièce cette armure là. Et je veux t'aider à le faire à ton tour. Ensemble, nous y parviendrons. Ensemble, nous arriverons à affronter ce passé rendant ce présent si douloureux. Ensemble, Maire. Tels deux frères et sœurs. Unis par les liens de la licorne. Unis par les liens du sang.

Silence maintenant. Le chevalier s'était tu, tentant de percer les pensées de la jeune femme, plongeant son regard au plus profond du sien. Que pouvait elle cacher derrière ces barrières. Que pouvait elle tenter de dissimuler. Aurait elle force et volonté assez pour accepter cette main tendue. Et accepterait elle cette aide elle qui, tout comme lui, savait se montrer si fière dés lors que l'on tentait de l'aider ainsi.

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Dim 25 Jan 2009 - 19:02

Il vint la rejoindre, lentement, signes visibles de souffrance et de fatigue, se laissant tomber plus que s'asseyant sur son siège.

Léger sursaut au contact de sa main sur la sienne, comme une brûlure vive. Depuis combien de temps n'avaient pas eu ce genre d'échanges, mélanges de mots et de gestes? Lui manquait-elle comme il lui manquait? Ce double d'elle si important. Celui à qui elle n'avait, la plupart du temps, même pas besoin de parler pour qu'il devine, qu'il sache. Que restait-il des quatre piliers de Rochechouart? D'Ewaele, Flaiche, Enguerrand et elle. Ewaele s'était éloignée, vie oblige même si elle restait elle, toujours. Flaiche, avec elle, mais chacun était dans son monde, sa bulle, lui occupé à la Confrérie, elle à la Curia. Il la sentait perdue, souffrante mais n'y pouvait rien, puisqu'elle-même ne savait ce qu'y pourrait l'aider. Enguerrand... Comme Flaiche. A part pour la dernière campagne de Bretagne, ils n'étaient jamais loin l'un de l'autre et pourtant...

Pourtant elle se sentait seule, de plus en plus, s'enfermait chaque jour dans sa prison de pierre, de plus en plus, étouffait et perdait goût, de plus en plus.

Elle écoutait, ayant posé les noisettes voilées sur l'ambre, entendait, engrangeait, tentait de repousser les souvenirs qui remontaient à la surface à nouveau. Pourquoi en parlait-il? Voulait-il donc qu'elle ait aussi mal que lui? Ne voyait-il pas que c'était déjà le cas? Que sa drogue à elle était sa charge, ce voyage, tout ce qui l'empêchait de penser par trop à elle?

Dents serrées, main sous la sienne dont les doigts se repliaient lentement, air brûlant emplissant ses poumons... Une forge... Des chaines... Un Coucou furieux de n'avoir pas ce qu'il souhaitait, s'approchant d'elles épée au poing... Noir, trop dur, pas envie, non... NOONNNN.... Une lueur et une ville.. Devant elles... Des liens serrant leurs poignets.. Des épines rentrant dans leur chaire.... Une d'elle plantée dans son dos.... Un gamin.. Un couple...

Goulée d'air entrant, faisant se gonfler les alvéoles, s'écarter les côtes sous la pression, panique à combattre en repoussant de toutes ses forces les murs qui se remettaient à bouger, à l'enserrer, protection la tuant à petit feu. Il aurait été si facile alors de cesser de lutter, de les laisser se refermer, l'engloutir, la protégeant si bien finalement puisque sans sentiment plus de poids, devenir aussi froide que la glace, intellect pur. Voici qui serait reposant à dire vrai. Confortable.

Mais cela ne lui était pas possible, l'éducation qu'on lui avait transmise ne le lui permettait pas. Il venait de le rappeler d'ailleurs. Avancer et se taire, tenir, ne rien laisser paraître. Surtout ne rien laisser paraître. Même quand le bateau prenait l'eau de toutes parts et commençait à couler, que la coque menaçait à tous moments de tomber en morceaux.


