Ordre Royal des Chevaliers de la Licorne


 
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 Petit besoin (d'un Courant) d'air

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Zalina

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MessageSujet: Petit besoin (d'un Courant) d'air   Jeu 1 Mai 2008 - 14:01

Etudier, réfléchir, retenir, encore étudier... Même si la taverne était agréable, Zalina n'en pouvait plus. Elle avait besoin de s'aérer les neurones au plus vite avant l'implosion de ce qui lui restait de cervelle.
Elle avait passé la porte de la taverne en laissant tout sur la table pour reprendre son apprentissage plus tard. Elle avait ensuite traversé la cour puis franchit la herse.
Enfin dehors, l'amnésique s'arrêta. Elle prit une profonde inspiration et s'étira.


Nom d'une pipe ! Que çà fait du bien !
Je n'en pouvais plus.


Un peu plus détendue, elle n'avait pas envie de faire demi-tour tout de suite. Elle avança donc sur le chemin sans but précis, tournant le dos à la Forteresse.
Ce début de printemps était doux et la fin d'après midi laissait encore plusieurs heures avant la tombé de la nuit. Quelques fleurs dont elle ignorait le nom poussaient de ci de là. Les champs allaient être bientôt récoltés par les paysans du village voisin. Des oiseaux ont reprit leur chant joyeux. Un début de printemps tout ce qu'il y a de plus ordinaire. De ce calme apparent, on en oublierait presque, qu'à quelques lieux de là, régnait le claquetti des épées et lances, les cris des guerriers Bretons et François dans le tintamarre des sabots et piétinement des soldats.

Zalina elle, l'avait oublié à cet instant. La tête pleine de techniques de parades et attaques, elle avait envie de laisser tout çà quelques minutes pour n'écouter que le chant des oiseaux, le vent léger dans les branches et se dorer au soleil.
Quoi qu'au lieu de se dorer, ce fut à l'ombre d'un chêne qu'elle se laissa tomber. Assise entre les racines de l'arbre, elle appuya son dos contre le tronc et ferma les yeux. Juste se laisser aller à ne rien faire, ne penser à rien... juste quelques minutes, avant de retourner au gavage de cerveau pour être à la hauteur de ce que l'on attendait d'elle.

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MessageSujet: Re: Petit besoin (d'un Courant) d'air   Ven 2 Mai 2008 - 14:00

Le soleil n'était qu'à la moitié de sa descente. L'air était doux, mais chaud, en ce début de printemps. Les prés verdissaient, s'arborant de fleurs des champs tels que coquelicots, bleuets, marguerites et paquerettes qui donnaient aux longues étendues vertes l'allure de tableaux vivants, bruissant sous le vent. Les cerfs tournaient en troupeaux autour de Ryes, restant pour la plupart terrés dans les forêts au sud, le long de la route qui allait vers Lisieux. Les rouge-gorges et les merles avaient repris possession des feuillages, et les piverts avaient repris leur habituel "tac-a-tac" sur les arbres des sous-bois. Ambiance printanière, donc.

Autour de Ryes, alors que les paysans travaillaient aux champs, et que les troupeaux paissaient insouciamment, ne se doutant pas qu'à l'ouest la bataille rageait furieusement, la vie battait son plein. Pleine parenthèse en terres normandes toujours à l'abri des routiers et autres compagnies franches, sous la protection de l'animal cabré, Ryes et Arromanches avaient toujours pus se développer sainement, sans craintes autre que celles d'éventuelles épidémies. Des serfs, venant de toute la Normandie, y venaient souvent, à l'approche des périodes de guerre, fuir les régions sinistrées et se mettre sous la protection des chevaliers qui défendaient la région depuis près d'un demi-siècle maintenant. La routine en devenait confortable, et les récoltes s'annonçaient bonnes, cette fois-ci. Les cheptels se reproduisaient bien, les chevaux du haras se multipliaient. Oui, la parenthèse était là. Bien que les combats fassent rage près d'Avranches, au sud de Lisieux, au nord de Dieppe, le bocage normand était calme, et paisible.

C'était cette après-midi là que j'avais choisi, dans mon bref séjour à la forteresse, pour partir faire une excursion à cheval vers Arromanches. Je redécouvrais la Normandie et ses paysages, et réapprenais à ne me préoccuper encore une fois que de moi-même, et des tâches que je me confiais. Etant là sans l'être réellement à la forteresse, j'avais pu plusieurs jours durant cotoyer la garde et les saoulards de Ryes, les pintes étant toujours aussi abondantes et bien remplies.

