Ordre Royal des Chevaliers de la Licorne


 
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 [RP] L'art de parler de tout et de rien

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Sindanarie

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MessageSujet: [RP] L'art de parler de tout et de rien   Sam 20 Mar 2010 - 1:11

[Prétexte banal, occasion banale mais compagnie bien moins habituelle.]

Plantons le décor. Un jour de la mi-mars 1458, un peu après des joutes organisées à Paris pour les noces d'Elianor de Vergy et de Chlodwig d'Azayes, près de Ryes. Pour être plus précis, quelque part sur le chemin reliant la forteresse de l'Ordre de la Licorne et le village de Ryes. Et, dans ce quelque part, deux silhouettes, à cheval, forcément. Dans un Ordre de chevalerie, le cheval avait, par étymologie sinon par définition, une place nécessairement prépondérante. Bref, deux silhouettes de cavaliers (d'Ecuyers, plus exactement) descendaient de la citadelle vers le village.

Comment s'étaient-ils rencontrés? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils? Que vous importe? D'où venaient-ils? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils? Est-ce que l'on sait où l'on va? Que disaient-ils? *

La rencontre avait effectivement été due au hasard, jusqu'à preuve du contraire. Du moins Sindanarie le croyait-elle fermement, car, alors qu'elle s'apprêtait à sortir faire un tour à dos de Vengeance, elle avait croisé une figure déjà croisée en diverses occasions, à Paris, à Ryes et à Lyon notamment, nous avons nommé (roulements de tambour) Argael... Bref, ils s'étaient croisés assez souvent ces derniers temps. Aussi, quand le Montagnard lui proposa de descendre au village en sa compagnie, la Limousine accepta volontiers. Cela donnerait un but à ses promenades solitaires et l'empêcherait de laisser ses fantômes tourner trop près au-dessus de sa tête. Bref, avec ça, vous avez globalement tout ce qu'on pouvait demander : qui, où, vers où, quand. Manque simplement le pourquoi.

Le pourquoi, en ce qui concernait l'Ecuyère, était simple. Jusqu'alors, elle avait somme toute assez peu frayé avec les membres de l'Ordre, hormis les quelques uns avec lesquels elle avait effectué une virée en Touraine quelques mois plus tôt et hormis, naturellement, ses vieilles connaissances, ses vieux amis, ses camarades d'avant la Licorne. Alors, comme il n'était sans doute pas encore trop tard pour essayer de bien faire, la jeune femme tentait, quand elle le pouvait, d'établir des liens avec les autres occupants de la forteresse. Et là, même s'il ne s'agissait pas à proprement parler de faire connaissance, elle savait pouvoir trouver une compagnie agréable. Et ce serait l'occasion de descendre au village et de faire un crochet, si l'occasion s'en présentait, jusqu'au marché, pour reprendre contact avec les fournisseurs d'avoine et autres céréales nécessaires à l'alimentation des chevaux dont elle avait la charge.

Curieusement, alors qu'ils descendaient vers Ryes, Sindanarie restait assez silencieuse. Le problème était surtout un problème de forme lié à sa double vie. Quand on passe la moitié (ou, en tout cas, une bonne partie) de sa vie à Paris, dans les Livres, à essayer de faire vivre un Institut et, plus généralement depuis tout juste un mois, l'Académie Royale dans son ensemble, l'on pouvait être amenée à croiser le Premier Secrétaire d'Etat, venu rendre visite aux Immortels et à leurs équipes. En ce cas, le protocole primait, et vouvoiement et attitude respectueuse et protocole étaient de mise. Mais, quand l'on passait l'autre partie de sa vie en voyage ou à Ryes, il s'agissait de relations avec un Frère. Tutoiement, relâchement. D'ailleurs, bien loin du Palais de l'Académie, la jeune femme avait retrouvé ses vêtements commodes et ses manières plus détendues, mais hésitait encore quant au pied sur lequel elle devrait danser.

Tout ceci pour dire qu'ils descendaient de la colline à cheval...