La famille. Joli mot, belle idée, mais dans les faits... Plus de nouvelle de Dege ni de Tibou, neveu et nièce pas mieux. Peut-être est-ce évolution normale, après tout. Nous sommes loin les uns des autres. Et puis je ne suis pas la mieux placée pour leur en tenir rigueur quand on voit quelle admirable mère je fais. Quoique pour une fois, les enfants suivent et ne sont pas en Limousin à attraper la peste. Même toi parle de liens par la Licorne entre nous avant de parler de ceux du sang...

Petit rire amer, doigts se dépliant sur le bois, regard triste de plus en plus voilé.

Sauf que si je détruis ces murs Enguerrand, je m'effondre. Et je n'en ai nullement le loisir. Je dois tenir quoiqu'il me coûte. Comment veux-tu ôter une pierre sans risquer de m'ensevelir? Comment rester debout si tu me retire mon tuteur? Comment pouvoir ne pas plier et rompre sous le poids que je porte?

Le faire ensemble? Mais regardes-toi bon sang. Tu tiens à peine debout et tu comptes me soutenir?


Un soupir, lasse, si lasse, une envie de se blottir entre des bras protecteurs, de laisser pour un temps l'image de femme forte derrière elle, un regard particulier, sombre, venant la hanter à cet instant.

Murmures, tout bas, pour elle mais dans ce silence sans doute audible par son frère.


Et puis quand on s'approche trop près de moi sois on en meurt, soit on disparaît, soit on finit par s'éloigner. Alors peut-être qu'il faudrait que je vous repousse tous une bonne fois pour toutes.....

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Guillaume_de_jeneffe a écrit:
Par contre, pour ce que tu dis, Marie, je plussoie à 100%. Ca aussi, tu peux l'encadrer^^.

Pour le souvenir de l'irl à Bruges, faut montrer les deux faces nan mais!
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Enguerrand_de_lazare

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Mer 28 Jan 2009 - 19:20

Colère ronflant tel feu en dantesque cheminée.
Angoisse pétrifiant et hurlant au travers les volets d'une maison hantée.
Désespoir et lassitude, comme une morne plaine jonchée des cadavres d'une inutile bataille.

La jeune femme traversait tour à tour ces sentiments là, à mesure que ses émotions venaient percuter son âme. Il savait combien la lutte était âpre et difficile. Il savait les blessures laissées par chacun de ces coups, par chacun de ces souvenirs remontés à la surface, flottant entre deux eaux, corps décharnés et décomposés des souffrances passées.
Il savait tout cela. Et parce qu'on l'avait aidé à sortir la tête de ces putrides effluves, il voulait à son tour tout tenter pour aider celle en qui coulait ce sang qui les avait nourris depuis leur naissance. Ce sang qui les unifiait. Ce sang de cette famille.

Long regard empli de tristesse et d'empathie de la part du Chevalier.
Un silence. Une éternité. A nouveau. Avant de prendre la parole à son tour, immobile de prime.


La famille, Marie, et tu le sais parfaitement n'est pas admirable tableau destiné à être accroché pour l'éternité sur le fronton d'une cheminée. La famille n'est pas cet arbre aux milles racines et aux milles branches liant à jamais tous les membres la composant. La famille n'est pas un être endormi somnolant paisiblement de mariages en repas, de naissances en baptêmes.

Légère pression de ses doigts sur ceux de sa sœur, comme pour ponctuer ses paroles à venir.

La famille, Marie, est faite pour vivre, bouger, exploser, se renouer. La famille est être vivant aux cent visages, aux cent âmes. La famille ne peut rester statique et emprisonnée dans un immuable carcan, au risque de périr. La famille se doit d'aller et venir, au gré des courants, tel feuilles d'un arbre tombées en une rivière et se laissant porter, allant et venant, s'éloignant par instants pour s'entrechoquer ensuite.

Il s'était maintenant lentement avancé vers la jeune femme, comme pour tenter de peser plus encore sur ses mots en en raccourcissant les séparant.