Au retour de ce petit périple, quelle ne fut ma surprise de voir sur le bord du long sentier pavé en lacet qui montait jusqu'à la forteresse Zalina, assoupie sous les racines de l'arbre, abritée du soleil par la mince couche feuillue du chêne qui la surplombait! Mettant pied à terre, je laissais mon cheval vagabonder seul et m'approchais subrepticement de l'assoupie, essayant d'arriver sans lui faire peur. Elle ouvrit les yeux, me remarquant, et me fixa pendant quelques instants, sans entamer la discussion. Faisant une petite inclination du buste en guise de salut, je démarrais alors:


- " Veuillez m'excuser. Je ne voulais point troubler votre quiétude. La curiosité s'est révélée...plus forte que moi. "
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MessageSujet: Re: Petit besoin (d'un Courant) d'air   Ven 2 Mai 2008 - 16:13

Se reposer, fermer les yeux et se laisser bercer par le chant des oiseaux, le bruissement des feuilles et oublier toutes les obligations et désirs des autres. Juste être elle quelques instants. Zalina se détendit tant qu’elle finit par somnoler. Jusqu’à ce qu’un bruissement de branche la fasse sursauter.
Son regard se porta sur l’origine du bruit. Une tête connue. Le messire de la herse qui l’avait regardé bizarrement. Il l’avait appelé Petite Sœur. Un ancien ami donc. Si c’était un ennemi, elle était de toute façon sortie de la Forteresse sans arme. Encore une chose qu’il faudra qu’elle corrige pour redevenir cette Zalina dont tous attendait le retour. Finira t’elle seulement par réussir à réaliser leur souhait ? Cette Zalina était si différente d’elle.

Nouveau soupire d’une jeune femme qui doit décrocher la lune pour être ce que l’on attend d’elle, et ne sait comment y parvenir. Puis elle reprit son sourire qu’une Dame se doit d’adresser à un Grand Frère.
Elle le salua à son tour d’une inclinaison de la tête avant de répondre d’une voix douce et neutre.


Ne vous excusez pas, Messire. Il semblerait que j’ai sous estimé mon manque de sommeil et me soit assoupie. Je n’ai cependant point le temps de prendre repos.

Avez-vous réussi à voir la personne qui vous amenait en ces lieux ?

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MessageSujet: Re: Petit besoin (d'un Courant) d'air   Ven 2 Mai 2008 - 21:05

Sourire fin, à l'attention du Candide de ces lieux, les découvrant comme pour la première fois. Elle avait en effet perdu beaucoup de ses réflexes: car outre n'être jamais sortie sans armes, elle n'eût sans doute pas eu l'inconscience de s'assoupir sous un chêne, juste à côté d'un chemin où quelque malandrin eut pu la détrousser sans le moindre vergogne.

Je la plaignais. Pas de famille, pas d'ami(e)s, de frères et soeurs, personne à aimer ou apprécier...Le choc devait en être rude. Une solitude absolue. Un manque total de repères, qui devait la rendre très fragile et renfermée. Elle paraissait désormais effacée, presque comme en dehors de ce monde. Rude épreuve, que celle de ne pas se souvenir de qui l'on est. Car qui sommes nous, en fait? Hormis peut etre le fait de savoir qui nous ne sommes pas, savons nous qui nous sommes? L'amnésie était, s'il en était besoin, un excellent exemple de ce que l'identité pouvait être ou ne pas être.

M'approchant, je m'accroupis à sa droite, soupirant par le meme effort.


- " Point encore. Je n'avais à dire vrai personne de clairement défini à voir. Seulement une ambiance à retrouver, lieux et personnes. Dont vous, petite soeur. A dire le vrai, vous retrouver icelieu et de cette façon est, s'il en faut, l'un des plus beaux hasards qui me fut donné.

J'ai beaucoup manqué de visages amis et connus, ces derniers temps. Je n'oses alors imaginer ce que peut être ce manque pour vous, où vous avez quasiment tout à réapprendre, tout à reconnaitre, tous à réapprendre à aimer.