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* Juste pour le plaisir : premières phrases de Jacques le Fataliste et son maître, de Denis Diderot

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MessageSujet: Re: [RP] L'art de parler de tout et de rien   Sam 20 Mar 2010 - 11:31

[D’un désir de renouveau, ou la vie n’est qu’un éternel cycle de recommencement]

Le plus grand obstacle à la vie est l'attente, qui espère demain et néglige aujourd'hui. Voici comment cette citation de Sénèque lui était revenue en mémoire, au hasard d’une méditation. Réfléchissant à cette symbolique, il lui apparu combien il avait été négligeant. Négligeant envers bien des choses, bien des personnes, se refermant sur quelques aspects de sa vie seulement, oubliant sans doute l’essentiel.

Avant toute chose, il lui fallait trouver du temps, du temps pour tout mais surtout du temps pour la Licorne qu’il avait honteusement mi de côté pour quelques motifs discutable.

Étrange comment une citation ou une pensée vous font prendre conscience, la conscience, cette force invisible qui fait s’éveiller et avancer les hommes.

L’humilité, par contradiction avec son épithète, il pensait encore en avoir, malgré « le fier » il espérait bien ne point être inaccessible. C’est sans aucun problème qu’entrant à Ryes, il laissait titre, fonction, et ornement dans une cantine, pour revêtir un autre manteau gris celui-ci tranchant avec l’hermine dont il était représentant désormais.

Il avait une charge au sein de l’Ordre royal, et force est de constater qu’il n’avait guère trouvé à regret le temps pour s’occuper de celle-ci. Il avait souhaité donner de son temps à l’Ordre et celui-ci lui avait confié la charge de l'ébénisterie dont à la vérité il connaissait que peu de chose. Une façon d’apprendre avant de faire partager. Redevenir petit en toute chose et grandir, sans cesse se remettre en cause, cet éternel recommencement de remise en question de soit même.

Prendre la direction des villages environnant se présenter, demander conseil et pratique, auprès de ces orfèvres manuels, voici donc la résolution qui fut prise. L’occasion serait ainsi donnée de sortir en compagnie de sœur Sindanarie Carsenac. Il lui fallait l’entretenir de quelques sujets, et cette virée serait l’occasion de le faire….


[Sur les chemins une fois de plus]


Elle avait accepté, semblait il par plaisir plus que par contrainte dissimulée par politesse. C’est donc à cheval franchissant les grilles de Ryes qu’ils descendirent vers le village. Ignorante de ses motivations, il avait gardé un temps le silence, mais ce dernier déjà pesant devait cesser.

Sœur, j’ai pensé à toi en lisant Héraclite d'Ephèse et sa citation fameuse. Permet moi de te la rafraîchir. « Immortels, mortels ; mortels, immortels ; notre vie est la mort des premiers et leur vie, notre mort ».

Petit sourire, en coin, et regard émeraude perçant sans animosité sa voisine.

Cela donne à réfléchir non, je trouve cela au final très vrai. Je te remercie de m’accompagner, la journée sera d’autant plus agréable avec ta présence à mes côtés.

Ciel azur, léger vent en cette matinée de mars, le printemps arrivé, le redoux avec le renouveau de la vie également. Un cycle nouveau s’amorcer donc. Il se surprit à écouter le bruit des sabots, le bruit de la nature souriante, si belle. Une nature apaisante pour l’esprit, qui à la vérité lui faisait grand bien. Il avait toujours préféré cette nature au brouhaha des villes nauséabondes.

Comment se porte l’académie royale dit moi Sindanarie ? Comment se passe ta vie Licorneuse ?

Ainsi avançant lentement les murs de Ryes, ils s’éloignaient, au rythme des chevaux.
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Sindanarie

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MessageSujet: Re: [RP] L'art de parler de tout et de rien   Dim 21 Mar 2010 - 0:43

[Essai pour renvoyer la conversation vers son interlocuteur]

Il avait tranché : tutoiement pour le Frère. Parfait, c'était aussi simple, après tout... Rendons à Paris ce qui est à Paris, et à Ryes ce qui est à Ryes ! Mais avant tout, brisant un silence qui semblait lui peser, son camarade de voyage avait cité quelques mots. Un sourire échappa à la jeune femme. S'il savait que l'on surnommait les Académiciens les Immortels, cette phrase prenait un sens encore autre. Mortelle et Immortelle. Toujours cette opposition. Oui, si ces mots l'avaient fait penser à elle, c'était sans doute qu'il connaissait ce surnom, cet épithète, après tout...

