Ordre Royal des Chevaliers de la Licorne


 
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 [Lieu] Place principale et lavoir

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Enguerrand_de_lazare

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Grade : Chevalier
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Nom: Enguerrand de Lazare
Rang de noblesse: Baron du Bazaneix, Seigneur de Saint Julien le Pèlerin
Rôle/grade: Chevalier

MessageSujet: [Lieu] Place principale et lavoir   Ven 23 Jan 2009 - 21:36

Or donc cette place là était le véritable coeur de Ryes, irrigué sans cesse par trois artères, trois rues larges et pavées menant vers les trois direction partant de la ville vers la campagne et les cités environnantes. Elle battait cette place des allers et venues incessants d'une populace rendue riche et rassurée par la présence de l'imposante forteresse surplombant la région.

Elle pulsait sans cesse, alimentée par les étals des échoppes la bordant. La rumeur disait même que rien ne pouvait se vendre en cet endroit et que tout ce qui pouvait être acheté pouvait y être trouvé. Certes, rumeurs et colportages sont toujours sources de quelques exagérations, mais l'on peut certifier avec quelque peu d'assurance que celle-ci n'était que fort peu loin de la réalité. Ou tout du moins qu'elle s'en approchait d'une façon relativement satisfaisante.

Pavée en son entièreté, elle avait fière allure, cette place là, ceinturée de ces maisons de pierre, fièrement délimitée en son extrémité Est par l'église de Ryes, construite en des temps anciens et sans cesse agrandie afin de correspondre au développement de la ville qu'elle servait.
Certes, cette fâcheuse habitude de déverser immondices, déjections humaines et déchets divers par devers ses fenêtres avait tendance à quelque peu empuantir les lieux, particulièrement en été lorsque l'air était chaud et le vent autant puissant qu'une vague brise tout juste bonne à mélanger odeurs entre elles afin de les rendre plus infectes encore.
Malgré cela, les habitants s'y étaient fait, comme en toute ville de cette bonne Europe. Même Paris, disaient les racontars, même Paris, qui accueillait la cour et le Roy était puante et crasseuse. La seine n'avait d'égal que les égouts s'y jetant. Comment avec pareil exemple les autres villes et cités du Royaume auraient elles pu faire efforts personnels afin que de devenir quelque peu mieux entretenues et hospitalières.

Il était d'ailleurs chose amusante que de voir nouvel arrivant en cité inconnue, venu effectuer commerce divers et varié, si aisément reconnaissable au linge qu'il portait sur son visage, tentant vainement de retenir les effluves assaillant son orifice nasal. Linge qui ne saurait sous peu être tant imprégné de ces mêmes effluves qu'il en ferait vomir dans quelque temps son malheureux propriétaire. En les bas fonds, ne disait on pas "à beau linge sur le nasal, lourde bourse au bout de ta lame".

Faisant face à l'église, se tenait son pendant, l'endroit que peu osaient rejoindre, quitte à devoir trouver en la maison d'Aristote plutôt que d'affronter les quasi démons qui se tenaient en cet endroit là, ses caleçons et chemises restant à jamais tant crasseuses que certaines ruelles de la ville.
Certains, parmi les plus courageux, osaient nommer ce lieu là. Ho, pas à voix haute, bien sur, tout juste du bout des lèvres, murmure à peine audible. Et l'oreille attentive pourrait peut être reconnaitre ces syllabes par tout homme et toute femme craintes: LE LAVOIR...

Car en cet endroit se réunissait tout ce que la ville faisait de commères et matrones à la langue bien pendue. Lieu de rassemblement et d'échange, ou d'invention, des derniers colportages, il était le point de départ de toutes les réputations, de toutes les cabales de Ryes. Si l'un ou l'autre des habitants des lieux se retrouvait la cible de ces harpies là, il ne lui restait plus qu'à clore volets, verrous fermer et oreilles se boucher, réfugié en sa masure, attendant que l'orage des mots et ricanements ne passe au dessus de sa tête, et ne se décide à s'abattre sur pauvre misérable nouvelle.

A quelques détails près, voici donc ce qui faisait de cette place la place centrale de Ryès, qui ne cessait de vivre, de jour comme de nuit, à tel point que l'on eu crut ses personnages principaux insomniaques invétérés.