N'y a-t-il eu séant personne pour vous rendre quelque souvenir que ce fut? "
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MessageSujet: Re: Petit besoin (d'un Courant) d'air   Ven 2 Mai 2008 - 22:18

Laissant le jeune homme s’accroupir à son coté, la jeune amnésique fixa l’horizon.
Visages amis, aimer. Voilà bien des mots dont elle ignorait le sens. Aimer et être aimé devait pourtant être une sensation si merveilleuse. Peut être trop merveilleuse pour elle.
Au moins avait elle réussi à rencontrer des personnes qui la connaissaient, ou disant la connaître. Même si aucune ne lui avait raconté un souvenir commun, même le plus banal. Au final, ils avaient croisé Zalina, sans jamais la rencontrer.


Si. Le Comte Rehaël m’a apprit à monter à cheval. Je crois me souvenir de comment tenir en selle, même si les techniques de monte sont encore à revoir, je le crains.

Son regard se perdit dans le lointain. Nouveau soupire et cette sensation de tomber dans le vide qui refait son apparition. Vide si effrayant et qui lui semble si familier pourtant. Peut être la seule chose qui lui semble encore connue.

Non, pas maintenant. Elle a retrouvée son Grand Frère. Elle ne se laissera pas envahir par cette solitude dont elle ne veut plus.
Zalina effaça le voile qui lui couvrait les yeux et se tourna, un nouveau sourire aux lèvres, vers Valandil.


Je ne suis pas sure d’être la Petite sœur que vous veniez retrouver. Mais je suis heureuse de ce bel hasard.
En dehors de ma personne, qui n’est plus ce qu’elle était, avez-vous retrouvé l’ambiance et les personnes que vous cherchiez ?

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MessageSujet: Re: Petit besoin (d'un Courant) d'air   Sam 3 Mai 2008 - 0:18

Efforts infructueux jusqu'à maintenant? Diable! Voilà qui devait s'avérer en plus horriblement perturbant. Faire tant d'efforts, tout cela pour retrouver le passé, et le voir se dérober au loin, tel Tantale après son supplice? J'espérais ne jamais connaitre cela.

Ai-je trouvé ce que je cherchais? Là aussi, excellente question. Ayant tant de réponses... Petit sourire. Avec ce petit "fff!" d'une narine qui montre, si tant est que faire se peut, un amusement contenu. Détour du regard, qui s'en va regarder le chemin.


- " Je ne suis même pas sûr de ce que je venais chercher...J'ai rencontré l'une de vos soeurs, voilà un bon mois, vers la fin de l'hiver. Elle m'a...donné l'envie de venir finir un cycle de ma vie. Il avait démarré ici, et devait s'y finir. Je suis venu, et...vous voilà aussi. Je penses avoir réussi à trouver un peu de paix. C'est rare, vous savez, par les temps qui courent?

Vous savez, vous n'êtes pas sûre d'être qui vous êtes. Mais vous avez là aussi plus de discernement que la plupart de vos frères. Savent-ils qui ils sont, eux? Sais-je qui je suis? Nous avons tous une image de nous, qui ne corresponds pas à la réalité. Je n'oses meme me l'imaginer dans votre situation...Vous aviez l'impression d'être quelqu'un. L'on est venu bousculer vos croyances. Et...vous tenez à savoir qui vous êtes.

A dire le vrai, Zalina, ou quelque soit le nom que vous pensez avoir...

Quelle importance? Quelle importance, qui vous êtes? Quelle importance, si vous n'avez plus intérêt pour le métier des armes? Une personne n'est pas un simple miroir d'eau, dans lequel on peut se voir tel que l'on est. Nous sommes des diamants, chacun à notre façon. Nous choisissons de montrer telle ou telle parcelle de nous aux autres. Telle ou telle facette. Choisissons de montrer un peu de ce que nous sommes. Et parfois, meme, encore plus horrible, nous ne nous en rendons pas compte. Vous avez, pendant de longues années, depuis votre arrivée ici, choisie de montrer le visage de ma Petite Soeur, Zalina de Montmorency, qui aimait plus les chevaux que les hommes, plus l'épée que les ouvrages. Si, aujourd'hui, vous vous estimez autre qu'elle, il n'en est rien: c'est tout simplement que vous étiez aussi celle que vous êtes actuellement. Mais que vous ne vouliez pas le montrer. Vous étiez aussi femme, avec besoins et envies de femme. Ne croyez vous pas? "


Et, sans même lui laisser la possibilité de répondre:

- " Vous cherchez qui vous êtes. Plutôt que de vous chercher chez les autres, cherchez vous en vous même. En votre coeur, et en votre esprit. Car c'est là qu'est votre réponse. Mais... "Levée des yeux, qui s'étaient presque baissés jusqu'au sol. Je la regarde, frêle, fragile. Les muscles ne trompent pas. Les cals dans ses mains de même. Elle peut avoir tenté de les dissimuler, tenté de rendre ses mains soyeuses et douces et belles comme celles des femmes, elles ne trompent pas. Les mains, autant que les yeux, montrent qui nous sommes. Et ses mains et ses yeux ne mentent pas. Elle n'avait pas le regard d'une vierge effarouchée. Elle avait le regard trop dur de celle qui en a vu plus qu'un enfant ne devrait en voir. Elle avait les mains de celle qui manie l'épée émoussée ou en bois tout le jour, qui a accumulé les ampoules, les cors, les bleus, les douleurs et les courbatures. Et cela, nul apprêt ne pourrait le changer. Les yeux se fixent aux siens. " Quel intérêt, après tout? Je n'ai pas de conseils à donner. Je ne suis même pas sûr de savoir à quoi je tiens, ce que je veux, pour moi. Alors comment vous conseiller, en ce cas? "
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MessageSujet: Re: Petit besoin (d'un Courant) d'air   Sam 3 Mai 2008 - 17:44

Zalina écouta le jeune homme et en resta bouche bée. Elle n’avait jamais étudié le problème sous cet angle là. L’angle ne lui avait même jamais traversé l’esprit.
Et nom d’un petit bonhomme !! C’est que çà se tient son histoire.
Pourquoi elle avait choisi la Chevalerie, çà elle l’ignorait toujours. Mais d’après les archives vues à la Bibliothèque, il n’y avait qu’une femme en cette Forteresse à son arrivé. Dame Enox. Les autres n’étaient que des hommes, redoutables soldats et grands guerriers. Comment aurait elle put être traitée en égale en montrant, ne serait ce qu’une seconde, son coté femme, ou du moins petite fille ? Jamais ils ne l’auraient acceptés. Soit elle devenait homme elle aussi, soit elle faisait ses bagages et rentrait chez elle. A force de travail, elle était devenue Petite Peste, à défaut de pouvoir changer de sexe.
Voilà pourquoi personne ne la reconnaissait aujourd’hui.
La bouche bée laissa place à un grand sourire. C’est à peine si elle retient son envie de lui sauter au cou.

Nom d’un petit bonhomme !!! Ce jeune homme est un géni !!!
Zalina voyant enfin la solution. Il suffisait de tourner le diamant et changer la facette visible.
Si Félicia était enterrée au point de disparaître totalement mais tout de même en Zalina. Alors Zalina était aussi là quelque part en Félicia. Il suffisait de la retrouver !
Là encore, ce fut la clairvoyance de Valandil qui lui donna la solution : en son cœur et son esprit.
Sauf que là… il y a comme un hic. L’esprit est totalement vide et torturé. Pas moyen d’en faire sortir quoi que ce soit hors des questions sans fin et des migraines. Et le cœur ? Un vague trou béant qui lui vrillait la poitrine dès qu’elle s’arrêtait à lui prêter un peu d’attention. Juste un vide froid qui lui glaçait le reste du corps et qu’elle avait envie d’arracher tant il la faisait souffrir.

Son regard croisa celui de son Grand Frère. Elle écouta la fin de l’exposé avec un soupire.
Elle ne semblait pas la seule à s’être perdue en route. Nul besoin de coup sur la tête pour le jeune homme, mais le résultat semblait le même.


Merci pour ces précieux conseils. Ils me permettent d’y voir enfin un peu plus clair.
Il parait que l’on n’écoute jamais assez ses propres conseils qui sont autant applicables à soit qu’aux autres. Alors, Grand Frère, que dit votre cœur ? Qui a-t-il de caché dans la facette dissimulée au reste du monde ?

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MessageSujet: Re: Petit besoin (d'un Courant) d'air   Sam 3 Mai 2008 - 19:34

Autre sourire. Regard qui part dans le vague, vers le lointain:

- " Qu'y ou qui y a-t-il dans mon coeur, c'est ce que nous cherchons tous. Nous croyons nous illusionner en cherchant l'amour, en cherchant quelqu'un d'autre. Mais nous ne cherchons pas en l'endroit le plus inaccessible, en l'endroit le plus caché, et en meme temps le plus rapide à trouver la solution: en notre esprit. C'est nous que nous cherchons. C'est le centre du diamant, rien de plus ni de moins. Mais le diamant est dur, et ne se laisse pas écarter: il faut alors le frotter fort, l'user durement, l'effriter, pour qu'il s'ouvre et révèle ses secrets. Est-ce un coup, ou bien l'envie qui vous poussait à savoir qui vous étiez, qui est cause de ce que vous vivez?