Je ne connaissais pas cette phrase, Frère... A vrai dire, je n'ai pratiquement pas étudié les auteurs grecs, je ne comprends pas leur langue et n'ai pas encore écumé les universités à la recherche d'une traduction de référence. Mais tu as raison, ça donne à réfléchir.

Et c'était vrai... En plus, c'était vrai ! Trop occupée à essayer de s'occuper de l'Académie, elle ne prenait pas le temps de sillonner la France, de découvrir ses universités, d'étudier tous ces pans de savoir qui lui manquaient. Découvrir les références des lettrés faisait partie de son programme à long terme... Si long terme il devait y avoir. On n'était jamais à l'abri d'une vie écourtée. Mais déjà le cavalier enchainait, avec deux questions distinctes. Coup d'oeil de côté, émeraudes qui rencontrent deux prunelles de même couleur. Elle n'avait jamais remarqué cela. M'enfin, l'heure était aux réponses, semblait-il. Aussi prit-elle une inspiration, en prévision d'une potentielle tirade, ramena les yeux sur le chemin, et commença :

Ma vie Licorneuse... Malheureusement, en dehors des joutes, elle est un peu passée à la trappe ces derniers temps. En grande partie à cause de l'Académie, en fait. Il y a eu des choses à organiser, du monde à rencontrer, des visites à faire, des courriers à envoyer... Les joies des travaux d'intendance. D'ailleurs, je t'ai envoyé un courrier il y a quelques jours, j'espère que tu pourras venir le 25 !

Petite pause, le temps de réfréner les torrents de paroles qui pouvaient se déverser sans prévenir. Le système de digues verbales de la jeune femme était assez bien organisé, quoiqu'il n'ait pas toujours suffi à enrayer le déversement de tirades plus longues les unes que les autres. Ce jour-là, il fut plutôt efficace, car au lieu de s'étendre, elle préféra renvoyer la balle à son interlocuteur, avec un sourire, en poursuivant :

Et toi ? Tu arrives à t'en sortir, avec toutes tes responsabilités ? Rien que d'imaginer tout ce que tu dois avoir à faire, j'en frémis... Tu arrives à tout gérer ? Un sourire. Après tout, pourquoi pas, hmm ? Allez, va pour une petite boutade. Tu aurais le temps de venir nous aider, Ciaram et moi, à nettoyer les écuries, en l'honneur de l'arrivée du printemps ?

Boutade pour faire oublier la question précédente, qui était à la fois indiscrète et indélicate, la jeune femme le savait. Mais elle s'adressait à l'une des seules personnes pleinement conscientes de son double engagement, et de sa double nature, et avait donc tendance à se sentir plus libre, surtout quand le ton se faisait aussi détendu. Par conséquent, elle oubliait de rester à sa place, comme l'autre jour, sous les portes de la commanderie des Dames Blanches. Une lueur amusée dansa dans ses prunelles à ce souvenir. Elle avait dû en choquer plus d'une, elles qui s'attendaient toutes à voir une Académicienne mesurée et qui se trouvaient face à une... Difficile de définir, en fait, ce qu'elles avaient vu. Une Sindanarie au naturel, oubliant les leçons de moeurs de l'Académie et de quelques nobles Limousins pour retrouver les effusions exubérantes dont elle était coutumière. Chassez le naturel, et il revient au galop !

Bref, là n'était pas la question. Chassant les récents souvenirs, Sindanarie retourna au présent, espérant que le Fier, comme on l'avait surnommé, ne prendrait pas la mouche. Entre manie du secret et questions directes, il y avait pourtant de quoi faire...

