Ordre Royal des Chevaliers de la Licorne


 
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 [Chapitre I] L'Andalou

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Rhuyzar

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MessageSujet: [Chapitre I] L'Andalou   Lun 28 Sep 2009 - 22:53

Brouillard ténu que celui qui a envahi la région en ce frais matin d'automne, la Normandie est coutumière du fait, habituée depuis toujours à cette grisaille opaque et poisseuse qui compose l'atmosphère la nuit venue ou le soleil tout juste levé. Les bois en profitent alors pour se parer de leur robe de mystères et de légendes, le souffle du vent qui glisse entre leurs feuilles colportant les histoires de magiciens et d'animaux mystérieux servant à effrayer les enfants ou émerveiller les jeunes gens. Ryes n'échappe pas à cette vieille tradition régionale et a glissé doucement de la chaleur estivale à la moiteur pesante de cet entre-saison précédant la froidure hivernale que craint tant le monde la campagne. Les nuits se rallongent, les veillées nocturnes au coin du feu également, et c'est de plus en plus tôt que les villages prennent l'apparence de champs de lucioles, petits phares guidant les voyageurs égarés ou imprudents.

Duché historique et stratégique, la Normandie doit cela à sa proximité avec l'ennemi Breton. La valeur de ses armées a souvent été reconnue par le Royaume et nombre de valeureux officiers sont sortis de ses rangs pour porter fièrement le lys et le lyon au sommet de leur gloire. Si le perfide Breton fit de l'Anjou son esclave et du Maine son martyr, la Normandie est son bourreau, ne connaissant d'égales que les puissantes armées Champenoises, Bourguignonnes ou Occitanes, du temps où elles inspiraient peur et respect partout.

Et c'est tout naturellement que l'Ordre Royal de la Licorne établit sa Forteresse en cette région. Ordre Légendaire au service du Roy de France, récompensé et reconnu maintes fois pour sa bravoure et son efficacité à préserver la Couronne, ayant compté (et comptant encore) en ses rangs nombre de Grands Officiers Royaux ou de serviteurs de l'ombre, ayant porté la légende des Chevaliers à son paroxysme, roc inébranlable au milieu d'un monde changeant et d'une pieuvre religieuse de plus en plus puissante, malgré ses efforts répétés de défense des véritables valeurs.

La région de Ryes accueillait cette fameuse forteresse, ce siège de pierre symbolisant la toute puissance d'un Ordre militaire ayant survécu à chaque bataille, chaque guerre, chaque complot, ses tours solides se cabrant, tel leur animal fétiche, face au ciel, comme pour le défier, comme pour braver toute logique et faire du recul de l'impossible une philosophie perpétuelle.

Ryes en lui-même n'était qu'un petit village campagnard qui profitait de la présence de cette place-forte pour vivre en paix et commercer avec les Chevaliers. Des champs, des fermiers, une taverne, voila ce qui composait l'essence de cet endroit reculé et inconnu des non-initiés du Royaume. Rien de bien palpitant, ni de bien en rapport avec les contes et légendes circulant sur cette région mythique d'où l'Ordre se mettait en marche à chaque nouveau conflit. Rien que quelque chose de logique, car rien ne cache mieux que l'habituel et le sans prétention, et au milieu de ce néant civilisationnel la Licorne était mieux protégée qu'elle n'aurait pu l'être en plein coeur du Louvre.

Le village s'éveillait donc au milieu de cette buée blanchâtre, comme si de rien n'était, chaque habitant s'en allant vaquer à ses occupations. Travaux des champs, des ruelles, des étables ou des enclos, l'activité ne manque jamais dans un petit hameau campagnard. Les rares bucherons de l'endroit purent alors avec surprise découvrir qu'un petit camp de quelques tentes s'était installé dans la nuit, à l'orée du bois bordant les chaumières. Une faible activité semblait y régner, mais les robustes hommes ne s'en approchèrent pas, repérant bien vite l'oriflamme flottant au-dessus des toiles. S'ils ne reconnaissaient pas les armes, ils comprirent bien vite qu'il s'agissait de quelque noble en vadrouille et que si les gens de cette espèce pouvaient se montrer amicaux il pouvaient tout aussi bien faire preuve d'injuste violence et se livrer à des jeux sadiques sur les petites gens comme eux. Courageux mais pas téméraires, ils s'en allèrent plutôt coupés le bois, observés, sans le savoir, par quelques paires d'yeux bien camouflées.

Car il s'agissait en effet bien du campement d'un noble, et plus précisément du Vicomte de Delle, qui, accompagné de ses fidèles suivants au nombre de treize avait fait halte une fois arrivé dans la région qu'occupait l'Ordre Royal de la Licorne dont il était Chevalier. Homme méfiant il avait posté ses sentinelles, dont le sens du camouflage était méconnu mais bien réel. Héritiers d'une longue tradition d'Hommes du Déserts, ces individus basanés, drapés dans d'amples tissus comme le voulait leur coutume, étaient de redoutables guerriers et pisteurs. Eux-mêmes se nommaient Imazighen, Hommes Libres, de la Confédération Hafside, ennemie des Almohades et des Almoravides. Avant de rencontrer le Vicomte et de le suivre ils avaient passé de nombreuses années à défendre les restes d'Al-Andalus contre la barbarie croisée et conquérante d'occidentaux obscurantistes. Tout ce temps passé à lutter pour une cause qu'ils savaient perdue (mais depuis La Kaina les Imazighen en avaient fait une véritable tradition) avait forgé leur caractère et leur sang froid. Tout en craignant la mort, ils ne craignaient aucun combat, et ne se résignaient jamais. Le Vicomte avait trouvé en eux les soldats qu'il cherchait depuis toujours et avait su les convaincre, par l'intermédiaire de son ami et Intendant Ali Ibn Rachid, Amazigh lui aussi mais non Hafside, de l'accompagner et d'entrer à son service.