Mon coeur a mal, Zalina. Depuis trop longtemps, depuis trop de lieues, sur beaucoup trop de chemins empruntés. Je commences juste à apprendre à vivre seul..."


Ca y est. J'ai trouvé. Je sais comment la rendre à elle-même. Je me lèves brusquement, comme ayant entendu un bruit suspect. Bon sang!
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MessageSujet: Re: Petit besoin (d'un Courant) d'air   Sam 3 Mai 2008 - 21:19

La solution serait l’esprit ?
L’envie de découvrir son vrai elle ou le coup ? Zalina tourna son regard vers l’horizon. Là, elle ne savait pas, absolument pas. Elle avait pourtant bien reçu ce coup sur la tête. Ce n’était pas un mauvais rêve. Les marques de coups qu’elle avait à son réveil le pouvaient.
Seulement, Valandil avait l’art de toucher là où çà fait mal. Et s’il disait vrai ?
Elle n’avait pourtant pas sciemment été se cogner la tête. Là, elle ne comprenait plus.

En silence, elle l’écouta, les yeux toujours perdus dans le vide. Elle remonta ses genoux sous son menton, serrant ses jambes par ses bras.
Valandil semblait souffrir autant qu’elle. Mais lui pensait que chercher l’amour, un autre n’était qu’illusion. Sa mémoire était plus longue que la sienne, il devait avoir raison.
Elle s’apprêtait à lui poser des questions sur comment vivre seul quand il se leva brusquement. Surprise, Zalina sauta à son tour sur ses pieds, les sens en alerte.


Quoi ? Qui y a-t-il ?

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MessageSujet: Re: Petit besoin (d'un Courant) d'air   Mar 28 Avr 2009 - 21:59

[Des siècles plus tard... Juste besoin d'air. Le Courant étant en d'autres lieux.]

La dernière cérémonie d’intronisation s’était achevée il y avait déjà plusieurs jours. Une bonne chose de faite.
Et maintenant, par où continuer ? Il y avait tellement de dossiers encore à traiter, de parchemins à classer et ranger, de textes à lire et étudier… La Peste avait passé des mois enfermée dans le bureau du Prévôt sans même prendre le temps d’y chercher la cachette de Génépi de Bralic. Pourtant, les Licorneux ayant passés plusieurs années à Ryes savaient combien elle y tenait à ce Génépi que le Destructeur lui avait refusé de son vivant.
Elle en avait rêvée si longtemps… pour finalement repousser ce moment pour finir un travail, aider sur un dossier, et encore travailler, toujours travailler. Aujourd’hui, elle ne savait plus par où les prendre, ces fameux dossiers, tant ils semblaient se multiplier plus rapidement qu’elle ne parvenait à les traiter. Jamais ne parviendra t’elle donc à en voir le bout ?

Profond soupire.
Besoin d’une pause. Oui, elle avait besoin d’une pause.
La jeune femme passa son mantel sur ses épaules et prit son épée courte à la main avant de sortir dans la cour. Le fourreau de la lame était bien dans son dos, comme toujours, mais serrer la garde la réconfortait, un peu.
Enfin de l’air frais ! Très revigorant même en ce début de matinée où le soleil se levait à peine. Elle venait donc de passer toute la nuit, de nouveau, le nez dans des parchemins, sans fermer l’œil. Combien de temps pourrait elle encore tenir à ce rythme sans tomber d’épuisement ? Elle ne le saura que trop tard. Pour l’heure, il fallait continuer, avancer, encore et encore. Tout le monde comptait sur elle pour quelque chose et elle ne voulait décevoir personne, ou du moins s’y efforcer.
Que pouvait elle faire d’autre de toute façon ? Passer son temps à se lamenter ? A ressasser ses regrets ? A attendre un miracle qui ne viendra plus jamais ?
Baste, que des futilités. Il n’y avait que le travail bien fait, celui qui prenait tant de temps et d’énergie, accompagné d’une bonne bouteille pour se remonter le morale et passer le temps.