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MessageSujet: Re: [RP] L'art de parler de tout et de rien   Dim 21 Mar 2010 - 11:23

[Ou l'art de parler de tout et de rien fini par revêtir un sens]

Avec sourire charmant et émeraude alerte, la sœur avait entreprit de lui répondre, entament ainsi un début de dialogue des plus agréable sur les chemin menant au bourg. Ce qu’il aimait chez sa sœur ? a vrai dire la question était complexe autant que l’était la nature humaine Quelques évènements cependant étaient notoire, sa simplicité, sa compétence, sa disponibilité, et puis un jeune minois des plus agréable, bien que ceci fut l’œuvre d’Aristote, cela restait un critère de plus qui n' enlevé rien au plaisir de sa présence, il fallait le reconnaître.

Je ne connaissais pas cette phrase, Frère... A vrai dire, je n'ai pratiquement pas étudié les auteurs grecs, je ne comprends pas leur langue et n'ai pas encore écumé les universités à la recherche d'une traduction de référence. Mais tu as raison, ça donne à réfléchir….

…Ma vie Licorneuse... Malheureusement, en dehors des joutes, elle est un peu passée à la trappe ces derniers temps. En grande partie à cause de l'Académie, en fait. Il y a eu des choses à organiser, du monde à rencontrer, des visites à faire, des courriers à envoyer... Les joies des travaux d'intendance. D'ailleurs, je t'ai envoyé un courrier il y a quelques jours, j'espère que tu pourras venir le 25 !...

…Et toi ? Tu arrives à t'en sortir, avec toutes tes responsabilités ? Rien que d'imaginer tout ce que tu dois avoir à faire, j'en frémis... Tu arrives à tout gérer ? …Tu aurais le temps de venir nous aider, Ciaram et moi, à nettoyer les écuries, en l'honneur de l'arrivée du printemps ?


Les réponses se succédaient plus ou moins attendue, à vrai dire. Silencieux, son manteau gris sur le dos, il écoutait cette sœur avant de reprendre à son compte, le cour de la discussion à l’issue.

Ma Sœur, je serais heureux de t’ouvrir ma bibliothèque, grec latin et même les langues modernes me sont je pense connues, le fruit de longues années à l’université. Je serais ravit de t’y voir si cela t’intéresse. Concernant ton invitation du 25, je tacherai de m’y rendre, et sache que seul le temps m’empêcherai à regret de ne point venir à l’académie royale. Je serais honoré de répondre à ton invitation soit en certaine, et d’approfondir ma connaissance d’homme de ce monde.

Petit sourire en coin, la réponse ici était double, le temps encore et toujours, ce temps fuyant dont il était esclave, l’emprisonnant dans cette course vers l’avant, toujours plus vite, l’éloignant des choses simples de la vie.


Les responsabilités Sindanarie le sont car je le veux bien, je suis tout à fait libre de rendre ma fonction de Grand officier de la Couronne, si j’estimais ne plus rien avoir à apporter à l’office et au Roy. Pour le moment, je pense modestement encore être suffisamment présent, cela se faisant par ailleurs au détriment d’autres choses, comme une moindre présence pour ma famille ou mon duché. Il s’agit d’un choix, je ne suis ni à plaindre, ni à blâmer je t’assure et je mesure l’honneur qui m’est fait de travailler de la sorte.

Il marqua un temps la regardant en souriant. Si un jour le Très Haut lui donnait une fille, il espérait qu’elle tiendrait un peu de cette damoiselle.

Quand aux écuries une belle proposition que tu me fais la, récurer, nettoyer l’habitat de nos montures, me semble une chose nécessaire. Donne moi une date et de même, je retrousserai mes manches pour donner un coup de main. Cela me rappellera avec certaine nostalgie mon enfance, les pieds dans le lisier de porc. Que ce temps me parait lointains aujourd’hui, je ne me vois plus vivre, ni vieillir.

Se faisant,ils descendaient toujours, et le village était maintenant en vue. Faisant stopper sa monture, il ne cessa de fixer sa sœur.


Sindanarie, j’ai une chose d’importance à te demander, à dire vrai la raison principale de l’invitation à sortir de Ryes. J’ai grande estime de toi, je connais ta valeur, inutile de la minimiser, cela ne changera en rien l’opinion que j’ai de toi. Je serais franc, j’aimerai avoir l’honneur de t’avoir pour vassal en dehors de la Licorne.