_________________


Dernière édition par Enguerrand_de_lazare le Sam 9 Jan 2010 - 12:25, édité 1 fois
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La Denise

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Date d'inscription : 01/02/2009

MessageSujet: Re: [Lieu] Place principale et lavoir   Dim 1 Fév 2009 - 1:33

Mâtin qui faisait froid en ce jour là. C'est sur que pour la peine y'avait pas moyen de faire sortir le moindre fessier de lavandière. Y gelait déjà à pierre fendre, alors pour ce qui est d'un popotin version XXL, imaginez un peu les dégâts potentiels.
Mais pour l'heure, la Denise elle, pourtant fort attachée à son redondant et dodu séant, s'en était allé affronter les frimas hivernaux, impatiente qu'elle était de se mettre en place en son poste d'observation.

La Denise. Toute un histoire à elle seule, et avec un grand H, s'il vous plait.
On disait qu'elle avait fait Azincourt. Les mauvaises langues racontent même qu'elle était de ceux qui passaient encore après les derniers des plus retardataires des anglois, ramassant ce que même ceux là ne voulaient plus. Il parait même que c'est de ce jour qu'elle comprit qu'Aristote avait fait Adam légèrement différent d'Eve. Pas en retard, La Denise, juste un poil niaise, semble t'il.
On disait aussi qu'elle avait vu les Tourelles avec la pucelle. Et que c'était d'ailleurs dans ces même tourelles, du haut d'une vue imprenable sur Orléans qu'elle avait finalement découvert ce que la jeune lorraine n'avait, disait on, jamais pu entrapercevoir pour sa part, confirmant sa première impression notée sur les champs sanglants de Normandie quelques années plus tôt. Anglois ou françois, d'où venait le fier volontaire qui s'était chargé de cette besogne, nul ne pourrait le dire. Si nous précisons que La Denise à cette époque là pesait déjà son poids actuel, prions pour que ce pauvre dévoué n'ai pas accompli ici sa dernière action en nos mortelles terres, gravant pour l'éternité le sourire béat d'une Denise touchant, elle, au paradis.
On disait enfin qu'elle avait vu Talbot tomber à Castillon. Réputée pour ses bombardes, il semblerait que cette bataille ci aurait pu l'être également pour son corps de lavandières, qui n'avait rien à redouter de la taille du précédent engin.
Il en est ainsi de ces gens, comme attirés tel limaille de fer sur aimant ou mouche sur bouse fraiche, qui inéluctablement se retrouvent spectateurs de l'Histoire, sans rien avoir demandé à personne, et sans même, bien souvent, s'en être aperçu.

Cette vie ci bien remplie, notre bonne Denise décida d'enfin poser bardas et attirail divers, jetant son dévolu comme d'autres balanceraient cadavre à la mer sur cet endroit du Royaume appelé Ryes. Endroit qui, au passage n'avait rien demandé à personne, et vivait sa vie bien tranquillement...avant.
Il ne fallut pas plus de quelques semaines pour que la nouvelle venue ne s'impose en le lavoir communal, jetant dans l'eau croupie et graisseuse celle qui jusqu'à présent avait fait office de chef en cet endroit, la vilaine Margot. Celle là, à force de se prendre pour quelque reine d'opérette, paradant en tous sens de ruelles en placettes, donnant séance assise sur l'ancienne pierre du lavoir, en avait fini par oublier de manger, et c'est donc un combat des plus inégal qui s'était mis en branle un joli matin de printemps entre le poids semi plume du village et sa version gargantuesque.
Rapide. Net. Précis.
Quelques gargouillis plus tard et une fois la pierre sus citée nettoyée d'une étrange mare rougeâtre, la Denise fut sacrée chef en chef des lavandières, pour un mandat de cent ans, tacitement reconductible, à l'unanimité moins un, la Margot, bizarrement, n'ayant pu, si une soudaine envie suicidaire l'avait prise, lever la main pour voter contre la nouvelle venue. Y avait il rapport entre ceci et la fesse droite de la Denise écrasant littéralement ladite main de la perdante? Allez savoir.