La famille, Marie, ne cesse de se distendre pour mieux encore se rapprocher. Ce lien qui nous unit, celui du sang, ne peut être rompu. Même par delà la mort, il est toujours présent. Celui qui pour un mois, une année, s'est éloigné, sera toujours accueilli à son retour comme s'il n'était parti que la veille. C'est cela qui fait notre force. C'est sur cela que nous devons compter. Plus de nouvelles de Dege ou de Tibou, soit. Mais un jour tu recevras missive, ou l'on toquera à ta porte, et ce seront eux, de retour, parmi nous, prêt de toi. Et alors tu comprendras que cette famille là n'est jamais partie bien loin, car elle a toujours été en toi, au plus profond de ton âme, battant au rythme de ton cœur et voguant à la mesure de tes émotions.

Tenant toujours la main de la jeune femme, il s'était à présent lentement levé et contournait la table les séparant.

Tu parles de ces murs qui te soutiennent, je parle de ceux là même qui t'emprisonnent. Tu parles de retirer pierre pour risquer de t'ensevelir, je parle de dégager brèche pour à nouveau te faire voir la lumière du jour. Tu parles de tuteur t'empêchant de plier et rompre, je parle d'une liberté à venir qui te laisserais seule maitre de tes mouvements et qui t'empêcherait réellement de chuter.

Il se tenait maintenant debout devant elle. Il la regarda un instant, avant de se mettre à genoux devant elle. Sa voix était douce. Calme. Posée. Ses yeux ambres troublés par les larmes qui s'y étaient accumulées.

Marie, je suis faible, certes. Mais celle qui m'a aidé, m'a soutenu en ces derniers jours l'était plus encore. C'est cette faiblesse qui a fait notre force. Aussi ce jour, c'est solennellement que je te demande d'accepter mon aide, mon soutien, ma présence. C'est à genoux que je te supplie d'accepter cela, car tu es ce qui fait partie des choses les plus chères au monde pour moi, et jamais je ne pourrais accepter de te laisser sombrer.

Le visage du Chevalier se fit pour un instant plus grave encore, comme ultime passe avant de terminer son discours.

Par le passé déjà tu as voulu repousser ceux qui t'aimaient. Pour te protéger. Pour les protéger. Tu peux, et je te connais suffisamment pour cela, rejeter la plupart des êtres t'entourant. Mais sache que jamais tu ne parviendras à m'éloigner de toi. Ce lien qui nous unit me ramènera toujours à toi, et jamais, j'en fais ici même le serment, jamais je ne te laisserai, jamais je ne t'abandonnerai et même si le temps ou la distance nous éloignent un jour, je serai toujours là pour toi, Marie, ma petite sœur aimée.

Silencieux, toujours à genoux, il l'observait à nouveau, attendant la réponse de la jeune femme.
Il avait en cet instant dit ce qui depuis longtemps déjà aurait du être dit.

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MessageSujet: Re: [Lieu] Auberge du Vieux François   Ven 30 Jan 2009 - 17:21

Regard baissé, lourde herse retombant avec fracas, comme pour se retrancher derrière les murailles protectrices.

Entendre à nouveau les mots, mais le faire de façon assourdi, faire comme si elle était spectatrice d'une pièce de théâtre et non l'un des participants. Retrait. Recul. Reprendre pieds, garder son calme, ne pas céder à l'envie de se lever et fuir, loin.

Dieu sait qu'en ce moment c'était à nouveau une tentation immense que celle-ci. Tout lâcher. Disparaître. Elle l'avait fait une fois, fuyant Ventadour à peine arrivée. Pour le regretter ensuite certes. Mais un de ses défauts était son impulsivité. Elle était capable de la museler dans son travail mais pas toujours, voire pas souvent, quand il s'agissait de la sphère privée.

Elle écoutait donc, l'avis d'Enguerrand sur la famille, sur leur famille, sur ce qui était ou devrait être, sur sa façon à lui de voir les choses.