Laissant le chant des oiseaux pour seul bruit, il attendit la réponse de la Grande Académicienne Royale
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MessageSujet: Re: [RP] L'art de parler de tout et de rien   Dim 21 Mar 2010 - 19:57

[Demande en vassalité, une situation inédite]

Sindanarie avait écouté les réponses, tantôt hochant la tête pour marquer un assentiment ou sa compréhension, tantôt souriant simplement, à l'évocation de l'enfance avec les pieds dans la crasse et la poussière. Ou le lisier de porc, chacun son truc... Et quand Argael avait fait s'arrêter sa monture, elle avait cru qu'il souhaitait profiter de la vue des premiers signes du printemps qui s'annonçait, mais ce fut tout autre chose qu'il évoqua. Par réflexe, à son tour elle fit s'immobiliser Vengeance. Elle était prise par surprise. Du diable si elle s'y attendait ! Lui faire l'honneur de ?... Mais il inversait les rôles, en plus ! Si l'honneur devait être pour quelqu'un, il devait être pour elle. Et la première réaction vint, presque sans qu'elle ait conscience des mots qu'elle prononçait :

Tu... Tu es sérieux ?

Regard ébahi fixé sur le Montagnard alors qu'elle sentait le rouge lui monter aux joues, effet de cette proposition et des compliments qui l'avaient précédé. Il avait bien l'air sérieux... Ce n'était pas une plaisanterie, ou un délire passager dû à une fièvre maligne ou n'importe quoi du même genre ? Il voulait vraiment anoblir une bâtarde sans plus de famille qu'un cousin, issue de bas milieux, élevée sans éducation convenable ?... Et comment devait-elle réagir, hein ? Quand on avait fait d'elle une vassale du Limousin, on l'avait juste convoquée à Limoges, sans explication, et vogue la galère : à son arrivée, légèrement en retard comme bien souvent, on l'avait propulsée aux pieds du Régnant, serment, affaire rondement menée, et elle avait à peine eu le temps de comprendre de quoi il s'agissait. Alors que là, c'était tout autre chose... La situation était nettement posée, et était tout à fait différente : elle avait l'impression d'avoir le choix. Oui, en Limousin, elle l'avait eu, mais ne l'avait pas vu sur le coup. Cette fois, elle le savait. Par contre, elle ne savait pas comment on était censé réagir, ce qu'on devait dire, ou ce qu'il fallait faire en pareil cas.

En tout cas, on n'était sans doute pas censé rester coi, quelque part entre bouche bée et lutte contre un fou rire nerveux. Il fallait arriver à dire quelque chose, en combattant cette curieuse impression d'être détaché de son corps, de survoler la scène et d'y assister en spectateur. Que dire, que dire ? Allez, une idée, une toute petite idée... Sans réfléchir, jetant un coup d'oeil aux alentours, elle ne put retenir quelques mots, lancés sur le ton de la plaisanterie, espérant se donner le temps de formuler une réponse digne de ce nom :


De toute façon, dans l'Ordre, on est au même niveau, tu aurais du mal à me prendre pour vassale...

Par la peste, mais qu'est-ce que c'était que ça ? Incroyable, ce qu'elle pouvait concevoir comme bêtises en une seconde. C'était n'importe quoi, du grand n'importe quoi même... Se reprenant, Sindanarie inspira profondément l'air frais de la Normandie. Très honnêtement, se sentait-elle capable d'être sa vassale ? Elle pouvait avoir la nuque raide, certes, mais uniquement quand on la brusquait, ce qui n'avait pas été le cas du Premier Secrétaire d'Etat, en aucune circonstance. Elle avait tendance à oublier tout ce qui pouvait ressembler à des bonnes manières en certaines occasions assez précises, notamment quand elle retrouvait un milieu militaire ; cependant, si elle devenait sa vassale, elle n'aurait probablement pas l'occasion de mélanger ses deux mondes (encore que, on pouvait être surpris par les hasards de la vie, mais il était bien rare que ce soit totalement imprévisible). Il lui faudrait le représenter dignement, quoi qu'il arrive. Il lui faudrait accepter d'avoir des comptes à rendre.