En quelques pas qu’elle avait parcouru sans en s’en rendre compte, elle se trouva devant la statue de la Licorne qui trônait au milieu de la cour. La lame changea de main et ses doigts parcoururent le monument avec respect. C’était là l’animal le plus merveilleux que la jeune femme connaissait. Libre et fière, fougueux et noble, indomptable et pure. Magique et Magnifique.
C’est un homme d’armes qui la sortit de sa contemplation. Il lui tendit une missive et repartit aussitôt. Vu l’humeur noire que montrait la Damoiselle de Haisnes ces derniers jours, peu avaient encore le courage de l’approcher. Celui-ci avait certainement dut perdre un pari pour être envoyé à sa rencontre par ses collègues. Mais la Peste le laissa repartir sans rien dire. S’il avait attendu un instant, il aurait même pu voir un remerciement de la tête.
Tranquillement, tout en profitant des premiers rayons du soleil, Zalina brisa le sceau sans y prêter attention. Elle découvrira bien l’expéditeur en lisant la missive. Et reconnaître les blasons était un exercice dans lequel elle avait encore bien à apprendre.
Elle lâcha un profond soupire et se relança dans sa lecture de parchemins qui ne lui laissait décidément aucune seconde de répit. Et là, entre deux formules de politesse, son cœur rata un battement.


Non !!!!!! Non et NON !!!!!!
Ca suffit. Stop !!!!!!!!!!


Le besoin d’air se fit plus oppressant. L’explosion ne tarderait plus et il fallait qu’elle parte, vite, très vite et loin.
Sa main se resserra sur le parchemin qui finit broyé entre ses griffes et la Peste s’éloigna en direction de la herse à grandes enjambées.


Ouvrez la herse !!!

Pas un mot de plus, pas un regard pour les gardes qui ne purent qu’obéir sans poser de question. La jeune femme se glissa sous la grille métallique sans même attendre son ouverture complète. Puis elle accéléra l’allure en direction de la forêt. Pas un regard ne fut accordé non plus au Haras où il restait encore à faire, là aussi.
Elle passa la lisère du bois en courant et augmenta encore sa vitesse tout en filant droit devant. Il fallait qu’elle s’éloigne le plus loin possible avant d’exploser. Et l’explosion était imminente.
Ce ne fut qu’en voyant la rivière lui barrer le chemin qu’elle ralentit sa course et finit par s’arrêter complètement. Un temps de silence troublé par quelques chants d’oiseaux célébrant l’arrivé du printemps. Zalina resta droite une seconde, puis finit par lâcher le cri qu’elle retenait depuis son départ de la Forteresse.


Rrrrrrrrrrrrraaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!!

Avant de tomber à genoux, la senestre au sol serrant toujours le parchemin.
La nouvelle n’avait rien d’une surprise totalement inattendue. Les rumeurs circulaient déjà depuis plusieurs jours. Mais comme toujours, Zalina n’avait pas voulu y croire. Pas de corps, pas de mort. Doux rêve qui lui permettait de garder quelques anciens encore en ce monde.
Mais le corps avait fini par être retrouvé, sans vie. Rehaël était mort, emportant avec lui une part du Taureau Furieux et un nouveau lien qui tenait la brunette sombre chez les êtres vivants. Un de plus, un de trop. Un qui finit par faire craquer la Peste dont l’explosion menaçait déjà depuis trop longtemps.
Un flot salé coula sur ses joues blanches lorsqu’elle se lassa tomber sur les talons. Agenouillée ainsi, ses larmes coulèrent plusieurs minutes sans qu’elle n’essaie de les retenir.

Le torrent finit tout de même par se tarir. Sa colère d’être de nouveau abandonnée ne suivit malheureusement pas le même chemin.
Seule, perdue en pleine nature parmi les animaux, elle n’avait plus envie de rentrer chez ces humains qui passaient leur temps à la faire travailler et souffrir. Plus de parchemin, plus de travail, plus de tâche et responsabilité, plus de lien... plus de douleur. Elle avait besoin d’Air, de lâcher cette Tigresse sauvage qu’elle devenait parfois et que l’affection de quelques uns contenait depuis son enfance. L’affection diminuant pour quasiment disparaître, la Tigresse était sortie et avait envie de sang.
Zalina jeta un dernier regard en direction de la Forteresse, mais ne s’y dirigea pas. Elle se leva, serra son épée qu’elle rangea enfin dans son fourreau. Longeant la rivière, la jeune femme s’enfonça dans les bois pour disparaître. Enfin libre.

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