Passé cet épisode qui resterait gravé en les mémoires comme "la bataille de la montagne contre la motte de terre" (elles ont de l'humour les lavandières, si si). Passé cet épisode donc, la Denise se mit à l'ouvrage, rameutant ses troupes, dressant plans de bataille et projets d'expansion, tant est si bien que moins d'un mois plus tard, tous les autres lavoirs de la ville avaient été inféodés à son inflexible et étrangement incontesté commandement.
Encore quelques semaines et c'était tout ce qui se faisait comme habitant, voyageur régulier ou camelot de passage du bourg qui se trouvait fiché dans la cervelle de la Denise, mémoire qu'on aurait dit d'éléphant si l'on n'avait pas voulu se prendre directement une de ses pattes entre les deux oreilles.
Fiches donc qui n'étaient en somme que le rassemblement de toutes les bassesses de l'espèce humaine, ses travers, ses mensonges, ses petites cachoteries, ses grosses traitrises, ses potentielles rumeurs aussi, bref, tout ce qui pouvait influer sur la réputation d'un quidam et qui par là même donnait tout pouvoir à la chef du lavoir.
Un pouvoir terrifiant et craint, si besoin est de vous le dire, tant les arrières cour de l'humanité sont emplies de déjections et détritus nauséabonds.

Or donc, pour l'heure, la Denise était plantée dans son lavoir, assise sur cette pierre qui était plus encore qu'un trône, devenue le symbole même de son pouvoir sur la race humaine, tout du moins sur tout ce qui avait un jour marché sur deux pattes dans un rayon d'une bonne demi douzaine de lieues.
Certes, elle avait froid.
Certes, déjà, elle se préparait aux punitions qu'elle infligerait à ses troupes pour ne pas avoir oser sortir se geler le c... le nez dehors.
Mais le jeu en valait la chandelle. Dame oui.
Car là, devant elle, au delà de cette place encore déserte, allait bientôt se dérouler spectacle qu'elle ne raterait pour rien au monde.
Dans quelques instants, les portes de l'église s'ouvriraient, et à cet instant précis, la représentation pourrait commencer.
Elle se mettrait à observer tout ce beau monde, ces paysans, ces artisans, ces bourgeois, ces manœuvres, ces journaliers, ces moribonds en devenir, tous sortant de cette maison qu'ils appelaient d'Aristote. Elle les observerait et elle noterait tout en ses mérangeoises, n'omettant aucun détail, aucun regard jeté en douce, aucune main plus ou moins discrètement baladeuse, aucun sourire adressé à quelque amant ou maitresse...ou l'inverse.
Et tout cela, une fois trié, compilé, arrangé, irait rejoindre ses fiches personnelles pour les enrichir encore.

Silence recouvrant la place.
Un corbeau croassant traversant le ciel.
Quelques gamins cachés sous les arcades, prêts à tirer quelques bourses.
Les deux faux cul de jatte, non loin de l'échoppe du tisserand étaient sur leur ligne de départ, l'un dans son caisson à roulette, l'autre appuyé sur ses deux béquilles de bois. Qui des deux allait remporter cette si particulière course?
Les ribaudes, jactant comme à leur habitude, attendaient en tapant le pied sur le pavé. Elles au moins avaient eu force assez pour mettre leurs parpals en plein air. Haa, si seulement elle avait pu en compter deux ou trois de cette engeance là parmi ses troupes, elle en serait pour sûr devenue maitresse de la région toute entière. Peinturlurée, dégarnies au bons endroits, ces pouliches là, à défaut d'être racées pour la course, n'en feraient pas moins bon cheval de trait pour quelque paysan en mal de changement...et de petite ou grande vérole.

Silence.
Par la malepeste, qu'elle aimait ces petits instants de calme avant la tempête.
Et le gars qui habitait en face dans l'église, celui qui s'était retrouvé cloué il y avait des siècles de cela en connaissait un bout, question tempête.
Et celles que la Denise savait déclencher étaient, parait il, connues jusque là haut, c'est dire...

_________________
Hé gamin, si tu r'luques sous ma jupe, t'vas t'prendre un coup d'battoir modèle 1450.
Et si tu r'luques pas c'est qu'tu m'trouves p't'être pas assez bien pour ta pomme, et là, même sanction.
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Gerfault

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Date d'inscription : 02/04/2009

MessageSujet: Re: [Lieu] Place principale et lavoir   Ven 3 Avr 2009 - 9:07

D'une il pouvait s'estimer heureux, il était encore vivant et en un seul morceau.