Tout cela, elle s'en savait globalement capable, à de rares dérapages près. Avant tout, est-ce que cela la dérangerait d'accepter, si elle oubliait le rouge qui était brusquement monté à ses joues d'ordinaire pâles ? Si lui faisait cette proposition, c'était que, par définition, cela ne le dérangeait pas. Réponse, donc ? Non, cela ne la dérangeait pas. Parce qu'elle l'appréciait, parce qu'elle connaissait sa valeur, et parce que, malgré un caractère emporté qui le faisait parfois se comporter comme le pire goujat de la Terre, il savait rester droit et honnête. Parce qu'il ne s'éloignait pas du chemin qu'il se traçait, parce qu'il ne se dédisait pas, et parce qu'il était un être de foi, non seulement d'un point de vue religieux, mais également de manière plus générale. Et devenir vassale d'un tel homme (car c'était ainsi qu'elle le percevait), ce ne serait pas une contrainte, ce serait une fierté. Ceci tiré au clair, ramenant le regard sur l'Ecuyer qui lui faisait face, elle reprit, calmée, posée :


Tout l'honneur serait pour moi.

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MessageSujet: Re: [RP] L'art de parler de tout et de rien   Mar 23 Mar 2010 - 16:25

[Ou la surprise fait place à une angoisse première, puis un soulagement]

Cette question il l’avait tournée plusieurs fois dans sa tête, la manière d’aborder la chose, les circonstances, le lieu… Au final, chasser le naturel il revient au galop, c’est sans détour et de manière simple qu’il avait finalement posé la question.

Tu... Tu es sérieux ?


Silence et regard impassible, sérieux bien sur qu’il l’était, la noblesse n’était point une chose dont ou pouvait se moquer. Sérieux bien sur qu’il l’était, la noblesse n’était point une chose à prendre à la légère. Silence donc, pour ne point influencer la jeune femme.

En son être par contre le silence était bien loin et c’est l’esprit alerte qu’il envisageait toutes les réponses qu’elle pouvait donné, au-delà du oui ou du non sans équivoque. Au delà de la réponse il s’agissait bien d’un choix de vie pour elle, pas qu’il soit un suzerain difficile au delà du serment vassalique , mais cela impliqué toute fois quelques modification dans une vie.


De toute façon, dans l'Ordre, on est au même niveau, tu aurais du mal à me prendre pour vassale...


Froncement de sourcil, voici une réponse non envisagée, voici bien une femme dont la spontanéité arrivée chose rare à encore le surprendre. Avait elle conscience de l’attente sérieuse dont il était brûlant ? La dévisageant encore, il se disait une fois encore en lui-même que la damoiselle avait du naître montagnarde. Comment aurait il pu en être autrement pour une personne au dessus de bien d’autre par tant d’aspects…

Tout l'honneur serait pour moi.

Sourire radieux de circonstance, l’homme mur qu’il était arborait en effet un visage que peu de personnes avaient pu voir ces derniers temps. La réponse était celle espéré, c’est donc soulagé qu’il rétorqua.

Bien parfait, la chose est entendue, j’ai mûrit la chose tu deviendras donc Dame du Freyssinet, vassale du Vicomté de Monestier de Briançon.

Ce qui suivit alors aurait pu déconcerté une personne non avisé du caractère de notre homme. A votre possible ou probable surprise découvrait par vous-même la suite.

Bien, nous sommes attendu chez l’ébéniste maintenant, si nous poursuivions.

Appuyant les flancs de l’animal il repartit, simplement heureux de sa réponse, la suite, l’attente qu’il pouvait avoir d’elle, les aspirations qu’elle-même pouvait avoir de sa personne, serait abordé calmement assit un verre non loin. Il ne doutait pas une seconde que ce serment vassalique puisse être une bonne chose pour chacun d’eux.

