Ordre Royal des Chevaliers de la Licorne


 
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 Une nuit claire...

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MessageSujet: Une nuit claire...   Lun 23 Juin 2008 - 0:50

[rp ouvert à tous et sans ligne prédéfinie, pour reprendre les mots du JD Guillaume.]

Nuit claire sur Ryes. D’au-dehors de la forteresse, en son contrebas, le vicomte pouvait admirer les épaisses parois du siège de l’ordre, éclairé par une lune dégagée, de même que le ciel, qui laissait ainsi apparaître de lointaines étoiles. Cette nuit-là, comme bien d’autres, Benjamin n’arrivait pas à dormir, et avait passé le poste de garde pour profiter d’un air ambiant relativement agréable par sa douceur, une douceur due à l’été (quoique celui-ci fût normand). Il avait descendu le mont sur lequel se dressait le bastion de la Licorne à pied ; en effet, une fois n’était pas coutume, il avait renoncé à monter un cheval pour un trajet relativement court par rapport à ceux qu’il effectuait régulièrement, d’autant plus qu’il aurait toute la nuit pour revenir à l’intérieur des remparts, desquels il décelait les contours grâce à la luminosité ambiante. Car il ne comptait pas rentrer se reposer, du moins pas lorsqu’il avait pris la décision coutumière de s’éloigner quelque peu dans le but de réfléchir. Réfléchir, et tous autres synonymes. Ces moments où, seul, il pouvait songer à son existence, cogiter sur sa condition, ruminer sur sa conscience, spéculer sur son futur... Ces moments où, seul, il pouvait se rendre compte qu’il avait toujours été seul. Malgré lui, et à cause de lui, il avait presque toujours fait fuir autrui, il s’était souvent attaché à des gens sans attache, il était devenu un de ceux-ci. Jusqu’à la Licorne. Elle incarnait ses valeurs, lui permettait de les mettre en application, le faisait servir le Roy par un autre moyen encore : le combat pour le Royaume, pour la gloire de la Couronne, pour son honneur et ses sujets. L’entrée dans l’ordre avait coïncidé à un renouveau dans la vie d’un homme de cabinet que la scoliose avait atteint. Renouveau car il découvrait les paysages normands, lesquels différaient énormément de ceux qu’il pouvait apercevoir sur ses trajets Périgord-Paris. Renouveau car il avait désormais une attache, quoique celle-ci ne fût pas matérielle : il était attaché à un esprit qui ne se trouvait nulle part ailleurs. Renouveau car il reliait avec l’art du combat, et que cela lui faisait un bien fou – à son physique surtout... Renouveau car enfin, il avait trouvé un but à tout ce qu’il avait accompli jusque-là sans en avoir un, à tout ce qu’il continuerait d’accomplir. Si tant est que l’on pût qualifier sa vie d’une série d’accomplissements, ce qui était très discutable, et mis en doute par lui-même, d’ailleurs, bien souvent. Le voilà qui était donc parti réfléchir au-dehors de l’enceinte de la forteresse, enceinte qu’il avait franchie pour la première fois bien longtemps avant cette nuit de juin. Quand était-ce, déjà ? Au sujet des dates et durées, c’était le bordel dans sa tête – excusez du peu, mais il faut reconnaître qu’il était devenu incapable d’évaluer une durée ou de retenir une date sans effectuer un effort colossal. Toujours à confondre le jour du seigneur des autres, à ne jamais savoir quand les prêtres disaient la messe hebdomadaire, à se tromper sur des prévisions de délais... L’écuyer avait beau être un homme rigoureux, pour les dates, il s’en remettait souvent à quelque page conscient du temps qui passe. Sauf à Ryes. Où il ne fallait pas rater le début d’un cours. Où le temps importait finalement peu, sauf pour lesdites ouvertures de cours... Il n’avait par exemple aucune idée de l’heure qu’il était lorsqu’il avait prit la décision de faire un tour dans la campagne environnante. Les seules choses qu’il savait à ce moment-là étaient qu’il faisait nuit, et qu’il n’avait pas sommeil. Il devrait d’ailleurs parler à Cerridween de ces continuelles et fatigantes insomnies (quoi de plus paradoxal ?). Elle et ses connaissances dans le domaine de l’herboristerie pourraient peut-être trouver une solution à ce fait. Il en profiterait pour lui en parler quand il la croiserait ; la construction programmée au vingt-sept juin serait une occasion d’aborder le sujet, si tant est qu’il se souvienne de la date (car nous savons les malheureux problèmes entre lui et cette notion du temps pour les avoir abordés précédemment). Oui, il fallait absolument trouver une solution à ce paradoxe qui voulait que Benjamin se sente fatigué de ne pas dormir. Car fatigué, oui, il l’était, mais pas d’une fatigue commune, de celles qui vous prennent et vous endorment dans l’heure qui suit. Epuisé, en fait, pas physiquement, et pas tout le temps, mais moralement et de temps en temps. Lorsqu’une de ces grandes fatigues le prenait, il était comme surmené – en fait, le souci était peut-être là : le surmenage ? Quoiqu’il en soit, quelle qu’en fût sa cause, il était là, et bien là, l’empêchant de vivre par passades, comme quelques mois plus tôt où son activité s’était réduite partout – notamment à Ryes, où il était devenu incapable de s’activer à quoi que ce soit, incapable de rester en place cinq minutes. Il était donc parti, pour ne revenir qu’après, en forme ; le repos, il l’avait trouvé, à grand renfort d’alcool. Ah, les breuvages enivrants qui grisaient son esprit et lui faisaient vomir sa bile au petit matin... Il n’avait pas été beau à voir, non. Les soirées sympathiques entre amis de bonne condition autour de quelques verres de bons liquides avaient fini par dégénérer en nuits entières à boire dans les sales tripots des quartiers pauvres en compagnie d'analphabètes gueux auxquels il payait bon nombre de tournées. Mais ce temps était révolu. Il appartenait au passé. Depuis les tavernes vendômoises, où il avait redécouvert le plaisir de quelques simples verres entre amis ou frères d’armes, il était revenu à lui. Honteux d’avoir pu en arriver là, mais heureux de s’être sorti de ce merdier innommable. Toujours est-il qu’après avoir été au plus mal, il allait mieux, et était revenu dans la vie active de tout ce qui lui tenait à cœur. Dont la Licorne, bien sûr, à laquelle il était tout à fait dévoué. Trop long voyage dans son passé, pour en arriver à une si simple conclusion, n’est-ce pas ? (Et croyez-moi, j’aurais pu encore rallonger et détailler ses souvenirs, mais je suis magnanime et n’en rajouterai pas, parce que ceux qui ont lu jusqu’ici ont déjà eu un courage dont je leur suis reconnaissant.) Il était maintenant assis, sur le bord d’un chemin par trop peu fréquenté de nuit, et contemplait la nuit étoilée, enfoui dans ses pensées vagabondes, perdu au cœur d’une Normandie qu’il ne connaissait en fait pas ; le tout en se voilant une envie réelle mais vaine : qu'une autre âme erre à cette heure avancée de la nuit, et qu'elle croise celle de Benjamin.
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