De deux, elle l'avait envoyé au loin, en Normandie, sans doute pour l'éloigner de son complice de conneries en tout genre.

De trois, il se retrouvait à l'instant présent, les bras chargés de divers vêtements et autres tissus, descendant vers le lavoir.

Lui, le fier intendant de la Vicomtesse, trousseur émérite de jupons et chopes, était désormais relégué au rang de vulgaire lavandière. Lui, réduit à se mettre à genoux sur la pierre humide et à frotter, les mains dans l'eau . Bon dans son malheur un point un bon point, elle n'était plus gelée comme en plein hiver. Mais quand même! Lui faire ça à lui. Pour un coup sur la tête, être rabaissé au rang de laquais.. Non même pas, encore en dessous.

Bref, il marchait donc vers son nouveau destin, pas à reculons mais presque, maudissant Gontrand – ben oui c'était forcément sa faute à lui hein -.

Sa destination en vue, plus que quelques pas et là, la poisse qui le suivait depuis quelque temps montra à nouveau le bout de son nez, glissant sous son pied une manche de chemise. Nous nous excusons auprès des lecteurs de ne point passer au ralenti l'action mais le résultat fut un joli roulé boulé version salto avant, un tas de linge n'ayant plus besoin d'être mouillé puisque répandu sur la surface du lavoir, et un Gerfault étendu de tout son long, la tête dans l'eau.

Dépité, il se redressa aussi vite que possible, lorgnant à droite et à gauche pour vérifier qu'on ne l'avait point vu dans une telle position, les cheveux dégoulinants dans son cou. Ca commençait bien cette affaire.

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Intendant de Marie Alice, du moins tant qu'elle ne l'enferme pas dans une cage à corbeaux à la prochaine énormité. N'aime pas les corbeaux.
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ciaram

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Date d'inscription : 25/06/2009

MessageSujet: Re: [Lieu] Place principale et lavoir   Dim 1 Nov 2009 - 2:01

Ciaram qui revenait des champs où se déroulait un entraînement tactique, se décida quand même à aller faire un tour au lavoir ....Depuis qu'elle était arrivée à la forteresse , elle devait avouer qu'elle n'avait pas pris le temps de s'y rendre .....pffffff quelle galère ces lavoirs !!!!! Devoir subir les cancans et derniers potins du village la fatiguait déjà !!

L'entraînement , son premier à la forteresse, se passait avec quelques frères d'armes , les hommes s'étaient tout de suite passionnés et avaient élaboré des plans et tactiques diverses , les femmes avaient suivi également mais il semblait à Ciaram que l'une d'entre elles avait déjà pris la mouche .......mais qu'est-ce qu'ils avaient , à tout prendre de travers ??? Elle allait finir par se retirer au couvent si elle devait constamment heurter des sensibilités exacerbées ....et si on lui demandait son avis........ mal placées !!

Enfin bref , là n'était pas le problème , aujourd'hui elle devait trouver le moyen de laver son linge sale le plus rapidement possible sans se faire happer par les commères du village aussi curieuses que des fouines et bavardes comme des pies .......comment allait-elle s'y prendre , là était la question qui la préoccupait le plus pour le moment !!

ah mais ........qu'est-ce que ...........arfffff ..........à la surface du lavoir , tout un tas de vêtements flottaient en se gonflant au vent et au beau milieu de tout ça , la forme d'un homme , la tête complètement immergée , les bras battant l'eau savonneuse en saccades ........... de lourdes bottes pataugeaient également en cherchant un appui pour s'extirper du bassin !!!!!!!!!

Heureusement , l'homme réussit à s'agripper sur le rebord et à sortir à quatre pattes de l'eau ......pas très glorieux mais radical , il était sain et sauf !

Ciaram passa son chemin comme si de rien était , elle ne voulait surtout pas risquer de heurter encore une autre sensibilité et elle alla se poster à l' extrémité opposée du lavoir , dans un petit coin bien tranquille ........ enfin aussi tranquille que possible dans un périmètre aussi restreint !! et elle commença à oeuvrer .................

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