Allons sœurs veux tu donc nous voir arriver avant la nuit, que tu traînes de la sorte ? As-tu toi-même quelques courses ou personnes à voir, l’occasion me semble bonne alors non ?
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MessageSujet: Re: [RP] L'art de parler de tout et de rien   Mar 23 Mar 2010 - 17:19

[Une porte de sortie bienvenue]

La réponse donnée devait être la bonne, au vu du sourire qui s'était peint sur le visage du montagnard. Et, mine de rien, cela la soulagea quelque peu, car le froncement de sourcils du Fier à sa réponse provisoire ne lui avait pas échappé, amenant dans un coin de son esprit la pensée qu'elle déclencherait peut-être ainsi une des réactions virulentes dont l'homme semblait coutumier. Bref, tel n'avait pas été le cas, fort heureusement, et la jeune femme eut à peine le temps d'intégrer les informations qu'il donna ensuite avant qu'il ne change totalement de sujet et ramène sur le tapis... L'ébéniste. Elle l'avait complètement oublié, celui-là... Et ce brusque changement calma légèrement le maelström qui l'agitait. Pour un peu, un soupir de soulagement aurait échappé à la jeune femme alors que cette perspective de visite à Ryes recouvrait sa surprise et son impression d'être prise au dépourvu d'un voile de calme. Oh, le calme ne serait peut-être que de courte durée, surtout quand elle comprendrait enfin le sens des mots qui venaient d'être prononcés, qu'elle avait accepté de se lier à une terre qui n'était pas la sienne simplement parce qu'elle estimait celui qui en était le maître... Bref, pour l'instant, cela ne l'avait qu'à peine effleurée, et, au final, peu lui importerait : la valeur du probable futur suzerain (oui, probable, parce qu'on ne sait jamais ce qui peut arriver, et si la vie avait appris quelque chose à Sindanarie, c'était bien cela) compenserait tout.

Mais déjà, l'Ecuyer avait signifié à sa monture qu'il était temps de reprendre la route. A peine avait-elle eu le temps de marmonner, essayant de se tirer de sa stupeur, "Oui, j'ai du monde à voir au marché" qu'il évoquait sa lenteur à se remettre en marche. Lenteur ? Il avait parlé de lenteur alors qu'ils étaient tous deux en position de faire de la vitesse, avec leurs montures ? Un reste du tempérament joueur de la plus jeune Sindanarie se réveilla, sans détour et sans grande surprise de l'intéressée. Arriver avant la nuit ? Fallait pas lui dire des choses pareilles, ça non ! Déjà, parce qu'elle ne pouvait pas résister à l'idée d'une course, et puis parce qu'elle adorait répondre aux défis et provocations en tous genres... Et si cette petite phrase n'était pas une provocation, elle voulait bien, euh... Non, pas qu'on lui coupe une main ou la tête, mais elle était prête si ce n'était pas une provocation, à nettoyer les douves ou toute autre partie potentiellement peu ragoutante de la forteresse, par exemple ! Comment résister à pareille invitation, hein ? Alors, forcément, la jeune femme lui lança avec un sourire amusé :


Moi, trainer ? Rattrape-moi, on en reparlera après !

Et, piquant des deux, elle lança sa jument au galop. C'tait pas tout ça, mais il fallait combler la distance qu'il avait commencé à mettre entre eux ! Ce n'était pas le moment de se laisser distancer. Se tournant vers son malheureux futur suzerain (s'il arrivait à supporter plus avant ses facéties) au moment où elle se porta à sa hauteur, Sindanarie ne put s'empêcher, à son tour, de le provoquer de quelques mots :

Si tu ne te dépêches pas, j'aurai négocié avec tous les fournisseurs des écuries avant que tu entres dans le village !

Ponctuant l'ensemble d'un léger rire, Sindanarie se détourna pour fixer de nouveau le chemin des yeux. Maintenant que c'était dit, il serait trop bête de laisser Vengeance se casser la figure, ou de chuter du dos de la jument... Oui, ce serait tendre le bâton pour se faire battre... En avant donc, toutes voiles dehors, vers Ryes ! La chevauchée évacuerait de l'esprit de la jeune femme les restants de surprise qui embrumaient encore ses pensées, donnerait une (autre) bonne raison à ses joues de rougir et lui permettrait de faire rapidement le bilan de ce qui avait été dit. "J'ai déjà mûri la chose" ? Rencontre pas tout à fait due au hasard, alors ?

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