Quatre de ces hommes montaient donc la garde autour du camp, camouflés de leur mieux dans ce paysage qu'ils apprenaient à connaitre, tandis que les autres se reposaient, entretenaient leur matériel ou discutaient en mangeant un morceau.

A l'entrée de la plus grande des tentes était assis un homme, en tailleur, parcourant des yeux un parchemin, très concentré. Il ne sortit de sa contemplation qu'au moment où un autre individu à la peau foncée vint s'asseoir près de lui en silence. Le lecteur, à la peau et aux cheveux blancs, replia son document et le rangea dans l'ample robe noire qu'il portait en guise de vêtement.



Rasul nous fait savoir que les deux premières escouades sont arrivées à Delle. Le voyage a été long et il ne peut les envoyer qu'en petit nombre, la frontière est dure à passer et on a peut l'habitude par ici de voir des peaux bronzées comme les vôtres. Pour l'instant tout s'est fait sans accroc, mais je pense que nous connaitrons des pertes avant la fin, la chance ne nous sourira pas chaque jour.

Mon coeur te remercie de ne pas avoir renoncé, mais mon esprit s'inquiète de ce risque que tu prends mon ami. Tu mets en jeu beaucoup de choses pour une opération qui n'empêchera surement pas la fin de cette région. On parle de nouvelles tensions entre les Emirs et Damas a stoppé tout soutien depuis que les Arabes n'ont plus le contrôle de Grenade.

Je sais quels sont les risques. Je sais aussi à quel point la situation est alarmante. Mais j'ai découvert en ce pays le symbole du combat de ma vie, il m'est impossible de ne pas faire ce que je peux pour l'aider. Et si je peux faire souffrir au moins une fois ces bâtards de robeteux je ne vais pas m'en priver...

Klaüs t'entende... Si j'en avais le pouvoir je ferais la même chose, je comprends. Cela m'attriste de voir chaque jour se fragiliser ce joyau...



Les deux hommes gardèrent le silence quelques instants, le regard dans le vague, comme repassant dans leur esprit quelques souvenirs douloureux ou heureux en rapport avec leur discussion. Finalement c'est l'homme bronzé, vêtu lui d'une robe blanche, qui rompit le silence et se tourna vers son camarade.


Tu ne m'as toujours pas dit ce que nous sommes venus faire ici. Je n'ai pas demandé car je te sais malin et raisonné, mais j'aimerais savoir ce qui te pousse à retourner dans cet endroit.


L'homme au parchemin soupira en souriant tristement, levant les yeux au ciel comme s'il cherchait la réponse à cette question. Puis il se leva, dépliant sa grande carcasse aux muscles visiblement agiles, entra dans la tente et en ressortit, une lame à la main, dans son fourreau, à la poignée dorée et brillante et au pommeau orné d'une Licorne cabrée. Ne se rasseyant pas il tira l'épée de sa protection et la brandit d'un geste sec et précis avant de l'abattre d'un coup sec vers l'avant, faisant siffler l'air quelques instants, avant de ranger l'arme dans sa gaine.


Je viens préserver un souvenir et assouvir ma curiosité que tu sais maladive. Comme tu l'as dit... tout est surement fini, tout s'effondrera si les Emirs s'affrontent et alors suivra le saccage, la perte des savoirs, la fin d'un monde qui aurait pu nous apporter tellement... je me lance dans cette quête impossible. La Chevalerie aura toujours besoin d'acier, je viens lui offrir Tolède.


L'homme retira alors sa robe, dévoilant une tunique noire protégée d'un plastron de cuir et d'autres protections de la même matière. A sa ceinture il ceignit l'épée et plia sa robe qu'il rangea sous la tente, en tirant un mantel noir de cuir, orné à son dos d'une Licorne cabrée d'argent.


S'ils sont encore en vie et actifs il sauront bientôt qu'un noble stationne sur leurs terres. Si tel est le cas, ils viendront. Attendons Ali, et voyons ce que l'avenir nous réserve en ce lieu.


A ces mots il se rassit en tailleur, ferma les yeux et garda le silence, que son ami respecta instinctivement, se plongeant lui aussi dans une méditation attentiste.

Plus tard, ce même jour, les bucherons revinrent du bois, le camp n'avait pas bougé.



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RP plus ou moins improvisé, peut participer qui veut aux conditions habituelles du rp, etc...

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MessageSujet: Re: [Chapitre I] L'Andalou   Mer 14 Oct 2009 - 13:56


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