Seulement voilà sa famille, la vraie, celle du sang, celle de ses parents, voici longtemps qu'elle en avait été séparée, voici longtemps qu'elle ne savait s'ils étaient encore en vie, qu'eux ne savaient bribes ou rien de ce qu'elle était devenue. Alors facile de dire qu'elle était en elle. N'y avait-il déjà pas trop de choses en elle qu'elle dusse en plus en garder d'autres. Mauvaise foi sans aucun doute mais parfois il lui arrivait d'en faire preuve. Surtout quand cela l'arrangeait fortement.


Et si je ne veux pas ouvrir? Pourquoi le ferais-je d'ailleurs? Simplement parce qu'ils sont ma famille? Certains amis sont largement plus présents si j'en ai besoin, qu'eux. Et je ne doute qu'ils en aient autant à mon endroit.

Pression sur ses doigts, présence accrue, faisant se lever la herse, remonter le son, se déchirer le voile l'entourant.

Maitre de mes mouvements... Cela est impossible, cela l'a toujours été. Mes mouvements sont liés à mon devoir, à ce que je dois faire. Je sais ce que tu vas me dire, je n'ai qu'à rendre mes charges... Tu sais que d'une part je suis noble, qui plus est chevalier de France et que donc même si je n'était plus Grand Officier, je serai toujours dans la même situation. Et puis c'est ainsi qu'on m'a élevée, c'est une promesse faite, de celles qu'on tient, de celles qu'on ne peut discuter.

Flamboiement soudain dans le regard noisette, nuance de vert, elle. Bref souvenir remontant à la surface. Tout récent. Une main, un regard...

Plongée dans le regard de son frère à genoux, voir les larmes qui s'y accumulaient, retenir le courroux qui bouillonnait, demandait à sortir et à se déverser.

Voix presque calme.


Tu sembles avoir un faible pour les rousses... Sans doute un détail familial à nouveau.


Avait-elle envie qu'on l'aide? C'était bien cela la question en fait. Flaiche lui avait demandé lui aussi ce qu'il pouvait faire, assistant impuissant à la lente descende aux enfers de son épouse. Mais elle n'avait pas la moindre idée de la réponse à apporter.

Et à lui, saurait-elle quoi lui répondre? Il souffrait, en partie à cause d'elle, et se laisser couler ne ferait que lui remettre la tête sous l'eau, gagner celui qui se tenait tapi derrière ses yeux humides. Cet Autre. Celui qu'elle avait repoussé parce qu'il n'était pas Enguerrand, parce que jamais elle ne pourrait accepter qu'on fasse du mal à ce frère qu'elle aimait, parce que la douleur qu'il ressentait, elle la ressentait aussi.

Marie ferma les yeux, repoussant la vérité qui se faisait jour à travers ses pensées. Ce qu'elle venait de s'avouer était ce qu'il lui disait également. Un lien entre eux, trop fort pour qu'il puisse être détruit par qui que ce soit. Un lien entre eux, qui les reliaient où qu'ils soient, qui leur feraient franchir des montagnes pour l'autre. Un lien entre eux, qui leur avait sans doute permis de se reconnaître avant même de connaître leur parentel.

L'amour qu'ils se portaient, ce sang commun, ce nom, ce passé à la fois différent et pourtant semblable, ces blessures, cette fierté.

Main serrant la sienne tandis qu'elle se laissait couler de son tabouret pour venir se blottir au creux des bras de son grand frère, l'enlaçant, secouée par les sanglots qu'elle ne pouvait plus retenir sans s'étouffer, un murmure avant de ne pouvoir plus dire un mot.


Je t'aime Nadji....


Pensées s'entrechoquant sans cesse. Noirs, regard auquel s'accrocher contre un autre, tous deux inquiets. Pardonne-moi de ne savoir quoi faire... Pardonne-moi de n'être pas le roc dont tu as besoin... Pardonne-moi d'être perdue... Pardonne-moi de douter...

Pardonne-moi....

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